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Lettre n°24

27 mars 2000

La gauche européenne face à la "société de l'information"

Les enjeux économiques et sociaux des technologies de l'information ont longtemps échappé au débat politique. Ils affleuraient rarement dans les programmes des partis et dans les campagnes électorales. Notamment à gauche.

Le premier parti à franchir le pas fut, en Europe, le New Labour de Tony Blair, en 1997. Son manifeste électoral consacrait un chapitre entier aux technologies de l'information (Access to computer technology - Realising the potential of new technology). Encore dans l'opposition, le New Labour avait même négocié avec British Telecom un programme de câblage des écoles. Tony Blair n'avait d'ailleurs pas caché qu'il puisait son inspiration auprès de Bill Clinton et Al Gore qui avaient fait des ""information highways" un des thèmes de leur campagne en 1992.

Les technologies de l'information se frayent désormais une voie sur l'agenda de la gauche européenne.

Dans la campagne des législatives qui vient de se conclure en Espagne, les socialistes espagnols proposaient, par exemple, l'accès gratuit au réseau mondial pour tous les lycéens, étudiants et professeurs et l'instauration d'un tarif unique plancher pour l'accès à l'Internet.

En Suède, les sociaux-démocrates, réunis en congrès extraordinaire, viennent de se prononcer en faveur d'un réseau de communication à bande large couvrant l'ensemble du territoire du royaume et devant permettre un accès rapide à Internet aux neuf millions d'habitants du pays. Le coût ce programme est évalué à 13 milliards d'euros.

L'appropriation des enjeux sociopolitiques des technologies de l'information par la gauche européenne s'est opérée, un peu partout, en deux temps :

 

• Dans un premier temps, l'impulsion est venue des gouvernements sociaux-démocrates.

On retrouve un peu partout les mêmes thèmes -accès à Internet, politique d'innovation, modernisation des administrations et du système éducatif - plus ou moins articulés dans un programme d'action (PAGSI en France, programme "Innovation et emplois dans la société de l’information au XXIe siècle" en Allemagne). Avec le "retard à rattraper", comme fil directeur.

• Dans un second temps, les partis socialistes ont repris a leur compte, pratiquement tels quels, ces thèmes dans leur programme. Avec, il est vrai, des nuances : ils misent, en Suède, sur l'investissement public, et privilégient, en Grande-Bretagne et en Allemagne, le jeu de la concurrence et la "régulation intelligente".

• Nous entrons, peut être, dans une troisième étape de la "courbe d'apprentissage" des technologies de l'information par les socialistes européens.

Après avoir fait de la "société de l'information" un chapitre en tant que tel de leur programme, il s'agirait désormais d'aborder les technologies de l'information dans leurs relations avec les autres axes politiques et thèmes de réforme. De les appréhender, non plus comme un domaine d'action en soi, mais, de manière plus transversale, comme des leviers pour la conduite des reformes, des outils au service de la transformation sociale.

TemPS réels


Législatives en Espagne : les technologies de l'information ont fait irruption dans les plates-formes électorales

Lors des législatives qui viennent de se tenir en Espagne - et remportées par le Parti Populaire de José Maria Aznar- la droite et la gauche avaient introduit dans leurs programmes électoraux des propositions sur "la société de l'information" .

Le programme du Parti populaire (PP) prévoyait un programme d'investissement de fonds publics de 2,7 milliards d'euros dont 841 millions en 2000, "pour incorporer les technologies de l'information à tous les secteurs économiques et sociaux". Le PP propose de créer un réseau d'accès public à l'internet dans les zones rurales, les bibliothèques et les centres éducatifs, de former 125.000 professeurs en technologies de l'information et de développer l'usage de l'espagnol sur l'internet avec l'objectif d'atteindre en trois ans un quota de 15% des contenus dans cette langue sur le réseau mondial.

Le programme électoral du parti socialiste (PSOE) mettait l'accent sur la modernisation des services publics : "les Espagnols pourront réaliser toutes leurs démarches avec l'administration à travers l'internet". Accès gratuit au réseau mondial pour tous les lycéens, étudiants et professeurs", instauration d'un tarif unique plancher pour l'accès à l'internet, fin du monopole de la téléphonie de boucle locale (réseau urbain) figuraient parmi les propositions socialistes pour que "l'Espagne atteigne le niveau des autres pays européens dans la société de l'information".

Les partis nationalistes, notamment les catalans, étaient également présents dans ce débat, avec leurs sites en .net ou .org afin d'éviter, nationalisme oblige, les noms de domaine en .es (pour l'Espagne).

Parti populaire : www.pp.es
PSOE : www.psoe.es

http://fr.news.yahoo.com/000310/1/9pph.html


Un accès à Internet pour chaque Britannique d'ici 2005

Tony Blair estime qu'un tel objectif est réalisable en encourageant la baisse des prix d'accès à Internet, et en offrant un accès public au réseau pour ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir un ordinateur à leur domicile.

Le Premier ministre s'est félicité des récents développements de la guerre des prix en Grande-Bretagne entre fournisseurs d'accès à Internet. Le câblo-opérateur anglo-américain NTL avait annoncé début mars le lancement prochain du premier accès à Internet "entièrement gratuit" en Grande-Bretagne, au lendemain de l'annonce par l'américain AltaVista du premier service d'accès avec communications gratuites. British Telecom a tres vite emboîté le pas.

Le gouvernement britannique s'est déjà fixé l'objectif de connecter à l'internet toutes les bibliothèques et les écoles du pays d'ici 2002 et d'ouvrir 1 000 centres de formation aux technologies de l'information d'ici l'an prochain.

De plus, 100 000 ordinateurs d'occasion remis en état seront loués à très faible coût à des familles peu fortunées et le gouvernement a promis de prendre en charge 80% du coût de chaque formation de base à l'ordinateur.

Selon une étude du cabinet Booz Allen commandée par le gouvernement, 48 % des utilisateurs britanniques d'Internet appartiennent aux couches sociales les plus favorisées et 45 % sont âgés de 15 à 24 ans.

Les sociaux-démocrates veulent doter la Suède d'un accès rapide à Internet

Les sociaux-démocrates au pouvoir en Suède se sont prononcés en faveur d'un réseau de communication à bande large couvrant l'ensemble du territoire du royaume et devant permettre un accès rapide à Internet aux neuf millions d'habitants du pays.

Réuni en mars dernier en congrès extraordinaire à Stockholm, le parti gouvernemental a décidé que cette infrastructure, considérée comme un équipement stratégique majeur, serait financée conjointement par le secteur privé et les pouvoirs publics.

En juin, un rapport avait chiffré à 80 milliards de couronnes suédoises (13 milliards$ CA) le coût d'un réseau national à bande large offrant un débit de 10 à 100 megabits par seconde dans les deux sens. Les liaisons à Internet par modem via les lignes téléphoniques classiques sont actuellement limitées à 56 kilobits par seconde.

Le document avait également conclu qu'un réseau à bande large " était nécessaire " pour que la Suède conserve sa position de pointe dans le domaine des technologies de l'information.

Si 60 % des Suédois sont équipés d'un ordinateur et 49 % connectés à Internet, il existe un risque de fracture technologique entre le sud du pays, où est concentré 70 % de la population, et le nord, avait-il ajouté.

Le congrès social-démocrate a notamment recommandé au gouvernement du Premier ministre Goeran Persson de réfléchir sur la possibilité d'enterrer le réseau plutôt que de le rattacher en surface à celui des câbles électriques. Début décembre, la Suède avait essuyé comme toute l'Europe du nord une très forte tempête qui avait démontré la vulnérabilité du réseau électrique haute tension.

Le ministre de l'Industrie Bjoern Rosengren doit présenter au printemps un plan pour doter l'ensemble du pays d'un accès rapide à Internet devant notamment permettre de diffuser des données vidéo de très bonne qualité.

 

A propos du projet suédois

 

Le jour n'est peut être pas si lointain, en France, où un Congrès du Parti Socialiste serait invité à discuter réseaux, infrastructure, besoins en bande passante et usages …

Le projet suédois a suscité, en tout cas, un débat au sein de temPS réels.

La dernière fois qu’a été proposé un grand réseau large bande pour tous en France, c’était dans le rapport Autoroutes de l’information de Gérard Théry en 1995. Chacun sait la limite du modèle. La fibre optique jusque chez l’habitant (entre 100 et 150 milliards de francs d’investissement) est-elle justifiée par le besoin en bande passante ?

La mise en œuvre d’une mega-infrastructure n’est probablement pas adaptée à la nécessaire segmentation des besoins.

Sans doute convient-il de distinguer :

Le débit pour les citoyens

L’arbitrage n’est pas 56 kbps ou 10 mbps. Pour les applications vidéos et autres, la clé c’est internet par le câble ou par ADSL

L’enjeu du haut débit pour l’avenir technologique :

 

• Pour la R&D et l’internet du futur : c’est RENATER, dont Claude Allègre aura fait plus que décupler le débit en infrastructure centrale en deux ans

• Pour le e-business et les applications entreprises/administrations : c’est la baisse des coûts des liaisons louées, les infrastructures alternatives (boucle locale radio, dont le gouvernement a accéléré le lancement -licences en cours d’attribution, contrairement aux Britanniques qui n’ont pas encore commencé)

Pour l’aménagement du territoire :

Les opérateurs orientent leurs investissements vers les régions et les villes à forte densité et avec un fort potentiel d'affaires. Certaines régions (comme le nord de la suède) risquent de rester à l'écart. La piste à suivre, ici, ce sont les réseaux régionaux dont il faudrait accélérer en déploiement. Le Gouvernement, en l'occurrence, le Comite interministériel Société de l’information (CISI) y travaille.

 


Outils de l'autonomie

545 028 pages personnelles en France

Internet n'est pas seulement un espace fonctionnel où l'on résout des problèmes… "C'est aussi un espace d'expression où chacun est censé pouvoir s'adresser, sans autorisation préalable, au monde entier. … Pour la première fois, un système de communication de masse ne distingue pas, dans son principe l'émetteur et le récepteur. L'expression publique, directe de tous vers tous est-elle pour autant audible ? Cet idéal est soumis à de vives contradictions, mais il continue d'inspirer massivement le développement du réseau. Et la question des intermédiaires -qu'il s'agisse de leur disparition, de la modification de leur rôle ou de l'apparition de nouvelles fonctions médiatrices- est au coeur de ces enjeux". Jean Louis Weissberg propose le concept d'automediation pour caractériser ce mouvement paradoxal par lequel on se passe d'intermédiaire tout en s'instituant soi même médiateur. On pense, bien sur, aux sites personnels et à l'essor des home pages.

L'Association (AFA) a rendu public le mois dernier le nombre de pages personnelles en France et des abonnements individuels : : 545 028 et 3.030.000. Pres d'un abonné sur cinq disposerait ainsi d'une page personnelle. Nombre de ces pages personnelles se limitent probablement à une présentation sommaire : photo, coordonnées, liens préférés, CV …. Mais nous avons tous, au hasard d'une recherche, découvert des pages personnelles particulièrement utiles, documentées, ou satiriques.

38 % des internautes interrogés par l'IFOP ont crée une page web

 

• 60 % d'entre eux l'ont fait pour apprendre à créer des pages

• 51 % pour parler d'une passion

• 27 % pour rencontrer d'autres internautes

• 21 % pour publier un travail antérieur

• 14 % pour trouver du travail

(enquête réalisée par l'IFOP pour Yahoo Internet Life)

Pour Forrester Research, dans une enquête menée sur les usages des internautes en ligne, "l'utilisation d'Internet n'en est qu'à ses balbutiements. Dans 5 ans, un internaute sur deux utilisera "un média interactif supérieurement performant, au moins une fois par mois, sans aucun problème". L'industrie propose déjà et travaille à la mise au point de caméras digitales, de camescopes qui permettront aux individus de faire de la vidéo on line. Avec des bandes passantes toujours plus larges, et des connections permanentes, les "contenus personnels multimédias" prendront le relais des home pages et les emails s'animeront.

Cette poussée d'autonomie ( auto-édition et auto-médiation) rend, on le sait, caduques les procédures de déclaration des sites auprès du Conseil Supérieur de l'audiovisuel. Celui-ci a fini par l'admettre, tout récemment.

Elle conduit, aussi, à définir des règles du jeu claires en matière de responsabilité, et notamment de partage de la responsabilité entre hebergeur et auteur du site. C'etait l'enjeu du fameux amendement Bloche, adopté l'an dernier après l'affaire Altern, amendé dans un sens restrictif par le Sénat, et que l'Assemblée vient de rétablir.

JL Weissberg, Présences à distance.
http://hypermedia.univ-paris8.fr/Weissberg/presence/presence.htm

Etude Forrester
http://www.lalettre.com/todaynews.cfm?id=267&actions=view

Libération consacrait, à l'occasion de la Fête de l'Internet, un dossier au phénomène des pages personnelles.
http://www.liberation.com/multi/feteinter/index.html


19 % des Français ont l’intention de se connecter à domicile en 2000

Moins d’un Français sur dix est connecté à Internet en 1999 depuis son domicile. Toutefois, 19 % des Français ont l’intention de se connecter depuis leur domicile en 2000, contre 16 % en 1998. Il s’agit surtout de jeunes, de personnes ayant suivi des études supérieures longues et des catégorises sociales aisées. Néanmoins, 17 % des ouvriers et des employés, de même que les travailleurs à leur compte, en particulier les agriculteurs, manifestent la même intention.

68 % des Français interrogés ne souhaitent pas se connecter de chez eux, contre 52 % l’année précédente. Il s’agit surtout de retraités (87 %), de femmes de plus de 35 ans (80 %) ainsi que des trois quarts des salariés du secteur privé.

64 % de ces personnes ne voient pas l’utilité de l’Internet à domicile. Les femmes de moins de 35 ans, les personnes disposant de bas revenus et les employés évoquent aussi le fait de ne pas posséder de micro-ordinateur, l’achat étant trop onéreux. Par ailleurs, 15 % des personnes, en particulier les étudiants et les lycéens, les jeunes de moins de 25 ans, n’ayant pas l’intention de se connecter, mentionnent le coût d’utilisation trop élevé.

42 % des personnes interrogées déclarent s’intéresser aux nouvelles technologies de l’information et de la communication et à l’Internet. Les plus motivés sont les cadres supérieurs, les professions intermédiaires, les étudiants et les lycéens.

41 % des personnes interrogées veulent accéder à l’Internet à domicile pour rechercher avant tout des informations, 28 % pour communiquer, 14 % pour travailler chez soi, 12 % pour se distraire.

Plus de 4 Français sur dix souhaitent que l’Etat intervienne davantage pour protéger les consommateurs vis-à-vis des vendeurs indélicats et pour assurer la sécurité du paiement sur le réseau.

Plus d’un tiers des Français souhaiteraient également que les pouvoirs publics accentuent leur action pour assurer le respect de l’anonymat des utilisateurs ainsi que le contrôle du contenu des informations circulant sur l’Internet.

27 % seulement des Français estiment que les pouvoirs publics n’interviennent pas assez dans le domaine de la diffusion d’informations d’intérêt général sur l’Internet.

Sondage réalisé, du 14 octobre au 26 octobre 1999, par l’Institut CSA Opinion pour le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, auprès de 1 024 personnes âgées de 15 ans et plus.



Nouvelles inégalités

Un téléphone mobile pour chaque chômeur ?

Le Gouvernement britannique a lancé une opération-test dans plusieurs quartiers de Londres : "un téléphone mobile pour chaque chômeur". Pratiquement, des téléphones et des pagers seront mis gracieusement à la disposition des chômeurs de longue durée (12 mois) de plus de 25 ans. Ainsi leur agence pour l'emploi pourra les avertir immédiatement lorsque des places seront à prendre. Ils recevront également jusqu'à 4 000 F pour subsister entre le moment où ils perdront leurs allocations chômage et leur première paie. Ils bénéficieront aussi d'aides pour l'achat d'une voiture, pour passer leur permis de conduire et acheter un costume. L'équipement en portables est financé par l'entreprise de recrutement Reed qui pense délivrer 19.000 terminaux : Reed y trouve son compte puisqu'elle recevra quelque £300 par emploi retrouvé grâce à cette recherche d'emploi assistée par mobile. Les chômeurs pourront non seulement être joints et joindre plus facilement d'éventuels employeurs, mais recevront également via SMS, régulièrement, les annonces leurs correspondant le mieux.

 

Il est toujours utile de donner des opportunités (matériels et infrastructures) à ceux qui n’y ont pas accès - et qui en feront éventuellement un usage imprévu. Mais est il bien certain que le que problème des chômeurs soit réellement de pouvoir être joints ? On est au coeur des ambiguïtés de la politique de Tony Blair visant à organiser le retour des chômeurs au travail. Une politique sous-tendue (pour partie) par l'idée que " le chômage c’est la faute aux insuffisances des chômeurs ". Cette problématique résume les questions du travail à celle de l’offre et de la demande : apprendre à se vendre... A chaque fois que ce genre de messages passe, c’est une partie des vraies questions qui est oubliée … (JFM)

 

Le contenu du Web est-il adapté à tous les internautes ?

Non, répond l'étude réalisée par une association américaine, dénonçant un "fossé numérique", qui isole les petits revenus et les plus démunis.

Plusieurs études, menées notamment par le gouvernement américain, ont déjà souligné un "fossé numérique" empêchant l'accès à Internet à toute la population. Le nouveau rapport que vient de publier Children's Partnership, une association à but non lucratif, insiste sur un point particulier : le contenu du Web ignorerait 20 % de la population totale des Etats-Unis, parce qu'elle a des moyens financiers limités.

En croisant interviews et analyse qualitative de 1000 sites de proximité, elle arrive à la conclusion suivante :

 

• A peine 6 % des sites analysés pendant neuf mois par la fondation contiennent le type d'informations que les plus défavorisés (les pauvres, ceux qui vivent dans des communautés rurales, ont une éducation limitée ou appartiennent aux différentes minorités ethniques) souhaiteraient trouver.

• Sauf exception, ils sont presque tous en anglais alors que 32 millions d'Américains parlent une autre langue. Et leur présentation est encore essentiellement sous forme de textes et de graphiques alors que pour ce type de public le son et la vidéo seraient sans doute bien utiles.

• 44 millions d'adultes américains (22 %) ne sont pas suffisamment alphabétisés pour pouvoir tirer parti efficacement du web.

• Peu de sites proposent des informations locales, utiles, notamment pour la recherche d'emploi et de logement

Children's Partnership mentionne un chiffre : les Américains à "bas revenus" disposent tout de même d'un pouvoir d'achat global de 300 milliards de dollars…

http://www.childrenspartnership.org

Fondation de France : " Le multimédia, un outil pour tous "

L'appel à projet de la Fondation concerne les organismes à but non lucratif (associations, fondations, établissements publics, collectivités locales, ...) oeuvrant dans les secteurs habituellement soutenus par la Fondation de France : solidarités, culture, santé, environnement et qui souhaitent utiliser les NTIC dans leur pratique quotidienne.

Ils ont pour objectifs :

  • D’améliorer le fonctionnement des réseaux d’acteurs intervenant sur des problématiques communes par l’utilisation adaptée des nouvelles technologies de l’information et de la Communication (axe 1)


  • De renforcer l’efficacité des actions des organismes à but non lucratif auprès de leur public par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la Communication (axe 2)
Par ailleurs, la Fondation de France vous propose un ouvrage intitulé : " Le Multimédia, Internet et les associations, pourquoi et comment s’en servir ". Y sont identifiées les principales activités du secteur non lucratif dont les NTIC peuvent être un support significatif. On y découvre les possibilités offertes par ces nouveaux outils ainsi que les implications et les conséquences de leurs multiples usages.

http://www.fdf.org/


Pénuries de main-d'oeuvre dans les NTI


L'Allemagne hésite entre recours à l'immigration et formation des chômeurs

Le chancelier allemand Gerhard Schröder a annoncé fin février l'octroi de 30 000 visas spéciaux à des informaticiens étrangers, mesure d'urgence controversée qui témoigne sans la régler d'une profonde pénurie de main-d'oeuvre dans ce secteur en Allemagne.

Le chancelier a posé comme condition que les entreprises allemandes du secteur fassent tout leur possible pour participer à la qualification des chômeurs allemands. Mais il a cédé à la Fédération des entreprises informatiques (BITKOM) qui réclamait à cor et à cri que l'Allemagne suive "l'exemple des États-Unis" en accordant " 30 000 visas pour des techniciens spécialisés ".

L'octroi de 30 000 visas spéciaux ne comblera en tout état de cause que partiellement le manque de main-d'oeuvre que la Fédération des entreprises informatiques évalue dans l'immédiat à 75 000 emplois.

D'ici à 2003, la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée pourrait s'élever à 300 000 personnes, selon la Fédération. Un chiffre jugé élevé par l'Office du travail, qui ne livre pas de statistique mais souligne que plus de 30 000 personnes qualifiées dans la branche informatique sont au chômage. Pour Gerhard Schröder, il serait préférable de "former des personnes qui ont perdu leur emploi en leur donnant une chance d'en retrouver un autre dans le secteur des technologies de l'information et de la communication ", une industrie qui pesait plus de 100 milliards d'euros (1444 milliards$ CA) en 1999, soit une expansion de 9,6% en un an.

Le gouvernement a récemment décidé d'augmenter le nombre de formations dans cette branche de 5 000 à 35 000 par an jusqu'en 2003, soit un investissement annuel de 500 millions d'euros (724 millions$ CA).

La majorité républicaine du Sénat américain envisage de modifier la loi concernant l'immigration de travailleurs hautement qualifiés.

La mesure vise à faire passer le nombre de visas H1-B (concernant les personnes pouvant prouver qu'ils ont au moins un diplôme universitaire) de 115 000 à 195 000 pour les trois prochaines années. Avec 4 % de chômeurs seulement au niveau national, les besoins de l'industrie américaine, et en particulier des secteurs high tech, en main d'oeuvre qualifiée sont loin d'être comblés. Les universités américaines forment de moins en moins de diplômés en informatique. L'administration Clinton, bien que soumise a la pression du lobby informatique, souhaite maintenir le nombre de visas au même niveau (115 000) et donner la priorité a la formation des étudiants américains.

http://www.vnunet.fr/VNU2/ent/actualites/page_article.htm?id=2&date=2000-02-10


Logiciel libre


La Norvège envisage de mettre Linux et Windows en concurrence

Statskonsult, un institut public de recherche, vient de ancer, à la demande du gouvernement, une étude sur les applications de Linux éventuellement utiles aux différentes administrations, essentiellement afin de réduire la dépendance vis-à-vis du seul fournisseur actuel, Microsoft. Le but est aussi de déterminer si le choix de Linux s'avèrerait plus économique que celui de Windows. Statskonsult devrait rendre publiques ses conclusions à la fin de l'année. Il reviendra alors à chaque administration d'opter pour l'un des deux systèmes d'exploitation concurrents.

La "loi Linux" en attente

Le sénateur Pierre Laffitte espère que sa proposition de loi, " tendant à généraliser dans l'administration l'usage de l'internet et de logiciels libres " sera examinée par le Parlement avant la fin de la session parlementaire, en juin prochain. Cette proposition de loi, débattue dans le cadre d'un forum public à l'automne dernier et refondue le 25 janvier 2000, aurait dû figurer dans la loi sur la signature électronique par le biais d'amendements. Le 8 février, date à laquelle les sénateurs ont voté cette loi, la Commission des lois du Sénat a dû retirer ces amendements de l'ordre du jour.

Libres enfants du savoir numérique

Une anthologie du libre présentée par Olivier Blondeau et Florent Latrive et publiée par les Editions de l’Eclat. Ce livre est conçu comme une boîte à outil théorique visant à faire connaître certains des textes fondateurs de la pensée du Libre. Le site web Freescape accueille la version intégrale on-line de ce livre.

Freescape : un site consacré au logiciel libre

Freescape (en construction) s’inscrit dans la continuité de l’anthologie. Il s’agit de faire de ce site un observatoire du libre, un espace transversal de réflexion et d’information sur les pratiques du libre dans l’ensemble des domaines du savoir et de la création artistique.

http://www.freescape.eu.org



Indicateurs

La " nouvelle économie " tire la croissance américaine

• Depuis 1995, le secteur des technologies de l’information a contribué à plus de 30 % de la croissance économique américaine

• L’informatique, le commerce électronique, les services télécoms, etc. ont représenté 8 % du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis en 1999.

• En 8 ans, les entreprises ont multiplié par 12 leurs dépenses en matériel informatique

• En 1999, près de 45 milliards de dollars ont été investis en capital-risque (contre 3,7 milliards en 1990) ;

• Début 2000, les valeurs du secteur technologique représentent 15 % de la capitalisation boursière de Wall Street (contre 5,5 % en 1964).

• Tous secteurs confondus, la croissance américaine (évolution du PIB d’une année sur l’autre) a affiché en 1999 un score de + 4,1 % et de + 6,9 % sur le seul dernier trimestre de l’année.

• Les États-Unis en sont à leur 107e mois consécutif ayant enregistré une croissance du PIB.

Département américain du Commerce: http://www.bea.doc.gov/bea/newsrel/gdp499p.htm


La lettre de temPS réels est éditée par temPS réels, section Internet (virtuelle et technotrope) du Parti Socialiste (Fédération de Paris)

 

 
 
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