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Lettre n° 25
- MILITANTISME ET COMMUNICATION POLITIQUES EN LIGNE

17 avril 2000

 

 

Veille concurrentielle

Nous nous sommes assigné, dès la création de temPS réels, la mission d'observer les nouvelles formes d'action et d'organisation politiques et citoyennes rendues possibles par les technologies de l'information, sur tout le spectre de l'action collective : syndicats, ONG, associations, réseaux civiques, partis politiques, campagnes electorales..

Cette "veille concurrentielle" s'inscrit, naturellement, dans la perspective des futures campagnes électorales de 2001 et en 2002.

Le Monde consacrait sa une du jeudi 13 avril à la politique.com.

" En 2001, année des elections municipales, au moins sept millions d'electeurs seront connectés chez eux au Net. Un an plus tard, au moment ou se jouera la présidentielle, ils seront neuf millions a surfer sur le web, sans compter ceux qui se brancheront sur leur lieu de travail".

Les lecteurs de la lettre de Temps Reels auront peut être reconnu les projections avancées dans la Lettre 23 (et attribuées, par erreur, par le journal Le Monde, au Ministere de l'economie et des Finances).

L'etude comparative des sites politiques réalisée par le Monde corrobore celle réalisée, le mois dernier, par le magazine Transfert. Les sites de Democratie Liberale, l'UDF, du PCF et des Verts sont de plus en plus documentés, réactifs, voire interactifs. Quant au Parti Socialiste, il tarde à tirer parti d'Internet dans sa communication politique. Un jugement qu'il convient, peut être, de relativiser si on prend en compte la multiplication des sites web dans les sections et chez les élus socialistes.

Thierry Vedel du Centre d'études de la vie politique française (CEVIPOF) notait, récemment, l'ambivalence des partis politiques face à Internet. "D'un côté, il y a l'espoir que suscite cet outil, notamment chez les petites formations qui avaient du mal à accéder aux médias. De l'autre, la crainte est forte que les modes de communication traditionnels soient bouleversés. Depuis 30 ans, les partis tentent de centraliser, de professionnaliser la communication politique. Avec Internet, ils redoutent une fragmentation du message, une remise en cause de l'autorité de la direction centrale. D'où un potentiel encore sous-exploité : l'interactivité sur les sites reste faible, tout comme l'utilisation des messageries internes. "

Les technologies de l'information se frayent donc, une place dans le fonctionnement des partis politiques.

Pour quels usages ? Avec quels effets ?

temPS réels

 

FORMATIONS POLITIQUES

Transfert teste la réactivité des sites des partis politiques

Le magazine Transfert procède régulièrement à des tests de réactivité sur les sites des entreprises et des administrations. Un journaliste envoie un mel et enregistre, ensuite, le délai et la qualité de réponse.

Transfert avait testé l'an dernier la réactivité des députés.

http: //www.transfert.net/mag/reportag/pages/m1frepor.htm

Le magazine a testé, le mois dernier, la réactivité de onze partis.

Le mardi 14 mars, avant 9 h, transfert leur a envoyé un e-mail avec une question très simple, toujours la même : " J'habite un petit village près de Montauban. Je voudrais rencontrer des militants de votre parti. Pourriez-vous m'indiquer leurs coordonnées ou les démarches à entreprendre. Merci d'avance. " Si on met de côté les messages d'attente automatiques, seules trois réponses complètes sont arrivées dans les jours qui ont suivi, émanant de l'UDF, du Parti communiste et de la Ligue communiste révolutionnaire.

http://www.transfert.net/breves/b0447.htm

 

Démocratie Liberale en pointe et le PS décevant dans l'utilisation d'internet selon le Monde et Transfert

 

Les sites de onze partis évalués par le magazine Transfert sont " loin d'exploiter à fond les possibilités du réseau. Aucun ne propose une véritable adhésion en ligne, avec paiement sécurisé. Pire, beaucoup demandent encore que les formulaires de demande d'adhésion soient imprimés et postés avec le règlement… " Pour chacun d'entre eux, Transfert recense les "plus", les "moins" et mentionne les projets d'évolution annoncés par les webmestres.

"Aujourd'hui tous les partis sont sur le Net, bien conscients qu'ils peuvent trouver là un formidable moyen de faire campagne, de diffuser des idées, d'engager un dialogue avec les citoyens ou d'instaurer un lien permanent avec les sympathisants et les militants", observe Raphaelle Bacqué dans le Monde. " M. Madelin, qui juge que le principe même de l'Internet correspond à la philosophie libérale, démarre chacune de ses journées par la réactualisation et l'enrichissement de democratie-liberale.asso.fr. Philippe Séguin envisage de lancer son propre site, s'il est investi officiellement par le RPR à Paris. Edouard Balladur encourage ses supporteurs à le retrouver sur Emancipez-paris.com. Bref, les élus et leurs états-majors prennent peu à peu conscience que le Web pourrait leur permettre d'atteindre un bon nombre d'électeurs et qu'il n'est pas à négliger.

Selon le Monde, "Alain Madelin, fou du Web, a, sans aucun conteste, fait du site de DL le meilleur. Très interactif, il propose des pétitions en ligne, la vidéo des débats organisés par DL, de petits spots de publicité politique, mais il est aussi possible de proposer aux députés des questions qu'ils poseront au gouvernement. Réactualisé quotidiennement, on peut y suivre au jour le jour les élections américaines. Le fonds documentaire est très riche, proposant toutes les grandes analyses libérales (notamment anglo-saxonne) du moment. Très nombreux liens avec les théoriciens et les partis libéraux du monde entier. M. Madelin annonce le développement prochain d'outils audiovisuels et un système de vote interne sécurisé. " A la fin du mois d'avril, promet-il, j'en aurai fait une Ferrari.  "

L'appreciation de Transfert est plus nuancée : " le site de DL mise beaucoup sur la vidéo : colloques et débats organisés par DL, spots de propagande en real video. Il affiche également une grande interactivité : listes de diffusion, pétitions en ligne, possibilité de poser ses questions au gouvernement par l’intermédiaire des parlementaires DL, appel au volontariat… Mais pour l’adhésion en ligne, il faudra encore attendre : le formulaire est à imprimer et à renvoyer par courrier ! On peut aussi y trouver des outils (bandeaux publicitaires, stickers pour e-mail, logiciels à télécharger) et de nombreux liens vers d’autres sites libéraux. Enfin, le fonds documentaire est riche : revue de presse, dossiers thématiques avec analyses et chiffres comparatifs, argumentaires à télécharger…Au moment du test, le forum était en panne et la rubrique agenda inexistante. La navigabilité est moyenne : les rubriques disparaissent quand on fait défiler les pages. Le vocabulaire frise parfois le ridicule : " benchmarking ", " kit de l’activiste "

http://www.transfert.net/breves/b0448.htm

 

Le PS sur Internet : paradoxes

Le site du Parti Socialiste est, selon Transfert, "décevant".

"Quelques argumentaires clairs, notamment sur les 35 h. Des liens vers les partis socialistes européens.

La navigation est à revoir : rubriques enfermées au sous-sol, peu de pages actives…

Les textes ne sont pas regroupés en dossiers thématiques et certaines rubriques datent de plusieurs mois. "

http: //www.transfert.net/breves/b0447.htm

 

Pour le Monde "alors qu'ont fleuri une multitude de sites très interactifs dans la mouvance socialiste, le site officiel du PS, lui, est pauvre et statique. On y trouve, certes, la biographie et l'agenda de François Hollande et l'organigramme du parti, mais les informations sont peu actualisées. Un exemple ? Une semaine après le remaniement ministériel, le site n'en disait toujours pas un mot. Le paiement de l'adhésion en ligne n'est pas encore prévu et il est impossible de dialoguer entre sympathisants : le forum n'existe pas. Le PS promet cependant une version plus in dans quelques mois.

 

Les appréciations du quotidien et du magazine recoupent assez largement les résultats de l'étude réalisée par TemPS Réels lors des elections européennes en juin dernier. Pour comparer les sites, nous avons retenu huit critères. Avec 14 points, le site de la liste UDF arrivait en tête, suivi par celui du RPR (12 points), par celui de Démocratie Libérale (11 points), puis celui de la liste Pasqua-de Villiers (11). Le site de campagne du PS (Construisons l'Europe) n'obtenait que quatre points.

http: //www.temps-reels.org/dossiers/siteseuro.htm

 

 

C'est une chose entendue : le PS consacre moins d'attention et de moyens a l'entretien et à l'évolution de son site institutionnel que Démocratie libérale ou l'UDF. Ce n'est pas surprenant : l'opposition stimule. Les responsables de Démocratie Libérale et de l'UDF ont médité l'expérience de leurs homologues américains : en 1996 et 1988, les think-tanks conservateurs et libertariens furent parmi les plus offensifs dans l'usage du web.

Le PS est donc "en retrait" (pour ne pas dire "en retard").

Ce jugement appelle, cependant , plusieurs correctifs.

•  L'etat major du Parti socialiste a équipé chacune de ses cent une fédérations d'un Imac et d'une connexion Internet (un budget de 1,9MF).

• Yahoo recense 74 sites lies au Parti socialiste. Le PS distance, a en croire Yahoo, le Front national (33), le RPR (30), l'UDF (19), le PCF (17), Démocratie libérale (16), les Verts (11) et le RPF (6). Toujours selon Yahoo, le recensement des personnalités politiques (élus et candidats) disposant d'un site donne aussi l'avantage au PS (27 personnalités), devant le RPR (15).

•  TemPS réels  a répértorié ainsi plus d'une centaine de sites socialistes : élus, sections et fédérations socialistes.

http: //www.temps-reels.org/liensps.htm

Voir aussi l'annuaire des sites socialistes : www.ifrance.com/lagauche/index.htm

et le répertoire réalisé par PSDoc: http: //www.multimania.com/psdoc/liens/

Autre observation. Dans la campagne interne pour l'élection d'un secrétaire fédéral a Paris (après la démission de Jean-Marie LeGuen, en novembre dernier), deux candidats (sur cinq) disposaient d'un site web. Plus récemment, Bertrand Delanoe avait créé un site web et une liste de diffusion pour appuyer sa candidature comme tête de liste a la Mairie de Paris, Jack Lang se satisfaisant d'une liste de diffusion.

• La faiblesse des impulsions centrales est compensée, au PS, par des initiatives peripheriques.

On citera, notamment :

• PsDoc, le site officieux du PS, remarquablement documenté.

http: //www.multimania.com/psdoc

• France elections, à qui on doit la création de sites de campagne, lors des elections régionales de 1998, des europeennes de 1999 et qui prépare activement les municipales de 2001.

www.france-elections.org

http: //www.paris-elections.org

l'Association Débats et Réflexion qui se donne, notamment, l'objectif d'aider les petites sections à créer des sites.

http: //www.multimania.com/lagauche/index.htm

 

 

Le New Labour de Tony Blair s'appuie sur IBM pour développer Labour. link

Les sections locales du parti travailliste britannique pourront acquérir - en crédit-bail- un microordinateur pour 10 F par jour (une livre) sur 42 mois. Cette offre tarifaire résulte d'un accord-cadre négocié par le New Labour avec IBM. IBM a développé, dans ce cadre, un environnement logiciel qui inclut des applications bureautiques, de gestion et de communication (Lotus Notes et Lotus SmartSuite). Ce contrat est la première étape de labour.future, le programme d'informatisation du Labour. Le New Labour, IBM et Lotus s'associent pour créer Labour. link : e réseau reliera l'ensemble des sections, les directions régionales, le siège du Labour, Milibank Tower, à Londres, et le nouveau site Web Labour. online Dans une seconde étape, ce réseau intégrera Labour.contact et Labour.people (le service d'adhésion).

Pour Rob Marchant, responsable des technologies de l'information du Labour, " notre parti a fait depuis longtemps un choix clair en faveur de la technologie. Cet accord avec IBM va nous donner un net avantage dans l'organisation des campagnes."

Parti communiste : nouveau parti, nouveau site

Le PCF refond son site. Et soumet aux internautes la maquette du nouveau site "Profitez-en pour nous faire part de vos besoins, vos remarques et avis. Nous voulons faire de notre site un outil politique : en rendant plus accessible la connaissance des analyses et propositions du PCF, au jour le jour mais aussi sur de grands dossiers, en proposant plus d'informations, en suscitant le débat."

http: //www.pcf.fr/demo/index0.html

 

LES HOMMES POLITIQUES FACE AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES :

Tony Blair, l'ordinateur et le chômeur

 

À de rares exceptions pres, les hommes politiques entretiennent un rapport lointain avec les technologies de l'information. Question de génération, mais aussi de formation : on a longtemps ignoré l'ordinateur à Sciences Po et à l'ENA. Ce déficit de "culture micro" ne disqualifie pas les hommes politiques quand ils expriment leur intérêt pour la "nouvelle économie", mais il les confronte, régulièrement, à des situations embarrassantes. La presse avait, assez cruellement rendu compte de l'épisode du mulot : encore tout récemment, Newsweek (20/3) rapportait cet épisode : alors qu'il visitait une exposition high-tech, le chef de l'etat, demande à ses collaborateurs "quel est notre e-mail ?" .

Tony Blair, a vecu, tout récemment, une experience éprouvante.

Devant les caméras de télévision convoquées pour l'occasion, M. Blair participait, il y a quelques semaines, à une session de formation publique à l'ordinateur, dans sa circonscription d'Islington (nord de Londres). Tony Blair s'est alors rendu compte que son voisin de clavier paraissait particulièrement mal à l'aise, et il lui a demandé si cette nervosité était dûe au fait qu'il se retrouvait aux côtés du chef du gouvernement.

Son voisin lui a alors répondu: "je vous ai battu tout au long des tests. Et ce qui m'inquiète c'est que moi je suis chômeur et que vous êtes le Premier ministre du pays".

"Je ne suis pas très bon techniquement, et j'ai vraiment eu du mal tout au long des tests", a reconnu M. Blair , après coup, lors d'une conférence sur les technologies de l'information.

 

Le Premier ministre irlandais Bertie Ahern victime de chantage à l'internet

L'existence de ce site au contenu pornographique est connue des médias irlandais depuis plusieurs semaines mais M. Ahern en a fait état publiquement pour la première fois le 12 avril dans une réponse à l'opposition dans le cadre d'un débat consacré à l'internet. Son gouvernement a jugé la manoeuvre "pire que méprisable" et le parti écologiste l'a qualifiée de "chantage pure et simple". Le site a suscité "beaucoup de courrier, du genre que personne n'aime recevoir", a dit M. Ahern, "plusieurs personnes m'ont proposé d'examiner la question mais je ne crois pas qu'une législation puisse résoudre cette affaire". "Les gens qui sont derrière ceci ont proposé que j'achète (le site) pour un million de dollars; ils me le rappellent périodiquement", a-t-il ajouté, en notant "qu'apparement, il s'agit d'un phénomène mondial" et notamment "prédominant aux Etats-Unis".

Alain Madelin démarre chacune de ses journées par l'actualisation du site de Démocratie liberale

" M. Madelin, qui reste pour l'heure l'un des rares chefs de parti à explorer et utiliser quotidiennement la Toile, est convaincu que ce nouveau moyen de connaissance, en accélérant l'explosion de toutes les structures pyramidales, modifiera la façon même de faire de la politique. La politique, argumente-t-il, est normalement un art du mystère. Mais, avec le Net, les citoyens pourront contrôler, s'informer, réagir. Nous aurons immanquablement un nouveau type de militants, plus exigeants, mieux formés, plus présents.  " Raphaëlle Bacqué (Le Monde).

 

Députés en formation

A l’initiative de Laurent Fabius, Président de l’Assemblée nationale, un séminaire de formation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication etait organisé les 11 et 12 avril.

Plus d’une centaine de députés ont accepté de passer deux jours de leurs vacances parlementaires pour se former à la toile et à ses ramifications. Les formateurs avaient été mis à leur disposition par France Telecom.

L’affluence a failli prendre au dépourvu Bruno Vieillefosse, responsable de l’information multimédia à l’Assemblée et organisateur du séminaire, qui ne s’attendait pas à voir venir autant de députés. " Tous sentent le besoin de se mettre à niveau par rapport à l’internet ", a-t-il expliqué mercredi. Il y a ceux, très minoritaires, qui n’ont visiblement jamais vraiment utilisé un ordinateur de leur vie, et ceux aussi, qui tels Jacques Barrot ou Alain Juppé, savent déjà surfer mais veulent approfondir leur connaissance, a expliqué M. Vieillefosse.

 

On est de plus en plus encerclé " par l’internet, a confirmé Alfred Recours, député PS de l’Eure. Dans sa circonscription, l’élu local est confronté aux demandes des écoles qui veulent s’équiper, des services publics qui veulent se relier à latoile, a-t-il expliqué.

Les députés commencent aussi à recevoir des e-mails, comme par exemple lors du dernier mouvement de protestation des enseignants.

" On sent qu’il y a un monde nouveau qui est en train de naître, on ne veut pas rester à l’écart de tout çà ", a commenté Gérard Gouzes, député PS. " Au delà de l’apprentissage, on veut aussi mesurer les enjeux économiques et législatifs qui se profilent derrière ".

" La nouvelle économie n’est pas un truc fumeux, cela transforme les relations entre les territoires ", a commenté pour sa part le député PS de Charente Jean-Claude Viollet, fasciné par des exemples de petites entreprises implantés à la campagne et communiquant avec le monde entier grâce à l’internet.

Le séminaire avait été lancé à l’initiative de l’ancien président de l’Assemblée nationale, devenu ministre de l’Economie et des finances, Laurent Fabius.

http://www.zdnet.fr/actu/soci/a0013923.html?nl

 

Les noms de domaines des responsables politiques : une ressource rare et mal gérée

La communication politique doit désormais compter avec le phénomène des sites parodiques (comme nous le notions récemment a propos des sites pastiches de George Bush Junior lors les primaires américaines et du site pirate du parti de Georg Haider). Elle doit compter aussi avec la "captation" des noms de domaines des partis et des responsables politiques.

www.muselier.com

Une aventure comparable vient d'arriver, en France, a Renaud Muselier, député RPR et maire adjoint de Marseille.

"Ce site est entièrement consacré à Renaud Muselier et entièrement réalisé grâce à Renaud Muselier. En effet, toutes les citations que vous y trouverez sont rigoureusement authentiques. Depuis déja plusieurs années, les marseillais pouvaient se délecter des déclarations de Renaud Muselier. Maintenant que son ambition est devenue nationale, il est temps que la France entière en profite". La compilation et la mise en forme ont été assurées par le Forum Civique de Marseille.

http: //perso.wanadoo.fr/fiastre/forum/

www.muselier.com

Édouard Balladur : un site mais pas de domaine

Invité du jury LCI-RTL-Le Monde dimanche 9 avril, l’ancien Premier ministre avait jugé bon d'annoncer l’existence d’un site censé présenter sa campagne pour la capitale à l’adresse www.emancipez-paris.com. Bruno Walther est devant son poste de télévision et tente une connexion sur le site. Stupeur, le site n’existe pas, le nom de domaine n’étant même pas enregistré. Il l'enregistre le jour même. "Le pire, ce n’est pas qu’Édouard Balladur ne sache pas ce qu’est un nom de domaine, mais c’est que son entourage lui conseille de parler nouvelle économie, pour faire jeune, sans savoir de quoi il en retourne", commente Bruno Walther, responsable de L'Enchanteur des médias, une société sépcialisée dans la conception de sites. Bruno Walther, proche d'Alain Madelin, a réalisé le site de ce dernier et celui de Démocratie Libérale.

http://www.lenchanteur.net/site.htm

 

Cette mesaventure pourrait survenir a d'autres hommes politiques.

Tres peu d'entre eux ont prevu de déposer les noms de domaines ou les noms de domaine proches.

Ainsi des candidats à la candidature RPR pour Paris : aucun n'est propriétaire de son nom propre en .com. Bernard Oubert, assistant parlementaire de Françoise de Panafieu, reconnaît le retard pris dans ce domaine. "Nous n'avons encore rien fait mais cela fait des mois que je signale à madame de Panafieu la nécessité d'avoir un site ! "

Le webzine l'examineur a annoncé, en mars 1999, qu'il avait depose les noms de domaine (en .com) d'un certain nombre de personnalites : ArnaudLagardere.com, JeanMarieMessier.com, FrancoisHenriPinault.com, .NicolasSarkozy.com, FrancoisHollande.com, Lionel-Jospin.com…. Avec ce commentaire : "Ces personnalités… auraient dû prendre la simple précaution de déposer leur nom. Elles ne l'ont pas fait. Oui, messieurs, nous protégeons votre nom sur l'internet ! Et c'est bien volontiers que nous vous le rendrons, gratuitement (moyennant néanmoins la somme de 119$ correspondant au dépôt initial) ". http://www.examineur.com/

Pour l'Examineur comme pour l'Enchanteur des Medias, l'objectif est autopromotionnel.

Tout autre est le marchandage de noms de domaine.

francoisedepanafieu.com a été déposé par le britannique John Pepin, qui a enregistré environ 3 000 noms à des fins ouvertement marketing. Madame de Panafieu peut m'envoyer une proposition de rachat que j'étudierai attentivement. Elle devrait se dépêcher si elle ne veut pas que son nom tombe aux mains de ses adversaires ", déclare-t-il amusé.

Sur Sites à vendre, on trouve une liste de près de 1 000 noms déposés dont les propriétaires attendent qu'une entreprise ou une personne vienne le(s) leur racheter. Parmi eux, CharlesPasqua.com est mis en vente pour 10 000 FF, Jose-Bove.com pour 3 000 FF, LionelJospin.com pour 15 000 FF. jospinpresident.com et jospinpresident.net sont mis à prix pour 250 000 FF.

http://www.sitesavendre.com/categories/politique/index.shtml

 

MUNICIPALES 2001

Sites internet et code électoral.

 

Le code électoral prévoit un certain nombre de contraintes en matière de propagande électorale. Ces obligations (Articles L 47 à L 52-3 du code électoral) sont bien connues des élus, mais leur transposition à l’internet est parfois malaisée t. Elles concernent l’ensemble des campagnes électorales (parlementaires, municipales, conseils généraux et régionaux, etc...).

 

Selon Bertrand Canevet (http: //www.canevet.com), "ces textes ont été rédigés en pensant à la presse écrite et audiovisuelle, mais l’internet étant un service audiovisuel, ils s’appliquent incidemment aussi à ce nouveau média".

Les certitudes

Ce qui est interdit par le code électoral hors internet l’est également sur l’internet.

Par exemple, l’utilisation de la publicité pour promouvoir un candidat dans trois mois qui précèdent une élection est prohibé par l’article L 52.1 alinéa 1. Ceci n’empêche pas un candidat ou un parti de créer son propre site web pendant cette période (heureusement).

Les incertitudes

Ce sujet ne semble guère avoir été étudié jusqu’à présent. De plus, il n’y a pas de jurisprudence en la matière, d’où les incertitudes. Par exemple, l’article L 49 alinéa 1er, s’il était interprété strictement, interdirait toute communication sur l’internet, y compris les sites web, à partir de la veille d’un scrutin. Ceci serait tout à fait excessif !

Le Sénateur Esneu avait posé, à ce sujet, le 22 fevrier 2000 une question écrite au Ministre de l’intérieur. http: //www.canevet.com/legis/textes/esneu.htm

On trouve sur le site de Bertrand Canevet un tableau reprenant les principales obligations légales : http: //www.canevet.com/legis/textes/elections.htm

 

 

EXPERIENCES-INITIATIVES

ATTAC enregistre plus de 700 000 connexions mensuelles

Constituee en juin 1998 pour promouvoir la Taxe Tobin, l'Action pour la Taxation des Transactions Financières pour l'Aide aux Citoyens (Attac) compte desormais 21 000 membres en France. En moins de deux ans, ATTAC est ainsi parvenue a se frayer une place originale dans le paysage politique français. Et international puisqu'Attac est desormais presente dans une dizaine de pays.

Attac est l'heritiere du mouvement d'opinion qui avait, courant 1998, été a l'origine de l'abandon par l'OCDE du projet d'accord multilateral sur l'investissement. Un mouvement d'opinion qui s'etait deployé, dans un premier temps, sur internet, via une multitude d'ONG et de réseaux civiques. Attac a su, des sa creation, tirer parti de l'existence de ces communautes civiques, formelles et informelles. Son Courriel d’information, le Grain de sable, compte aujourd'hui 14 324 abonnés. Son site Internet ATTAC a enregistré en fevrier 2000 748 154 connexions en provenance de 96 pays. Attac constitue, pour tous ceux qui s'interessent aux usages militants d'internet, un cas d'ecole. Le succes d'Attac, en France, doit beaucoup a une utilisation combinée du site et des listes de diffusion. La coexistence de deux Attac, l'un, reposant sur les modes de fonctionement traditionnels, l'autre reposant sur le courrier electronique, ne va pas sans difficulté. Charles Crosnier a tiré, de maniere tres nuancée, les enseignements du fonctionnement de l'Attac-Electronique, et notamment les limites des "debats electroniques" . Des enseignements qui depassent naturellement le cas d'ecole Attac. "Il se passe plein de choses dans les réunions en présence physique qui induisent des formes de conviction, d'influence mutuelle, de renforcement des idées et des choix personnels,... Or ces micro-événements qui font basculer le cours d'une vie et décident de l'engagement militant sont plus rares "en ligne"…. La réalité militante est plus complexe que ce simple phénomène d'émergence d'une catégorie de militants électroniques".

 

Cas d'ecole, aussi l'essaimage international d'Attac. Attac-France a suscité, en decembre 1998, la création du "Mouvement international pour le contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions " , "un réseau, sans structures hiérarchiques, ni centre géographique", reunissant des coordinations, des syndicats, des comités de solidarité, des associations et ONG, des organes de presse et des instituts de recherche dans le monde entier. .. Un reseau qui repose essentiellement sur le courrier électronique. Tout un éventail de canaux d’information et de communication a été mis en place. Certaines adresses électroniques sont destinées à permettre les échanges les plus ouverts, d'autres sont réservées aux communications internes.

Action pour la Taxation des Transactions Financières pour l'Aide aux Citoyens : http: //attac.org

 

Naissance de Cyberacteurs

érik’actu et FEDEL INFOS NET fusionnent pour devenir Cyber Actu. "L’intensité des informations et de la mobilisation autour de la catastrophe de l’Erika a entraîné l’idée de conjuguer envoi d’une publication spécifique et mise en ligne sur un site. L’Erika a aussi entraîné un changement de perspective puisque la cyber action disponible en 8 langues a suscité 4500 retours . Cyber acteurs entend continuer le travail commencé sous l’égide de la FEDEL pour tisser des liens entre différents réseaux mobilisés pour le développement durable.

CyberActu donnera un prolongement électronique à des campagnes menées par ailleurs par des réseaux concernant la protection de l’environnement (Amazonie, Erika), les droits de l’être humain , la paix (Timor, Tchétchénie), la solidarité internationale (Pinochet) au travers d’un portail ECOCYT d’un annuaire ( pour faire connaître les initiatives économiques allant dans le sens d’une économie sociale, solidaire et citoyenne) et des cyberactions pour faire entendre la voix des citoyens.

http: //www.fedel.ras.eu.org/CACTU1.html

www.ecocyt.org

 

 

Hactivists news service

Samizdat.net vient de lancer une agence de communication directe via l’Internet : HNS est une sorte d’agence de " presse " où les informations sont directement rédigées et diffusées par des acteurs des événements et réalités dont il est question dans les dépêches : sections syndicales, collectifs locaux … Informations, appels ou communiqués sont mis directement en ligne par des acteurs des luttes et des initiatives sociales. Les dépêches HNS sont immédiatement disponibles sur son site Web (http: //www.samizdat.net/infos/hns) et indexées.

samizdat.net (http: //www.samizdat.net) anime depuis plusieurs années diverses mailing lists activistes (globe_l, infozone_l en particulier) et intervient sur diverses autres (zpajol, ac-forum, contre-info, ccle, ezln, contrôle_omc, nettime_fr, etc.).. " L’hacktivisme est un néologisme journalistique pour désigner la rencontre entre l’activisme politique et associatif et la culture des réseaux. Nous l’avons adopté par fun, par commodité et aussi pour marquer notre volonté de ne nous enfermer ni dans la clôture militante, ni dans le ghetto de la cyberculture ".

http: //www.samizdat.net/infos/hns

 

Des photos de sites nucléaires en ligne

La Federation of American Scientists, l'organisation pacifiste américaine, publie en ligne des photos de sites militaires et nucléaires pakistanais. Objectif : alerter l'opinion publique sur les dangers d'une escalade nucléaire dans cette région du monde.

Tous les internautes peuvent ainsi, d'un clic, découvrir les installations de Kushab (réacteur nucléaire) et Saghorda (production de missiles), avec beaucoup de précision, et sous différents angles. Les images démontrent, selon la FAS , le danger nucléaire existant au Pakistan : "Leur publication, le 15 mars, à la veille du voyage du président Clinton en Inde et au Pakistan, souligne l'urgence de nouvelles initiatives pour prendre en compte les risques d'une escalade nucléaire entre les deux pays". Les photos ont été achetées dans le cadre de la mission "public eye" (œil public) que s'est fixé la FAS afin de "mettre au service du public des systèmes d'information jusqu'à présent réservés" aux services de défense. Elles ont été prises par le satellite Ikonos de la société Space Imaging, satellite lancé en septembre dernier et qui permet d'obtenir des images en haute résolution. Déjà, en janvier, la FAS avait publié les photos d'une base de missiles nord-coréenne.

http: //www.fas.org/eye/indo-pak.html

 

Espagne : un site dénonçant des tortionnaires contraint de fermer

À cause d'une loi sur la protection des données personnelles, le site de l'Association espagnole contre la torture a du fermer ses pages.

L'Association contre la torture (ACT) enquête et publie des rapports sur les pratiques d'actes barbares en Espagne ainsi que le nom des agents gouvernementaux accusés de torture et de brutalité. Des tableaux présentent les noms des personnes impliquées, la date et le lieu de l'incident ainsi que l'état d'avancement de l'enquête.

En décembre 1999, l'Espagne a adopté une loi visant à interdire la publication de bases de données contenant des informations personnelles. Au regard de cette loi, le site de l'ACT est illégal, peu importe la nature des actes qu'il dénonce.

http: //www.zdnet.fr/actu/soci/a0013757.html?nl

L 'opposition philippine s'attaque au Président par téléphone

La popularité croissante des messages écrits sur téléphones mobiles a encouragé l'opposition philippine à mettre en place une des campagnes politiques les moins chères de l'histoire, touchant directement les quelque 2,5 millions d'utilisateurs de portables. Les détracteurs du Président Joseph Estrada envoient chaque jour en moyenne 25 millions de SMS, ou mini- messages textes directement sur les téléphones mobiles, pour diffuser de l'information en faveur de l'opposition, ajoutant ainsi une touche politique aux nombreuses blagues critiquant la manière dont l'ancien acteur manie la langue de Shakespeare.

Le Président Estrada ne semble pas apprécier cette campagne d'un nouveau genre où les blagues ont changé de ton, estime Aurelio German, directeur des relations publiques d'Estrada lors de sa campagne présidentielle de 1998.


La lettre de temPS réels est éditée par temPS réels, section Internet (virtuelle et technotrope) du Parti Socialiste (Fédération de Paris)

 

 
 
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