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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Elections : 1999-2007 > Presidentielles 2002 > Barrage au Front national > Le projet social de Jean-Marie Lepen : le candidat le plus riche propose une France pour les riches | |
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Première publication : 29 avril 2002, mise en ligne: lundi 29 avril 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Sécurité sociale : le démantèlement Comme dans d’autres domaines, le programme de Le Pen favorise ceux qui ont les moyens et pénalise ceux qui n’en ont pas. Le sécurité sociale (ou ce qu’il en restera) offrira une protection de base négligeable et pour le reste ceux qui seront assurés en plus seront remboursés les autres non. Une telle mesure profite seulement aux plus riches, les petits salaires et les salaires moyens n’auront pas les moyens de se payer une assurance privée. C’est pareil pour les retraites. Puisque celles-ci ne seront plus garanties par des cotisations sociales plus faibles, « des régimes complémentaires d’épargne- retraite, par métiers, professions, entreprises, branches, seront encouragés à se créer par l’État ». Là aussi, ceux qui auront les moyens de cotiser s’en sortiront bien. Et les petits salaires, comment feront-ils ? Le programme de Le Pen prévoit de réduire les dépenses sociales de 38 milliards d’euros (250 milliards de francs) sur 10 ans. Encore une fois, tout ira bien pour ceux qui auront les moyens et qui n’ont pas besoin de protection sociale. Les 250 milliards de Francs seront économisés d’abord sur les petits salaires. Impôts : faire payer les pauvres Ce que dit le FN : « Supprimer progressivement l’impôt sur le revenu ». Une fois de plus, il s’agir de favoriser les plus riches. Beaucoup de gens ne payent pas du tout d’impôts sur le revenu. Beaucoup d’autres en payent très peu. Quelques-une en payent beaucoup : c’est à ces riches-là que Le Pen veut faire plaisir. D’ailleurs, il le confirme en proposant la suppression de l’impôt sur la fortune (qu’il paye lui-même) et en proposant aussi de « supprimer les droits de succession au sein de la famille ». C’est-à-dire dans les deux cas en faisant cadeau à ceux qui n’en ont déjà pas besoin. Qui paiera ? Devinez ... Travail et salaires : plus de flexibilité, moins de garanties En plus de la suppression des lois Aubry, le programme du FN prévoit que « la législation du travail sera modifiée de manière à tenir compte des spécificités sectorielles et à permettre, de manière négociée par branches et par métiers, la définition d’horaires adéquats avec les besoins professionnels, les impératifs saisonniers de la production ou de la distribution, les souhaits des salariés (mi-temps, quatre-cinquièmes de temps...), les rythmes de consommation. ». Et pour casser encore plus les possibilités de négociation des salariés, Le Pen veut favoriser le recours au temps partiel : « en assortissant le recours au temps partiel ou au temps choisi d’exonérations de charges sociales. ». C’est-à-dire que plus le patron exploitera le travailleur et moins il paiera de taxes. Pire, le programme prévoit de « rapprocher les statuts du salarié et du travailleur indépendant », de faire en sorte en vérité que le travailleur soit taillable et corvéable à merci. Le travail indépendant, formule heureuse pour quelques professions, enlève au salarié toutes les garanties dont il dispose, en particulier les garanties contre le licenciement. Pour les travailleurs, Le Pen c’est le cauchemar assuré. Chômage et préférence nationale Réserver le travail de préférence aux Français ? Il y a 1,5 millions d’étrangers qui travaillent en France dont certains sont ingénieurs, chefs d’entreprise, cadres de haut niveau, médecins, etc. Va-t-on leur interdire de travailler pour donner leurs postes à des Français ? Non, même Le Pen n’ose pas le dire. Alors ? Alors le FN dit que « les chômeurs étrangers en fin de droits devraient retourner chez eux ». D’abord, s’ils sont chômeurs, ils ne prennent pas le travail d’un Français. Et ils sont seulement 250.000 pour près de 3 millions de chômeurs. Femmes : pondeuses, soumises et au foyer Que dit le FN ? « Abroger les lois sur l’avortement » : toutes les femmes qui doivent en arriver à ce dernier recours, difficile et traumatisant, deviendront du jour au lendemain des délinquantes. Leur rôle est de pondre des enfants pour « pour assurer le maintien de la population française de souche » que cela leur plaise ou non. Pour faire revenir les femmes au foyer le FN propose le « statut de la mère de famille ». Sous couvert d’un revenu, ce statut qui prive la femme d’une autonomie économique la soumet à son mari. De là découleront toutes les pressions pour que les femmes abandonnent leur travail et celles qui n’auront pas assez d’enfants seront des mauvaises femmes. En revenant sur la loi Veil, le FN rendra plus difficile le divorce dont il considère qu’il « fragilise la société française ». [JB] |
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