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Vous êtes ici : Accueil > Observatoire des usages politiques et militants de l’internet > Internet, outil et théatre des campagnes électorales > France : Présidentielles et législatives 2002 > La campagne en ligne de Lionel Jospin > Jugements contrastés sur le site de Lionel Jospin | |
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lundi 22 avril 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF L’accueil de la presse, lors du lancement du site de campagne de Lionel Jospin a été assez frais. Le ridicule virtuel ne tue pas "Lionel Jospin dispose depuis hier d’un bout de Web tout à sa gloire, son site officiel de campagne. Rien ne dépasse : on trouve le "projet", un "abécédaire" des déclarations du candidat et une biographie avec quelques photos des années 70, époque coupe de cheveux à la Jackson Five. Hier, plusieurs fonctions restaient inopérantes, comme les forums ou le "commentaire de M. Vouzémoi", censé agrémenter l’ensemble. Reste une rubrique fascinante : la possibilité d’envoyer une "e-carte", sorte d’oeuvre d’art pompier où l’internaute découvre un Jospin crispé, posant sur fond bordeaux, avec Ensemble de Jean-Jacques Goldman en accompagnement sonore pour galvaniser les foules. Sublimement grotesque." Libération Lioneljospin.net : encore un effort ! Le parti socialiste est confiant. Olivier Faure qui anime avec Patrick Bloche le site lioneljospin.net aussi. D’ordinaire directeur de cabinet de François Hollande, premier secrétaire du PS, Olivier Faure, veste noire et col roulé, prend la mesure du rythme éreintant de la publication quotidienne. Il revient sur les critiques formulées dans la presse à propos du site et présente son "journal militant". 6 500 abonnés à la lettre d’info quotidenne, 450 000 euros de budget, 30 à 40 personnes travaillant sur le site, une fierté à peine cachée, Olivier Faure se veut rassurant et martèle "qu’Internet n’est ni un gadget ni un appendice de la campagne" mais bel et bien "un objet intégré à la campagne". Peut-être, mais pas depuis longtemps alors : lorsqu’on entre dans la salle Jean Poperen, salle du siège du PS dédiée à la production du site, l’activité est loin d’être folle. Les cartons des i-macs roses tout neufs sont encore posés à terre, la marionnette de Monsieur Vouzémoi est accrochée au paper board et seulement deux personnes planchent devant leurs écrans. A priori la fête est ailleurs, dans une autre pièce, où se tient une réunion du bureau national du PS. En réponse aux critiques et à nos questions, Olivier Faure assure que son bébé va se nourrir au fur et à mesure de la campagne. On l’espère car à 39 jours de l’élection, aucune trace du programme de Lionel Jospin n’est en ligne. Au cours de la campagne, les jugements évoluent. Moins tranchés. Voire positifs. TF1 : Jospin, une campagne très Net Lioneljospin.net est ouvert et contrairement à la majorité des sites des présidentiables, il devrait tenir un véritable rôle dans la campagne électorale. Ménageant le suspens, c’est un compte à rebours digne du lancement d’une fusée, qui a accueilli les premiers internautes. Lioneljospin.net a débuté d’emblée avec la diffusion en vidéo et en direct de l’allocution du candidat. Composé de cinq étages, le site rassemble des textes de soutiens, un journal de campagne, une biographie, des espaces d’expressions pour les visiteurs et évidemment les éléments du programme du candidat Jospin. L’outil Internet maîtrisé Le nain "d’Amélie Jospin"- En terme de maîtrise de l’outil Web pour communiquer, le site de campagne du candidat PS fait presque un sans faute. On y retrouve une carte électronique sonore animée par un monsieur "Mr Vouzémoi" que l’on peut envoyer à ses amis, des "goodies" comme un économiseur d’écran, des éléments graphiques (affiches, icônes pour l’ordinateur du parfait militant...). Une place est déjà réservée pour l’arrivée de forums de discussion et d’un module de discussion en direct. Le site sert même de base de recrutement pour de futurs militants de campagne. Évidemment comme pour tous les sites, les textes n’ont pas été pensés pour le Web. Trop longs, ils sont difficilement lisibles sur un écran. La technologie n’est pas non plus au rendez-vous puisque aucun contenu flash ou interactif n’est accessible. Le projet semble assez ambitieux puisqu’une mise à jour quotidienne est promise... Un pari qu’aucun autre site n’a réussi jusqu’à présent à tenir. Place publique : Grande sobriété La première impression qui se dégage du site de campagne de Lionel Jospin est sa grande sobriété : le choix du bordeaux comme unité de ton peine à égayer ce site sans " chichis ", qui par ailleurs ne comporte que quelques petites vignettes photos en illustration au journal de campagne. Un petit effort sur la charte graphique aurait pourtant apporté une touche de dynamisme. Sur le plan du contenu, le parti pris de relayer la campagne au travers d ?un journal quotidien offre un regard " pluriel " grâce à la diversification des modes de traitement de l ?information (brèves, zooms, interviews, reportages) et des supports. La vidéo y tient une place importante : des petits flashs agrémentent le contenu des différentes rubriques. Un regret néanmoins quant à la présentation du candidat et de son programme. Celui-ci perd de son poids en raison des féquentes allusions au candidat " ennemi " : Jacques Chirac. Le dénigrement de l’adversaire tient une place trop importante, jetant un discrédit certain sur le " sérieux " du site de campagne. Les " petites phrases assassines " ont-elles réellement leur place aux côtés du débat d’idées.Le site de campagne de l’actuel premier Ministre a-t-il vocation à devenir une arène pour ce duel bassement politicien ?
Le site joue pleinement son rôle dans la net-campagne de Lionel Jospin. Entièrement dédié à sa candidature, on y trouve l ?attirail classique pour " agir en ligne ", " participer à la campagne " (en remplissant un formulaire), ou encore télécharger des bannières, tracts et affiches. De nombreux efforts on été mis en oeuvre pour aider les internautes à " découvrir le vrai visage du candidat " dixit Noelle Chatelet, soeur de Lionel Jospin qui s’exprime à ce sujet sur le site. Outre les témoignages des proches - la soeur du candidat qui nous livre des secrets de famille dans une interview vidéo, Guy Roux qui " parle de Lionel au service militaire " -, on peut y lire une biographie très complète, organisée selon une chronologie détaillée. La presse est chouchoutée. Un espace, accessible grâce à un login et à un mot de passe, est réservé aux journalistes : tout y est organisé pour faciliter le suivi de la campagne. Positionnement dans la campagne
Implication ou site impersonnel ? Le " je " et le " il " se côtoient sur le site. Il s’agit de contenus produits par l’équipe éditoriale elle-même ou des personnalités du comité de soutien, et par des morceaux choisis des prises de position du candidat. De larges extraits de son dernier ouvrage " Le temps de répondre " livrent les grandes lignes de son programme. Interactivité ? L’interactivité est au rendez-vous avec de multiples formulaires : pour soutenir le candidat, lui écrire, ou encore recommander un article, une affiche, un commentaire à un ami. L’originalité du forum réside dans l ?implication des proches collaborateurs du candidat qui interviennent sur les thématiques dont ils sont spécialistes. Julien Dray, par exemple, intervient largement sur le forum relatif à l ?insécurité. Ouverture ? Le site est tourné sur lui-même et sur le candidat. Aucun lien vers l’extérieur n’est à signaler. Cependant, donner la parole aux proches et aux fidèles du candidat fait preuve d’une certaine ouverture. François Freby :le site lioneljospin.net s’est imposé progressivement comme le meilleur site de la campagne. Comme on pouvait s’en douter dès sa mise en ligne, alors que les premiers articles de la presse pressée descendait bizarrement en flèche les balbutiements du site du Premier ministre-candidat, le site lioneljospin.net s’est imposé progressivement comme le meilleur site de la campagne. Comme le terme "meilleur" se fait complice de la logique de "classement" et de "notation", logique infantilisante qu’adopte un certain nombre de médias, logique le plus souvent accouplée à une ironie condescendante qui déforme l’objet présenté, disons plutôt que le site de Lionel Jospin répond largement, comme d’autres sites d’ailleurs, aux exigences des militants, des sympathisants, des citoyens "infovores", des observateurs qui souhaitent ardemment le développement de la net-politique en France. Fort de ses 5 salariés et des dizaines de militants qui apportent leurs contributions, le site du Premier ministre candidat propose des reportages, des interviews, des comptes rendus, tous publiés exclusivement sur le site de campagne qui, ton systématiquement élogieux mis à part, pourraient constituer de bons articles de presse. On le voit, les critiques selon lesquelles les candidats conçoivent un site de campagne comme une simple "affiche" ou comme un simple dépliant électoral mis en ligne doivent être rayées de la carte ! Ils s’en distinguent par une exhaustivité structurée de l’information et de l’argumentation, par la diversité des moyens de transmission, ainsi que par les dispositifs de réactions et de participations. Il faut enfin ajouter qu’un site de campagne s’inscrit d’emblée dans un champ de forces, le web, qui le confronte avec tous les autres sites que l’internaute peut visiter dans la seconde. Il existe une interactivité structurelle, inhérente à l’espace numérique, qui confère de l’interactivité aux productions qui peuvent en elles-mêmes privilégier une communication descendante et unilatérale. Observatoire de la net-campagne
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