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Internet et campagnes présidentielles ? Comparaisons internationales
lundi 22 avril 2002

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"La net-campagne transforme-t-elle la donne ?" C’est une des questions que se sont posées les participants du 3ème Forum international de la démocratie électronique, réunis à Issy-les-Moulineaux aujourd’hui et hier (Lire "Cliquez, faites cliquer !"). Animé par François Freby, fondateur de l’Observatoire de la net-campagne, la table ronde réunissait Kate Mac Carthy, responsable de la e-campagne du parti travailliste anglais de Tony Blair et Ben Green, ancien directeur des opérations Internet du vice-président Al Gore

Selon Thierry Vedel , "l’offre concernant la campagne est sur-abondante. Tous les candidats ont un site, même si certains sont très élaborés et certains basiques." Le politologue remarquait aussi que ces sites s’étaient orientés "vers une tentative d’implication des militants, aux dépens des programmes", d’où sans doute une "sous-utilisation des fonctionnalités" du Web. pour Thierry Vedel, ce phénomène est lié au caractère "encore très amateur des campagnes en France, contrairement à la professionnalisation massive que l’on peut voir aux USA, par exemple." Si les acteurs du Web politique sont encore amateurs, les internautes français sont-ils plus mûrs ?

Sur une population d’internautes en âge de voter estimée entre "8 et 12 millions de personnes, soit entre 20 et 30 % de l’électorat inscrit, seuls quelques milliers suivent très régulièrement quelques sites politiques. Entre 30 et 50 000 suivent régulièrement quelques sites, et entre 300 et 400 000 consultent occasionnellement au moins un site".

A cela, une raison toute simple : "Pour chercher l’information sur le Web, il faut du temps et des compétences cognitives", ressources inégalement distribuées dans la population. Enfin, Internet subirait lui aussi les lois du "pouvoir médiatique" : "La campagne reste conditionnée par les médias traditionnels. Ce sont eux qui attirent vers les sites." Comme dans la "vrai vie", en somme.

-  Pour le démocrate Ben Green et la travailliste Kate Mac Carthy, un site Internet de campagne est loin d’être un simple outil de communication. Ce sont même des machines à tout faire : on y recrute des militants, on y lève des fonds, on répond à l’adversaire en temps réel, on organise des journées thématiques...

-  Importance stratégique de l’e-mail et du "conversion factor" : sur chaque page de leurs sites, ils incitent le lecteur-militant potentiel à donner son e-mail, afin de constituer une véritable "communauté". Cette communauté est ensuite divisé en "target groups" (groupes cibles), qui reçoivent des messages spécifiques selon leurs intérêts : environnement, retraites, emploi... Pour ce faire, les Machiavel en ligne utilisent des technologies spécifiques, qui indiquent par exemple si les gens ont ouvert leur courrier, s’ils ont cliqué sur les liens qu’il contenait, etc.

-  Mobilisation via le Réseau D’après Ben Green, c’est grâce au mail que l’équipe de George Bush a pu envoyer un grand nombre de militants en Floride, dans les comtés où se déroulaient les fameux recomptages des voix, afin d’entraver la procédure. Le site d’Al Gore, lui, n’avait pas été maintenu au-delà du jour de l’élection, ce que Ben Green considère a posteriori comme une "énorme erreur". Cela entretient au moins la fiction que le Net a fait basculer la présidentielle ricaine...

-  Budgets Ben Green lache le chiffre : entre 1 et 1,2 million de dollars (1,25 million d’euros). Kate Mac Carthy, elle, annonce 100 000 livres (160 000 euros) de budget pour trois mois de campagne, mais sans compter les locaux gratuits et les armées de bénévoles. .

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presidentielles.net


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