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L’envol des dépenses militaires américaines entraine celui des dépenses en R&D
mercredi 11 septembre 2002

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Le president americain George W. Bush a transmis au Congres un projet de budget 2003 marque par les attentats du 11 septembre, dans lequel il demande la plus forte hausse des depenses militaires depuis Ronald Reagan pour mener la guerre contre le terrorisme et renforcer la securite interieure du pays. Ce budget de 2.130 milliards de dollars au total, pour la periode allant d’octobre 2002 à septembre 2003, octroie au Pentagone une enveloppe de 379 milliards de dollars (environ 18% du total), en progression de près de 15% ou de 48 milliards de dollars comparativement à 2002. "

L’accroissement structurel sur 5 ans du budget du Département de la défense comporte une part très significative de soutiens indirects ou direct à l’industrie y compris civile

Chiffres globaux Voir en particulier les tableaux synoptiques à la fin, la part de marchés publics dans les dépenses discrétionnaires, et la part R&D)

-  Chemical Biological Defense. $465 million added - including $300 million for better capability to detect, mitigate, and respond to biological incidents. (sujet pour la politique en matière de biotechs, à la fois comme normes de sécurité qui peuvent en résulter, et comme mode de soutiens indirects, localisant des équipes et de la propriété industrielle puis du capital risque à terme) 3

-  Science and Technology (S&T). $9.9 billion, 2.7 percent of the DoD topline

2002 2003 2004 2005 2006 2007
Procurement 61.1 68.7 74.7 79.1 86.9 98.9
RDT&E 48.4 53.9 57.0 60.7 58.9 58.0

Voir par exemple dans le budget 2003 le poste " Intelligence and Communications " : 8,497,434 k$ en 2003 9,325,149k£ en 2004 11,582,389k$ en 2005

Cette intensification est compensée par la baisse du poste " Support of Other Nations (8,714k$ 3,808k$ , 4,390k$) ce qui met le poste " coopération internationale " à sa juste place de 81 millionièmes du total en 2005

-  Le poste R&D proprement dite lui s’envole ainsi :

Research and Development 28,971,314k$ 34,274,746k$ 36,841,060k$ : 27% en 2 ans.

On y trouve des travaux sur les matériaux, sur la chimie, sur l’ingénierie, sur la logistique, sur les systèmes médicaux, sur la télédiffusion, sur le contrôle aérien, plusieurs postes " information technology development " et internet nouvelle génération, de la recherche sur le logiciel (en croissance très rapide à 425 M$), un poste explicite " commerce électronique ", un poste sur la recherche acoustique, un reliquat de poste " small business initiative " etc.

-  Les postes NSA et Defense Security Agency ne sont pas chiffrés dans ce cadre.

Les liens entre ruptures technologiques et croissance sont bien connus et largement documentés. Ceux entre défense et technologies à usage civil ont fait l’objet d’une abondante littérature, tendant à limiter les effets de la R&D de défense sur les évolutions civiles, dans les années 90.

Mais si on considère une période plus longue, le paysage est très différent, et les ruptures sont précisément observables dans les périodes de crises.

En voici une . l’Europe, et en son sein les principaux Etats membres susceptibles de faire face, ne devraient pas, s’ils entendent peser d’un poids quelconque dans le processus décisionnel global, l’oublier ; sauf à financer, via l’accroissement du déficit américain sur lequel ils n’ont guère de prise, une croissance dont ils ne bénéficieront qu’au second ordre, et dont la plupart des pôles de décision stratégique leur échapperont, sans courroie de rappel démocratique : ce serait une provincialisation, au sens étymologique ". TGV


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