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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Réduire les inégalités numériques : débats, diagnostics, leviers... > Fracture ou inégalités numériques : un débat mondial... Diagnostics et analyses > Etats-Unis : Les pauvres sont encore une minorité en ligne. | |
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2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le nombre des foyers dont le revenu est inférieur à 25.000 dollars et qui ont accès à l’internet a augmenté de 50% au cours de l’année dernière mais ils ne représentent encore que moins de 10% de la population totale. De plus, les pauvres ne naviguent pas sur les mêmes sites que les riches. Ils se concentrent sur les sites sur lesquels on peut trouver un emploi et sur les sites de vente aux enchères alors que les plus riches préfèrent les sites de divertissement, de sports et de voyages. Ayant plus d’expérience ils visitent moins de sites et vont directement à ce qu’ils cherchent.
C’est un rapport du National Telecommunications and Information Administration (NTIA), "Falling Through the Net : A Survey of the "Have Nots" in Rurual and Urban America" qui a porté dans le débat public, en juillet 1995, la notion de "fossé numérique". Le rapport de 1995 a été actualisé en 1998 ( "Falling Through the Net II : New Data on the Digital Divide" ), puis en 1999. Avec "Falling Through the Net : defining the Digital Divide" Cette troisième étude sur la pénétration des TIC au sein des foyers américains examine en détail les inégalités existant entre les ménages "info-riches" et "info-pauvres".
L’étude souligne que ces écarts sont plus importants que ceux que l’on observait en 1994 et 1997. Entre autres, l’écart entre le branchement des ménages appartenant à la plus faible tranche de revenu et celui des ménages se situant dans la tranche de revenu la plus élevée a augmenté de 29%. http://www.ntia.doc.gov/ntiahome/digitaldivide/ http://www.infometre.cefrio.qc.ca/fiches/fiche62.asp Le niveau de revenu est un facteur discriminant Selon une étude de Jupiter Communications Inc, moins de la moitié des ménages dont les revenus moyens sont inférieurs à 15.000 dollars (soit environ 19% de la population américaine), feront partie des internautes en 2005, note la société de recherche spécialisée dans l’internet. Si un écart croissant continue d’exister entre les groupes selon leur race et leur âge, les disparités les plus remarquables se situent entre les ménages à hauts revenus et les ménages à bas revenus. Les ménages dont les revenus excèdent 75.000 dollars continueront à représenter le segment le plus important : 15 millions d’entre eux seront connectés à internet à la fin 2000. Ce nombre devrait approcher les 20 millions en 2005, contre 3 millions pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 15.000 dollars. L’écart est également significatif entre les différentes races, bien que Jupiter prévoit qu’il aura fortement diminué en 2005. Actuellement, environ 60% de plus de ménages blancs que de ménages afro-américains sont connectés à internet, tandis que le taux de pénétration d’internet chez les Afro-Américains et les Hispano-Américains est respectivement de 30 et 33% en 1999. Des différences significatives existent également selon les tranches d’âge. Les enfants âgés de 2 à 12 ans et les personnes âgées d’au moins 65 ans sont largement en dessous de la moyenne nationale. Le nombre d’enfants connectés à internet devrait passer de 32% en 2000 à 62% en 2005, et celui des seniors de 16% en 2000 à 48% en 2005. Cependant, les adultes âgés de 50 ans et plus, qui utilisent internet seront 23 millions en 2000. Il constitue ainsi un segment plus important que celui des enfants (14 millions), celui des adolescents (13 millions) et celui des étudiants (12 millions). Le "fossé numérique" est aussi racial 47 % des Blancs et 55 % des Asiatiques vivant aux États-Unis possèdent au moins un ordinateur, contre moins de la moitié des Noirs et seulement un quart des Hispaniques. Ce "fossé numérique", comme l’appelle le département du Commerce, va même en s’élargissant, avec une aggravation de plus de 6 % par rapport à 1994. Les "info-riches" sont généralement Blancs ou d’origine asiatique, dotés de bons revenus, d’une éducation supérieure, tandis que les "info-pauvres" sont plutôt Noirs ou Hispaniques ; sans emploi, ils ont un faible niveau d’instruction et de maigres revenus quand ils ne vivent pas carrément en-deçà du seuil de pauvreté (16 000 dollars - environ 100 000 F - par an pour une famille de 4 personnes). Le "fossé numérique" n’est pas toujours fondé sur le niveau de revenu, affirme l’étude. Dans une tranche de revenus donnée, les Noirs ont tendance à acheter moins d’ordinateurs que les Blancs. Malgré la dégringolade des prix des PC enregistrée aux États-Unis, les Noirs sont encore réticents à se mettre en ligne. " Je ne crois pas vraiment qu’[ils] soient convaincus de l’avantage qu’il y a à être en ligne, ils pensent que c’est trop technique, or c’est aussi facile à utiliser que la télé ", estime Trevor Farrington, directeur de African American Internetwork, un site web afro-américain, comme son nom l’indique. http://www.zdnet.fr/actu/inte/a0010060.html "De multiples indications montrent que nous nous dirigeons vers une société plus polarisée et le fossé continue à être défini par la race et l’appartenance ethnique même en l’an 2000" a déclaré Laura Trupind, auteur d’un rapport sur la santé et le travail en Californie. o En Californie par exemple 15% des Latinos ont terminé l’université contre 36% des noirs, 46% des blancs et 64% des Asiatiques. La probabilité de voir les Latinos (ils constituent le tiers de la population active de l’État) utiliser un ordinateur au travail est la moitié de ce qu’elle est dans le cas des blancs. Noirs et Latinos ont tendance à exercer des emplois mal rémunérés. Racial Divide In Boom Time, Study Reports Black, Latino workers left behind in state’s economic expansion http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi ?file=/chronicle/archive/2000/09/05/MN8843.DTL http://www.netsurf.ch/archives/2000/00_09/000906nt.html Les contenus d’Internet inutiles ou inadaptés aux minorités et aux plus démunis Children’s Partnership, une association à but non lucratif, insiste sur un point particulier : le contenu du Web ignorerait 20 % de la population totale des Etats-Unis. Selon cet organisme sans but lucratif de Washington, la majeure partie des contenus sur Internet est peu utile aux pauvres et aux individus souffrant de faibles capacités de lecture. Ces derniers sont estimés 44 millions aux États-Unis. Après avoir passé un an à interviewer des internautes et à visiter un millier de sites Web, les auteurs de l’étude arrivent à la conclusion suivante : des informations locales et communautaires limitées, plus particulièrement pour la recherche d’emploi et de logement ; très peu d’informations disponibles dans une langue simple, accessible aux 44 millions d’Américains ayant des problèmes de lecture ; peu de contenus dans des langues autres que l’anglais ; et un manque de diversité culturelle. Children’s Partnership agite un chiffre : les Américains à "bas revenus" disposent tout de même d’un pouvoir d’achat global de 300 milliards de dollars...
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