Temps Réels Nous contacter Qui sommes-nous ? Observatoire des usages politiques et militants de l'internet
Nous rejoindre Lettre de Temps Réels
Dossiers et débats Liens
Positions et propositions Plan du site
   
# Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > Quel avenir pour France Telecom ? > France Télécom : Cacophonie syndicale
 
 
# DANS LA MEME RUBRIQUE :
# Scénarios pour France Télécom. Séparation structurelle ? (Débat)
# Scénarios pour France Telecom (débat 1)
# Selon AlterEco : "des bases solides pour envisager l’avenir avec une relative sérénité"
# Michel Volle : France Telecom : sortir du gouffre
# La séparation des activités de l’opérateur historique
# L’ART écarte l’hypothèse d’une séparation structurelle.
France Télécom : Cacophonie syndicale
jeudi 12 septembre 2002

Imprimer cet article | Cet article au format PDF

Face aux mauvais résultats de l’entreprise, les syndicats se divisent sur les remèdes à apporter.


-  Pour la CGT, la situation financière catastrophique de France Télécom (FT) a une origine : la politique d’internationalisation à outrance de l’entreprise. Et un responsable : l’Etat. " Chacun est à même de constater que les nombreuses acquisitions du groupe sont loin d’avoir eu les résultats escomptés. Si elles ont gonflé le chiffre d’affaires, elles ont été opérées dans un contexte boursier de folie. Les garanties financières sont passées au second plan et la facture se paie aujourd’hui cash ", commente l’administrateur CGT de la société, Jean-Michel Gaveau. Pour lui, " c’est bien l’Etat, en tant qu’actionnaire majoritaire, qui a systématiquement donné son aval, voire encouragé " cette stratégie suicidaire. L’acquisition de la licence UMTS est également sur le banc des accusés. Pour l’administrateur CGT, la solution à la situation catastrophique du groupe passe par la prise en compte du contexte européen. Dans le cas de Mobilcom, il préconise une table ronde réunissant les Etats allemand et français, car " 5 000 emplois son en jeu ". Au-delà, le règlement de la " dette astronomique de FT est envisageable sur le long terme par sa renégociation et son rééchelonnement auprès des banques. L’Etat doit peser en ce sens. Dans l’immédiat, il faut stabiliser le secteur par une réappropriation publique. Et pas une renationalisation, qui serait un retour à des schémas étatistes ayant montré leurs limites ", poursuit Jean-Michel Gaveau. L’administrateur défend l’idée d’instances de décisions groupant, entre autres, l’Etat, les salariés et les usagers. Il revendique également " la garantie de l’emploi dans le groupe ". Enfin, il dénonce " la rétention d’informations " organisée, selon lui, par la direction autour du conseil d’administration prévu aujourd’hui.

-  CGC : c’est la situation " du personnel et des cadres " qui inquiète le syndicat. Selon Jean-Pierre Forbé, délégué syndical CGC à France Télécom, le problème serait la situation bancale de FT : " Ni entreprise publique,elle ne peut offrir la protection du statut de fonctionnaire à l’ensemble de ses agents, ni société véritablement privée, elle ne donne pas non plus les garanties du droit du travail à la majorité de son personnel. " En cause, selon lui : la non-poursuite par la gauche de la privatisation de FT engagée par la droite avant la dissolution de 1997. Mais la CGC affirme ne pas vouloir remettre en cause radicalement le statut de fonctionnaires de 90 % des agents de FT, qui a " évité, nous en sommes conscients, des vagues de licenciements massifs ces dernières années ".

-  A contre-courant, la CFDT reste fidèle à la stratégie d’expansion du groupe. " La politique d’achat du groupe, présentée, il y a six ans, par Michel Bon, était la bonne. Nous l’avons soutenue, car France Télécom était sur le point de perdre le monopole sur son ancien métier, la téléphonie fixe. Et les évolutions technologiques imposaient cette optique, garante du maintien de l’emploi au sein du groupe ", assure l’administrateur CFDT, Jean-Claude Desrayaud. Toutefois, pour le cédétiste, " certains achats ont été pour le moins mal gérés, comme celui de NTL, que j’avais désapprouvé. Les achats d’Orange et de Mobilcom ont eu lieu en pleine bulle spéculative. Cette bulle était beaucoup trop élevée, et elle a crevé de manière brutale et difficilement prévisible ". Pour autant, l’administrateur s’oppose à tout démantèlement du groupe. Comment alors sortir de l’ornière ? La CFDT réclame de la part de l’Etat un effort d’urgence de 10 à 15 milliards d’euros sous forme de prêt garanti. En ce qui concerne la question du statut de l’entreprise, le représentant cédétiste est favorable à un certain statu quo. Ni renationalisation, " une solution dépassée face à la situation concurrentielle " de l’entreprise, ni privatisation totale.

-  Pour FO , l’Etat doit prendre ses responsabilités. Selon la Fédération des postes et télécommunications, l’Etat " doit conserver plus de la moitié du capital ". Car les salariés ne sauraient " faire les frais des erreurs stratégiques qui ont conduit France Télécom au bord du gouffre ". L’administrateur FO, René Dupuy, va plus loin en réclamant que l’Etat " garantisse ses emprunts ".

-  SUD PTT se démarque. Ce syndicat est le seul à réclamer la renationalisation de France Télécom. Selon l’administrateur Alain Baron, il est urgent de " couper avec la pression des marchés financiers pour rehausser la note de France Télécom et réduire les frais financiers ". Pour lui, le fait que l’Etat soit majoritaire constitue le principal atout de France Télécom. Et la renationalisation ne coûterait pas plus cher que la recapitalisation : " Mieux vaut mettre 7 milliards pour en être propriétaire plutôt que d’habiller la mariée pour la revendre à un autre. " Autre nécessité : répondre aux besoins en termes de mobile et d’accès à l’Internet haut débit sur l’ensemble du territoire. " Le cas de France Télécom est symbolique, souligne pour sa part Verveine Angeli, secrétaire fédérale de SUD PTT. C’est tout le débat des services publics dans l’énergie et les télécommunications qu’il faut relancer ", exemples anglais et américains à l’appui. " Avant l’ouverture du capital, le taux de satisfaction des usagers était très élevé, se souvient Verveine Angeli. Aujourd’hui, le groupe serait en faillite si l’Etat n’était pas là. " Une chose est sûre : " Il faut rompre avec la loi du marché, néfaste pour les services publics ".

Carine Cheval et Pierre Calmeilles L’humanité, 12 septembre


Imprimer cet article | Cet article au format PDF

 

* *

[Retour à la page d'accueil]