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2 juin 2000
Les deux candidats - et les coalitions qui les soutiennent- sont a court de fonds. Al Gore et George Bush Jr refont le " le plein " auprès de leurs souscripteurs. Les sondages ne sont pas favorables au candidat démocrate, mais la victoire est toujours à sa portée. " Its his to lose... ". La gauche américaine est tout à fait capable, comme dit le proverbe, darracher la défaite ( " to snatch defeat from the jaws of victory. ").
Nous reprenons la Chronique mensuelle des elections présidentielles américaines, interrompue en avril. Un enseignement semble se dégager des primaires : aucune corrélation ne se dégage entre les performances des sites et les performances électorales des candidats. On attire aussi l'attention sur la riposte, à la fois ironique et subtile, du parti démocrate à la fameuse "calculette fiscale" , principale attraction du site de George Bush junior. Cette calculette permet à l'electeur-contribuable de calculer, sur le site de George Bush junior, le montant de l'exemption fiscale dont il bénéficierait si Bush etait élu et mettait en uvre son projet de reforme fiscale. La parade mise au point par les démocrates, le site parodique MillionairesForBush.com, mérite de figurer dans les futurs manuels de communication politique. Chroniques des elections
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: TemPS réels
Tout se mesure sur le Web : vitesse d'affichage, visiteurs, indexation dans les moteurs Les performances des sites des candidats aux primaires ont donné lieu à de très nombreuses études. Plus encore que les résultats de ces études - il n'y a aucune corrélation entre les performances des sites et les le succès, dans les urnes, des candidats - , ce sont les objets et les méthodes d'études qui nous intéressent ici.
Le manque de contenu du site de Bush lui a permis d'être le plus rapide à s'afficher. En moyenne, il suffisait d'1,69 seconde pour le télécharger, contre 3,06 secondes au site d'Al Gore, qui s'octroie tout de même la 2e place, malgré un contenu plus étoffé. Bon dernier, le site de Bill Bradley s'affichait en 7,02 secondes. Pour parvenir à ces résultats, l'équipe de Keynote a cliqué neuf heures durant sur le site des candidats, dans la journée du 7 mars. Interrogé par news.com, le responsable de Keynote estime que "la disponibilité des sites joue un rôle critique dans leur succès". D'ici novembre, son équipe continuera de mesurer la performance virtuelle des candidats. http://www.keynote.com/news/news_main.html
D'après Harris Interactive, environ dix-huit millions de personnes (16 % des 115 millions d'américains connectés à Internet, à domicile, au travail ou ailleurs) ont visité les sites d'un ou de plusieurs candidats. Les républicains (22 %) ont été presque deux fois plus nombreux que les Démocrates (14 %) à le faire, sans doute parce qu'il y avait plus de candidats Républicains ou parce que la primaire Républicaine etait plus fortement disputée. Les sites les plus visités furent ceux de George W. Bush (visité par 62 % d'entre ceux qui ont visité un ou sites de campagne), de John McCain (52 %), du Vice-président Al Gore (46 %) et de l'ex-sénateur Bill Bradley (34 %). Les sites les plus souvent cités comme excellent ne sont pas ceux des deux vainqueurs des primaires, mais ceux de Steve Forbes (39 %) et Alain Keyes (35 %). Le site de Bush n'a été jugé excellent que par 27 % des personnes interrogées. Côté démocrate le site d'Al Gore obtient un score de 26 %, McCain 25 % et 16 % pour Bradley. Les electeurs-internautes ont visité les sites des candidats pour " connaître le point de vue des candidats sur des enjeux spécifiques" (78 %), pour lire la biographie des candidats (48 %), pour voir les programmes (21 %) et pour "participer à leurs campagnes" (11 %). Une petite minorité a visité les sites pour "verser une contribution financière" (8 %). Quel que soit le motif qui a les conduits à visiter les sites des candidats, la grande majorité a trouvé l'expérience intéressante ou utile ; 92 % déclarent avoir trouvé l'information qu'ils cherchaient. Pour Harris Interactive, " une chose est certaine. Un grand nombre d'électeurs consulteront les sites des candidats d'ici novembre et l'Internet occupera une place croissante dans les futures élections". (Cette étude a été conduite auprès d'un échantillon national de 10, 768 électeurs utilisateurs d'internet). http://www.louisharris.com/harris_poll/index.asp
Pouvez-vous trouver votre candidat ? C'est la question que s'est posé Danny Sullivan, éditeur de l'excellent bulletin Search Engine Report. Une étude menée par Sullivan sur 18 moteurs de recherche a révélé qu'il était plus facile de trouver les sites officiels du démocrate Bill Bradley et du républicain John McCain que ceux de George W. Bush et d'Al Gore, qui disposaient pourtant de moyens supérieurs. Sullivan a également analysé les différents facteurs qui facilitent le repérage des sites par les moteurs de recherche, comme le codage HTML du titre des pages d'un site (TITLE), les balises description et meta de mots clés, et l'utilisation de cadres ou de multifenêtres (frames). http://searchenginewatch.com/sereport/00/03president.html
La communication politique sur Internet, traditionnellement axée sur l'écrit, accorde une attention et des moyens croissants au son et à l'image : photo, animation, vidéo. Elle se risque rarement à proposer aux électeurs de consulter des données statistiques, et encore plus rarement, à proposer des fonctions de type tableur, alors qu'il s'agit d'un des usages les plus banalisés de l'ordinateur. Les concepteurs de sites et les consultants en communication politique oublient que derrière un site, il y a des ordinateurs, une puissance de traitement, des possibilités de calcul et de simulation. Le site du syndicat
américain AFL-CIO s'etait fait connaître, il y a trois
ans, en proposant aux salariés de comparer leur feuille de paye
avec celle des patrons de plusieurs centaines de grandes entreprises,
incluant leurs primes et autres avantages indirects.
Le site de Bush avait innové, lors des primaires, en proposant aux électeurs une "calculette" pour calculer le bénéfice fiscal dont ils bénéficieraient si le programme fiscal de Bush entrait dans les faits. Le Parti démocrate a riposté avec un site ironiquement destiné aux millionnaires. MillionairesForBush.com observe que la calculette de Bush est deliberement bridée : elle ne permet pas de simuler l'exemption fiscale pour les foyers ayant un revenu supérieur à 100 000 $. Voici le commentaire qu'on trouve, à l'intention des millionnaires. "Vous êtes millionnaire et vous avez versé des megadollars pour la campagne de Bush. Vous voulez savoir, "qu'est ce que ça va me rapporter ?" Si vous allez sur le site de Bush, il y a un mystérieux bogue qui vous empêche de calculer ce que vous économiseriez avec son programme fiscal, La calculette ne permet pas de calculer le gain fiscal si vous gagnez plus de 100 000$ par an. Si vous gagnez plus de 100 000 $, vous ne pouvez pas utiliser la calculette fiscale de M. Bush. Ce n'est pas grave. MillionairesForBush.com vous permet de calculer les exemptions fiscales massives qui attendent les millionnaires sous une présidence Bush. Saisissez votre salaire (1,000,000 $ ou plus, s'il vous plaît), précisez votre situation de famille. Cliquez sûr 'qu'est ce que ça me rapporte". Et voilà votre exemption fiscale. " La calculette fiscale sur
le site de Bush : http://www.georgewbush.com/taxcalc/Demographics.asp
La Commission fédérale électorale (FEC) a rejeté la plainte de George W.Bush contre Zack Exley et son site www.gwbush.com. Le site, axé sur les rumeurs selon lesquelles le candidat à la présidentielle aurait consommé de la drogue, montre notamment une photo truquée de George W.Bush, une paille fichée dans le nez, comme pour inhaler de la cocaïne. Georges Bush souhaitait que le site pastiche soit considéré comme un outil de campagne électorale et par conséquent, soumis à la réglementation obligeant son auteur à se faire enregistrer et à dévoiler la provenance de ses revenus. Zack Exley s'est défendu en expliquant qu'il n'avait nullement l'intention d'influencer la course à la présidentielle et qu'il n'exprimait que sa propre opinion sur les "bêtises" passées du candidat républicain. Il a ajouté que son site ne lui avait pratiquement rien coûté, mis à part les frais d'enregistrement du nom de domaine. En rejetant la plainte, la FEC a dit qu'elle n'avait trouvé "aucune preuve d'une intention sérieuse" de contrevenir à la loi et considérait l'affaire comme "moins grave que d'autres sujets soumis à la commission". Le site de Zack Exley: http://www.gwbush.com/
Ces sites dénoncent assez violemment ses positions sur la peine de mort et ironisent sur l'hypocrisie du gouverneur du Texas qui poursuit sans pitié le trafic et l'usage de drogues (alors qu'il en fut usager, lui-même, plus jeune). GWBush Art : http://gwbushart.port5.com/ Unauthorized Bush(Sr.) Bio : http://www.tarpley.net/bushb.htm Bush is the Antichrist : http://www.geocities.com/trebor_92627/Bush.htm The Bush Body Count http://www.geocities.com/CapitolHill/Embassy/2443/bushbodycount.html The Serial President and Bush Kills Web Sites: http://members.xoom.com/bushkills/bushkills.htm The Queen Mother : http://www.poop.org/news-d/queen%20mother.html Hypocrisy on Parade : http://members.xoom.com/georgewbush/
Carl Bernstein, le journaliste à l'origine, avec Bob Woodward, du scandale du Watergate, va rejoindre l'équipe du site d'informations politiques Voter.com, en tant que vice-président exécutif. La startup, lancée en novembre 99 pour anticiper les présidentielles américaines, s'offre ainsi un journaliste de renom, lauréat du Prix Pulitzer pour son enquête dans les colonnes du Washington Post, avec Bob Woodward, qui s'est soldée par la démission de Richard Nixon. http://www.voter.com/voter/today/1,2979,1~19--,00.html
Pseudpolitics.com, la chaîne politique de pseudo.com, lun des grands networks de la télévision sur Internet, permettra dassister en direct aux conventions politiques d'été des deux grands partis américains. On pourra assister aux débats en direct, et même choisir l'angle de vue (de nombreuses caméras seront disposées un peu partout dans les salles), participer à des chats avec des hommes politiques et des journalistes spécialisés et prendre part à des sondages. La convention du parti républicain sera ainsi retransmise depuis le First Union Center de Philadelphie du 31 juillet au 3 août ; et la convention des démocrates depuis le Staples Center de Los Angeles, du 14 au 17 août. http://www.pseudo.com/pressroom/index.cfm?param_flatcontentid=610
Créée par la société de communication et de Web design allemande Böttcher-Hinrichs, Jackie Strike est une femme politique " utopique, toujours disponible et ouverte aux propositions des électeurs ", selon ses concepteurs. Sur son site de campagne, les internautes peuvent participer à l'élaboration de son programme électoral, fouiller sa biographie et son agenda personnel, et pourront bientôt communiquer directement avec elle par chat, à n'importe quel moment. On ne trouve nulle part sur le site de représentation visuelle de la candidate, encore moins des extraits vidéo. Jackie Strike explique que l'aspect physique d'un homme politique a trop d'importance aux yeux des électeurs, qui ne la découvriront "qu'en temps voulu". Elle préfère insister sur ses convictions politiques : "Ma mission est de rehausser votre participation dans le processus démocratique. Je suis pour un nouveau forum politique sur Internet. Je suis pour le dialogue ouvert. Je suis pour le progrès et le changement. J'ouvre la voie à une nouvelle politique de qualité. Je vous invite à vous impliquer, et à mieux me connaître". Depuis le site de Jackie Strike, les internautes américains peuvent faire des donations aux uvres de charité de leur choix. Ils peuvent aussi s'inscrire sur les listes électorales de leur état. (Ils peuvent, en fait, obtenir le formulaire d'inscription. Un sujet, les teleprocedures d'inscription sur les listes électorales, sur lequel nous reviendrons. La lettre de temPS réels est éditée par temPS réels, section Internet (virtuelle et technotrope) du Parti Socialiste (Fédération de Paris)
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