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| Lettre n°30 - Chronique
des élections américaines (5) 15 septembre 2000
Le vice-président entame la dernière ligne droite qui le sépare de l'élection présidentielle du 7 novembre avec deux sondages favorables. Reuters Zogby lui a donné 6 points d'avance et Gallup USA Today CNN 3 sur son adversaire le républicain George W. Bush ; les deux autres candidats, Ralph Nader et Pat Buchanan, ne dépassant pas 5%. Al Gore, on s'en souvient, etait donné pour battu avant la tenue, cet été, des deux conventions, républicaine et démocrate. Al Gore devait à la fois se différencier de George W. Bush et sortir de l'ombre de Bill Clinton. Pour contrer le gouverneur du Texas, il a réintroduit la politique dans le débat, se présentant comme le défenseur des " familles laborieuses ". Al Gore a effectué un travail de fond, en battant le rappel de ses électeurs, jusqu'alors moins mobilisés que les républicains. Son discours social est devenu populaire aux oreilles de ceux qui prêtent enfin attention à la campagne, car il s'adresse à leurs préoccupations quotidiennes : retraite, couverture santé des personnes âgées dont les médicaments ne sont pas pris en charge... Al Gore a présenté, début septembre, un budget de 191 pages contenant dix promesses sociales. Le moralisme religieux de Joe Lieberman l'a aussi pas mal aidé. Al Gore : le candidat des "familles laborieuses" et de la discipline budgétaire George W. Bush Jr a fait avaliser par la convention républicaine son " conservatisme de la compassion ", sorte de droite à visage humain qui, tout en accordant aux plus riches un rôle privilégié, ne veut laisser personne sur le bord du chemin. Dans cette vision, le rôle de l'Etat est forcément très limité puisque ce n'est pas lui mais le secteur privé qui est à l'origine du plus long cycle de croissance de l'histoire américaine ; c'est d'ailleurs le secteur privé qui permettra de ne négliger personne, à travers la promotion de l'enseignement privé et le dévouement d'oeuvres caritatives et religieuses. George W. Bush propose de consacrer une bonne partie de l'excédent budgétaire, fruit de cette prospérité des années 90, à des réductions d'impôt : c'est la pièce maîtresse de son dispositif électoral. Une autre partie de l'excèdent servirait à rembourser la dette publique et à refinancer le régime des retraites, dont une partie serait privatisée. Al Gore, lui, entend procéder à des réductions d'impôt beaucoup plus modestes, dont les principaux bénéficiaires seraient les revenus des classes moyennes, et consacrer la majeure partie de l'excédent budgétaire au remboursement de la dette publique et à la réforme du régime des retraites. M. Gore se présente ainsi comme le gardien de la politique de discipline budgétaire qui, depuis 1993, est devenu le credo du Parti démocrate américain. C'est cette politique, qui, en permettant de réduire l'emprunt public, a ouvert la voie à la baisse des taux d'intérêt et a favorisé la croissance économique. Le programme d'Al Gore prévoit, d'autre part, un rôle et des crédits plus importants pour l'Etat fédéral, en particulier en matière de santé et d'environnement. Il est impératif pour Al Gore de mobiliser la base démocrate. Désenchanté, une partie de l'électorat démocrate traditionnel pourrait s'abstenir, ou transférer ses voix sur Ralph Nader, le candidat soutenu par le parti Vert qui fait campagne contre le grand capital. M. Nader rassemble pour l'instant moins de 5 % des intentions de vote. Les syndicats soutiennent Gore Si la centrale syndicale AFL-CIO (qui regroupe 13 millions de salariés) avait apporté son soutien à M. Gore dès octobre 1999, le syndicat des routiers américains (teamsters) a tardé à le faire. IL s'y est finalement résolu, après consultation de ses quelque 1,5 million de membres. "Nous avons exprimé notre déception à l'administration à propos du libre-échange et nous attendons une politique favorable à l'ouvrier américain. Mais nous apportons notre plein soutien à Al Gore". Dossier en ligne sur le Monde: Democratic socialists of America : http://www.dsausa.org/ The American Prospect : http://epn.org/prospect.html
Réajustement des stratégies Internet des deux candidats. Bush d’abord et Gore ensuite ont intégralement refondu leur site de campagne: nouveau design, nouvelles fonctionnalités, les deux candidats se sont chacun pourvus d’un site web de très haut niveau. Le site de G W Bush propose des interviews de GW Bush au format vidéo sur GwB TV, une présentation flash digne d’un clip de MTV, et une série de quiz pour aider le visiteur à se faire une opinion du candidat Républicain et de son programme (existe également en version Espagnol et pour les enfants). Enfin, cerise sur le gâteau, MyGeorgeW permet au visiteur de se tailler un programme sur mesure: indiquez les questions politiques qui vous intéressent (ex: politique étrangère, fiscalité...) et MyGeorgeW compile automatiquement, rien que pour vous, la profession de foi du candidat sur les sujets que vous avez choisi. Le site offre également à ses visiteurs la possibilité de s'inscrire pour recevoir des emails réguliers et se tenir informé des positions du candidat sur une série de sujets que l’on peut sélectionner lors de l’inscription. Le site d’Al Gore est d’emblée moins impressionnant en termes de design ; il nous a paru cependant beaucoup plus intelligemment construit. Ben Green, le webmaster de Gore, a conçu le site pour en faire un outil de communication plutôt qu'un simple outil de propagande. Plutôt que de se contenter de distiller l’information du candidat vers les visiteurs, le site de Gore met en valeur l’interaction entre les visiteurs du site. Mettant à profit le bouche-à-oreille virtuel, les utilisateurs du site ont la possibilité de créer leur page personnelle pro-Gore et d’en emailer l’adresse à leur entourage. Mieux encore, les visiteurs ont la possibilité d’utiliser la messagerie instantanée sur le site pour communiquer en direct entre militants démocrates. Comme l’a dit Ben Green, "ce ne sont pas les quiz qui font gagner une élection, ce sont les militants". Site de George W. Bush: http://www.bush2000.com http://www.netpolitique.net/newsletter2.htm
Le parti démocrate devient fournisseur d’accès à Internet (acces et email gratuits ) via le portail www.freeDEM.com Cette offre est destinée a tous les américains, quelles que soient leurs conditions économiques ou leurs préférences politiques. freeDEM.com sera plus qu’une simple page de démarrage mais un véritable portail avec toutes sortes d’informations : nouvelles du jour, la météo, les cours de la bourse, l’actualité sportive ... On y trouvera des informations politiques, des liens vers la Maison-Blanche, la chambre des représentants, le Sénat, les agences fédérales. Selon le secrétaire général du Democratic National Committee (DNC), Edouard G. Rendell : " En fournissant un service d’acces et un service d’email, nous voulons encourager tous les gens à s’impliquer dans le processus national politique. FreeDEM.com permettra aux Démocrates pour communiquer et de faire entendra leur voix. " Les visiteurs de freeDEM.com pourront prendre part à des groupes de discussion en ligne pour exprimer leurs avis sur n’importe quel sujet. FreeDEM.com encourage la liberté de parole et est ouvert à tous. Le Parti démocrate a créé ce service d’acces et le portail en coopération avec Millioneyes.com et iBelong.com ( qui avait déjà mis en place le portail de l'AFL-CIO).
Le parti démocrate a mis en place, au lendemain de la convention, à partir de son site, un réseau de correspondants : les e-leaders. Un e-leader s'engage à contacter, par courrier électronique, au moins 10 personnes, dans tout le pays, particulièrement des gens qui n'ont pas encore décidé pour qui ils allaient voter. " En 1960, John Kennedy a été élu avec un écart de 1 % … L'élection de Gore-Lieberman sera aussi serrée…Nous ne sommes pas en 1960, mais en 2000. Internet change la manière dont les démocrates font campagne. Devenez e-leader…. Vous devrez trouver au moins 10 personnes... Vous êtes la personne la plus convaincante pour parler à vos amis et aux membres de votre famille du parti Démocrate et du ticket Gore-Lieberman. Pour vous aider, nous vous enverrons des informations chaque semaine, mais vous devez aussi faire passer vos propres arguments et les informations que vous trouvez par vous-mêmes. Nous ne collecterons aucune information sur vos correspondants" … Chaque e-leader signe ensuite l'engagement suivant : "Oui, je veux devenir un e-leader du Parti démocrate. Je ferai suivre vos messages a au moins 10 amis ou proches qui n'ont pas décide qui ils allaient soutenir". http://www.democrats.org/action/eleader/index.html
Le parti républicain de Californie a conclu un partenariat avec Ebates.com dans le but de renflouer ses coffres et financer sa campagne électorale. Le site RepublicanShopping, en association avec Ebates.com, qui consiste à offrir des rabais aux clients quitte à ce qu'ils reversent ce rabais virtuel au parti. Le nouveau site est une version du site Ebates.com, sur lequel les acheteurs peuvent obtenir des réductions sur les produits allant de 2 à 20%. Mais au lieu de toucher cette réduction en espèces, elle va directement aux caisses du parti. "Plus vous achetez sur le site, plus vous faites des dons, aussi commencez à acheter dès aujourd'hui ", peut-on lire sur le site RepublicanShopping.com. Selon le co-fondateur et vice-président du site Ebates, les responsables du parti pourront, à travers ces ventes, lever des fonds de 4 à 5 millions$ US par mois. http://www.republicanshopping.com/
Les entreprises d'information en ligne etaient venues en nombre à Los Angeles, en compétition directe avec les médias traditionnels pour couvrir la convention nationale démocrate. Alors qu'elles n'étaient que six en 1996, 120 ont été accréditées cette année. Les grands fournisseurs de services en ligne comme le numéro un mondial des services en ligne America Online (AOL), ou les sites des grands médias (ABC.com, CNN.com) y cohabitaient avec des portails et de nombreuses petites entreprises spécialisées, certaines n'ayant pour tout matériel qu'un simple ordinateur portable.
http://www.mmedium.com/cgi-bin/nouvelles.cgi?Id=4097 Les médias électroniques ont négligé la campagne de Ralph Nader Fairness & Accuracy In Reporting (FAIR), un groupe radical de surveillance des pratiques des médias, a alerté ses membres, en juin dernier, sur le fait que la campagne de Ralph Nader, (Parti Vert), était systématiquement négligée par les médias en ligne. Des milliers d'abonnés à la lettre de FAIR ont écrit aux responsables des sites Web concernés. CBSNews.Com, CNN.Com et MSNBC.Com avaient, au 30 juin, modifié leurs pages pour inclure Nader. Fairness & Accuracy In Reporting
: FAIR Activists Win Increased Online Coverage of Nader: Ralph Nader for President : http://www.votenader.com/
Cette campagne a vu une floraison de sites à caractère politique, indépendants des médias et des partis. Pour ces sites montés par des tiers, les revenus proviennent principalement de la publicité et de services qu'ils revendent à des candidats ou partis. Les revenus anticipés ne sauraient couvrir les dépenses de maintien permanent de ces sites dans un marché déjà saturé. Vote.Com revendique 50 000 et 100 000 connexions par jour. Cité par le service News.Com, Charlie Rentschler, artisan du site BetterVote.Com, constate une grande apathie du public américain. Le site, très documenté, proposait une foule d'informations sur les candidats, les partis, les programmes. Vote.Com : http://www.vote.com/
Une fois de plus, l'argent réuni par les candidats aura pesé lourd sur la campagne. On trouve sur le site du Center for Responsive Politics un suivi méthodique du trésor de guerre amassé par les candidats, ainsi que leur origine. Par industrie, secteur d'activité. On y trouve aussi, pour chaque candidat, le hit-parade des entreprises contributrices et des contributeurs individuels.
On apprend ainsi que G. Bush Jr arrive nettement en tête en termes de trésor de guerre. Il a collecté $93 millions de $, soit pres du double qu'Al Gore (52 millions$). Pat Buchanan a ramassé 15 millions : quant à Ralph Nader, le seul candidat résolument anti-business, il ne franchit pas le seul du million de $. La partie la plus intéressante est sans conteste l’analyse qui est faite par secteur économique et social. On apprend que les secteurs de l'agroalimentaire, de la construction, les industries de la défense, de la finance, de l'assurance, de la santé, ont (financièrement) plébiscité George Bush jr. Les premiers contributeurs de George W. Bush sont MBNA America Bank, Vinson & Elkins, AXA Financial, Andersen Worldwide et Ernst & Young . Ernst & Young est le premier contributeur de Al Gore, suivi par Citigroup Inc, Viacom Inc, Goldman, Sachs & Co et Time Warner. http://www.opensecrets.org/home/index.htm Les entreprises de la nouvelle économie dans la campagne Lors des primaires, d'après le Center for Responsive Politics, George W. Bush, avait reçu un peu plus de 815 000 $ en contributions électorales d'entreprises du secteur de la technologie. Pour sa part, Al Gore, n'aurait recueilli que 363 000 $. Ces sommes représentent les contributions de 200 $ et plus de fabricants de matériel et de logiciel, et des entreprises pointcom. Elles ne comprennent pas les contributions faites par les comités d'action politique de divers secteurs technologiques et qui sont allées tout aussi majoritairement (56 %) à des candidats du Parti républicain. Pour l'élection elle même, Gore fait presque jeu égal dans sa collecte de fonds auprès des industries de la Communication et de l'électronique : Bush a recueilli 2,782,555 $, Gore 2,130,509 $. OpenSecrets.Org : Contributions by industry http://www.opensecrets.org/2000elect/indus/AllCands.htm OpenSecrets.Org : Political Actions Committees, Computer La prudence de Microsoft Depuis le procès Microsoft, la presse américaine suit à la trace, les contributions financières de Microsoft aux partis et aux candidats : candidats a la Maison-Blanche, mais aussi au Sénat et à la Chambre des représentants. "Tout a changé à l'automne 1997 lorsque le ministère de la Justice a lancé son action antitrust, cela a réveillé Microsoft et toute l'industrie de l'informatique, ils se sont rendu compte que Washington avait beaucoup de pouvoir", explique Holly Bailey, chercheuse au Center for Responsive Politics. Bill Gates découvre alors la nécessité de cultiver ses liens dans le monde de la politique, des journaux et des différents centres qui forment l'opinion publique du pays. Cette année, selon les calculs d'Holly Bailey, Microsoft aura distribué plusieurs dizaines de millions de dollars à tout ce qui compte dans la capitale des Etats-Unis. Ce qui la place en tête des grandes entreprises, devant d'ATT, le géant du téléphone. Le Washington Post a tenté de remonter les filières de l'argent de Microsoft et découvert qu'il finance en douce des associations diverses : le National Tax Payers Union (une association conservatrice de contribuables), Americans for Technology Leadership. Ce dernier lobby emploie ainsi Craig Smith ancien directeur de campagne d'Al Gore et homme d'influence dans les milieux démocrates. Un site affilié à Microsoft intitulé Freedom to Innovate permet d'envoyer automatiquement des e-mails à ces élus. Ce site mène campagne en faveur de l'entreprise de Gates : on y trouve une contribution d'un titrée " le démantèlement de Microsoft est un retour au socialisme ". Microsoft a aussi habilement mobilisé ses actionnaires qui ont vu leur portefeuille fondre depuis les poursuites en justice du gouvernement fédéral et de dix-neuf Etats en leur demandant de faire pression sur leurs représentants et élus locaux. La presse américaine a aussi beaucoup commenté la nomination de Edward Tobin au poste de directeur chez Microsoft. Tobin arrive de chez USWest, importante société de télécommunications où il occupait le poste de vice-président aux affaires publiques. Il exerçait auparavant la fonction de conseiller principal du gouverneur républicain du Massachusetts.
Microsoft fait appel à onze sociétés privées de lobbyistes : deux d'entre elles sont dirigées par des personnes proches du Parti démocrate. USA Today a rapporté une diminution importante des contributions de Microsoft au Parti républicain et une augmentation proportionnelle des contributions au Parti démocrate. Dans le cycle électoral 1997/1998, 67 % des contributions électorales de Microsoft allaient à des candidats républicains, et 33 % à des candidats démocrates. Au cours des six premiers mois de 1999, seulement 54 % des contributions électorales de Microsoft sont allées à des candidats républicains, alors que les démocrates recevaient 46 % des contributions. Et constate le même fléchissement de l'appui au Parti républicain en matière de " soft money ", ces sommes versées directement aux partis (et non à des candidats) pour lesquelles il n'y a aucune limite de fixée et qui ne sont pas réglementées. Le New York Times s'etait intéresse, en avril, dans un long article sous le titre " Microsoft emploie un conseiller de Bush pour faire pression sur Bush " à la nomination de Ralph Reed, ancien président de la Christian Coalition un regroupement d’organisations conservatrices, et président de Century Strategies, une entreprise de conseil qui participe activement à la campagne du candidat républicain. Selon le quotidien new i: " Un des buts évidents, alors que l’affaire antitrust traînera pendant un an ou plus en appel, est de convaincre le nouveau président, le Congrès et le public que l’affaire devrait être abandonnée. Mais la campagne menée par la compagnie de M. Reed a pour objectif plus précis la campagne de Bush. " Selon le San Jose Mercury, Bill Gates et Microsoft restaient très prudents : : ils donnent presque les mêmes quantités d’argent aux deux principaux partis en se contentant de favoriser " légèrement " les républicains. Une administration présidée de nouveau par un George Bush ne pourrait sans doute pas abandonner toute poursuite, mais serait tentée d’arriver plus vite et dans de meilleurs termes pour Microsoft à un accord à l’amiable. En attendant le journal rappelle que " Bush a montré plus de sympathie que Gore envers Microsoft [...]. Certains législateurs ont signalé qu’au cours de réunions avec des républicains la semaine dernière, Gates a déclaré qu’une nouvelle administration aurait " probablement " un impact sur l’affaire. " Pour l'organisation des conventions démocrate et républicaine, Microsoft avait offert, en tout cas, à chacun des deux grands partis américains la même somme, un million de dollars, en logiciels divers. http://interactive.wsj.com/home.html National Taxpayers Union : Tens of Billions in Shareholder Gains Threatened by Microsoft BreakUp Scheme, Study Shows: http://www.ntu.org/issues/taxes/tech/ntufib124pr.html Citizens for a Sound Economy
: Gov’t Proposes Takeover of Microsoft Independent Institute : Winners,
Losers & Microsoft Americans for Technology Leadership Association for Competitive
Technology http://www.liberation.fr/microsoft/actu/20000531merz.html Selon Amnistia, le montant des
operations de lobbying de Microsof (entre les " généreuses "
donations en direction de la classe politique et les conséquents
honoraires versés aux principaux cabinets de " lobbyistes ")
avoisinerait déjà le milliard de dollars.
Soucieux de présenter le Parti républicain comme le champion de la Nouvelle économie, le speaker de la Chambre des représentants américaine, Dennis Hastert, a proposé, avant l'été, la prorogation jusqu’en 2006 du moratoire sur les taxes sur les ventes en ligne qui devrait prendre fin le 21 octobre 2001. Hastert suggère également de supprimer les taxes d’accès à internet ainsi qu’un impôt fédéral de 3% sur les télécommunications. " La question que doivent se poser les électeurs (...) est simple : quel parti est le mieux à même de promouvoir avec succès la nouvelle économie ", souligne le Speaker. En 1998, le Congrès avait
adopté un moratoire de trois ans sur la taxation des ventes électroniques.
Actuellement, toute personne souhaitant faire du commerce sur internet
est soumise à impôt dans les seuls cas où elle dispose
d’un magasin ou d’un entrepôt dans la juridiction son client.
Votes à vendre Les Américains jouent la provocation à trois mois de l'élection présidentielle. Entre cynisme et corruption, Internet apparaît comme un moyen d'affirmer son désintérêt pour la vie politique. Les instigateurs de auction.com prétendent pointer du doigt les dysfonctionnements de la démocratie actuelle. Poussant jusqu'au bout leur raisonnement cynique, ils prétendent, grâce à l'argent, donner plusieurs voix à une seule personne. Le principe est simple : l'électeur propose son vote sur le site. Il est regroupé avec d'autres électeurs du même État et n'importe qui, entreprise ou particulier, peut faire monter les enchères, qui sont mises à prix à 100$ US, pour acheter l'ensemble des votes de l'État. Grâce au système américain du " mail in absentee ballot " (un vote par procuration), les électeurs envoient leur bulletin de vote aux responsables de Voteauction.com et ceux-ci se chargent de vérifier qu'ils ont bien voté pour le candidat que soutient le vainqueur de l'enchère. Les électeurs se partagent ensuite la somme finale de l'enchère. Un dénommé "apragmatic" avait mis en juin dernier son vote aux enchères sur eBay, faisant des émules dès le lendemain. Il désirait surtout faire réagir les électeurs et les politiques sur la corruption. "Les députés et les sénateurs vendent régulièrement leur vote au plus offrant. Démocratie à vendre!", argumente-t-il. Pourquoi les électeurs ne pourraient-ils pas faire de même? La commission électorale fédérale à Washington a réagi tres vite. Averti, eBay a supprimé les offres. Selon la loi fédérale, un vote n'est pas à vendre. Avant d'être invalidées par eBay, ces propositions avaient enregistré des enchères - sérieuses ou non - allant de 5 à 10 000 dollars. Le site Voteauction a été fermé peu de temps après son lancement en août. Cela n'a pas empêché James Baumgartner, l'étudiant responsable de sa "création", de le revendre le 22 août à un homme d'affaires autrichien, Hans Bernhard. Celui-ci s'est empressé de déménager le site sur un serveur en Bulgarie, d'où il mène ses affaires en toute impunité. Fini, le temps de l'expérimentation. Désormais, les internautes peuvent lire sur la page d'accueil de Voteauction : "Nous croyons que l'industrie des élections américaines fournit de nouvelles opportunités aux investisseurs étrangers. Nous avons racheté Voteauction pour déterminer les revenus potentiels de cette industrie". Depuis son rachat, le site a enregistré 639 transactions, pour un total de 14 700 $ en surenchères ( 90 000 francs). http://www.zdnet.fr/cgi-bin/a_actu.pl?File_ini=a_actu.zd&ID=15603
Lors des primaires, et spécialement lors du Super-Tuesday, les estimations établies grâce aux sondages sortie des urnes étaient disponibles sur le Web, avant l'heure de fermeture des bureaux de vote. Ces sondages-sortie des urnes permettent de prédire l'issue du vote. Ils sont menés aux États-Unis) par un consortium de chaînes de télévision et l'agence Associated Press, le Voter News Service (VNS). Les médias américains (comme leurs homologues français) utilisent les résultats pour préparer leur couverture et concentrer leurs ressources sur les points chauds de la journée. Outre l'incorrigible Matt Drudge, National Review et le netmagazine Slate (propriété de Microsoft) figurent parmi ceux qui ont diffusé, pendant les primaires, les résultats de ces sondages avant la fermeture des bureaux de vote. VNS menace de poursuivre les diffuseurs de cette information dont elle détient les droits. La diffusion de l'issue du vote peut exercer un possible effet de dissuasion des électeurs qui pourraient décider, selon ces résultats hâtifs, de ne pas voter, avec des raisonnements du genre "Mon candidat est sûr de gagner, pas besoin d'aller voter", ou encore "Mon candidat va perdre, mon vote ne changera rien". Lors des dernières élections russes, le même problème avait eu lieu. L'élection du 7 novembre sera serrée. La diffusion prématurée de ce type de résultats pourrait peser sur le résultat final. Reuters : Exit polls available
online Matt Drudge National Review Slate
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