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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > Quel avenir pour France Telecom ? > Selon AlterEco : "des bases solides pour envisager l’avenir avec une relative sérénité" | |
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vendredi 20 septembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Alternatives Economiques est assez optimiste quant aux fondamentaux de France Telecom. "Après l’apurement de ses comptes, l’opérateur historique français semble posséder des bases solides pour envisager l’avenir avec une relative sérénité : un marché domestique dans le fixe bien tenu et un opérateur mobile déjà très internationalisé. A noter ce diagnostic : " La téléphonie fixe reste en effet presque un monopole naturel à cause de la boucle locale ". (...) Des stratégies trop ambitieuses Depuis quelques semaines, les annonces de résultats pour 2001 des différents opérateurs européens de télécoms prennent en effet l’allure d’une litanie de chiffres calamiteux.
La dette explose Les opérateurs paient le prix de leurs stratégies ambitieuses de croissance externe et d’investissements considérables dans les technologies émergentes, dont certaines tardent à concrétiser leurs promesses, comme l’Internet et surtout l’UMTS. Du coup, ils ont vu leur dette exploser. Celle de Telefónica atteint 34,8 milliards d’euros. La palme revient cependant à Deutsche Telekom et à France Telecom, avec respectivement une ardoise de 97,4 milliards d’euros et de 98,2 milliards d’euros. Les frais financiers engendrés par cet endettement sont considérables : pour France Télécom, ils ont doublé l’an dernier pour atteindre 4 milliards d’euros, ce qui représente le tiers de l’excédent brut d’exploitation. Et BT, bien qu’il ait réussi à ramener sa dette de 53 milliards à 42 milliards d’euros en un an, a dans le même temps vu ses frais financiers s’accroître de 1,3 milliard à 1,8 milliard d’euros. Quant à Telecom Italia, sa dette ne dépasse pas 16,9 milliards d’euros, l’opérateur s’étant peu tourné vers l’international. (...) Avec l’ouverture à la concurrence du marché européen des télécoms, les anciens monopoles publics ont dû livrer un véritable combat pour leur survie. Ils sont confrontés à la fois aux opérateurs privés qui ont vu le jour avec la dérégulation et aux autres opérateurs historiques. Entre gros opérateurs historiques, la guerre du téléphone fixe n’a cependant pas encore vraiment eu lieu. Seuls les " petits " opérateurs historiques se sont risqués dans cette bataille : le belge Belgacom et Telecom Italia via sa filiale 9 Télécom ont ainsi tenté de se faire une place sur le marché français. Sans grand succès : France Télécom conserve aujourd’hui des parts de marché écrasantes pour toutes les catégories d’appels et Belgacom a cédé sa filiale française à LDCom, tandis que 9 Télécom est à vendre. En fait, " il n’y a pas d’exemple d’offensive d’un opérateur historique dans le fixe à l’étranger qui soit une véritable réussite, constate Pierre Péladeau, directeur chez Booz Allen Hamilton, cabinet de consulting. La téléphonie fixe reste en effet presque un monopole naturel à cause de la boucle locale ". Les yeux plus gros que le ventre Il était en effet peu réaliste d’imaginer que chaque nouvel opérateur sur le marché allait s’engager dans les investissements considérables nécessaires pour couvrir le " dernier kilomètre " et poser sa propre prise de téléphone chez tous les usagers. Certes, chaque opérateur historique est contraint au dégroupage depuis le 1er janvier 2001 : il doit laisser ses concurrents utiliser ses propres lignes pour y dispenser leurs services. Mais cela reste une opération très lourde pour les nouveaux opérateurs, d’autant plus que les opérateurs historiques ont, dans la plupart des pays européens, développé des trésors d’inventivité pour retarder le plus possible le moment où ils donneraient un accès effectif à leurs lignes. Quant à l’alternative que représenterait la fusion entre opérateurs historiques, la situation est bloquée depuis l’échec de la tentative menée par Deutsche Telekom sur Telecom Italia. Et Telecom Italia, qui avait pris 30 % de Telekom austria, devrait d’ailleurs s’en retirer prochainement. La fusion de Telia et Sonera en Scandinavie est l’exception qui confirme la règle. En revanche, du côté de la téléphonie mobile, les possibilités de redistribution des cartes étaient plus fortes. Le mobile, un marché en forte croissance, nécessite en effet moins d’investissements que le fixe et il est source de plus d’économies d’échelle. Or, au bout du compte, peu d’opérateurs historiques ont réussi leur percée dans le mobile... hormis France Telecom. (...) Priorité à la rentabilité L’endettement de tous les opérateurs les contraint aujourd’hui à donner la priorité à la rentabilité plutôt qu’à la croissance. La plupart freinent leurs investissements : Telefónica a réduit son effort d’investissement de 7,9 % en 2001 et Deutsche Telekom prévoit de le baisser de 10 % en 2002, tandis que BT a annoncé son intention de le limiter à moins de 3 milliards de livres sur les trois prochaines années. Mais les opérateurs sont aussi contraints de céder leurs actifs les moins stratégiques, et donc souvent de renoncer à leur internationalisation. (...) Après l’apurement de ses comptes, l’opérateur historique français semble posséder des bases solides pour envisager l’avenir avec une relative sérénité : un marché domestique dans le fixe bien tenu et un opérateur mobile déjà très internationalisé. (...) Marc Chevallier Alternatives economiques, septembre 2002
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