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Le conflit afghan a marqué l’émergence d’internet en tant qu’arme décisive dans la panoplie militaire des Etats-Unis
mercredi 11 septembre 2002

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Le web a révolutionné la communication en temps de guerre et accru considérablement la quantité d’informations fournies aux soldats, soulignent des responsables militaires américains.

"En temps de guerre l’information est une affaire de vie ou de mort", explique le commandant Matthew Holt, officier chargé des communications sur la base aérienne de Bagram, à 50 km au nord de la capitale afghane Kaboul.

"Je pense que nous avons avancé à pas de géant dans ce domaine. Ce conflit montre clairement que les technologies web améliorent les échanges d’informations qui permettent d’assister les unités ou les centres de commandement. Entre 1995 et aujourd’hui, c’est le jour et la nuit".

Les généraux peuvent désormais dresser un plan de bataille en discutant à distance via internet, protégés des pirates par un réseau sécurisé. Une patrouille de reconnaissance peut envoyer en temps réel les images d’une cible par liaison satellite vers des responsables partout dans le monde.

Les anciennes liaisons par téléphone ou radio cèdent la place à des pages web sécurisées et au courrier électronique, dont l’accès peut être facilement élargi aux troupes alliées.

Autre nouveauté : les soldats peuvent désormais accéder à des chaînes télévisées telles que CNN sur leurs ordinateurs portables, se tenant ainsi informés des événements dans le reste du monde. La vidéo en ligne leur permet également de communiquer avec leurs familles.

Sur le front, internet apporte de précieuses informations. Des systèmes de surveillance comme l’avion sans pilote Predator peuvent signaler la position de l’ennemi aux troupes engagées sur le terrain en une fraction de seconde via le réseau de l’armée.

"Ces informations, je les obtenais jusqu’à présent quand on me tirait dessus. Cela a changé la physionomie de la guerre", explique le commandant Bryan Hilferty, porte-parole de l’armée américaine.

C’est en Afghanistan que l’armée des Etats-Unis a testé pour la première fois son réseau grandeur nature, et le test a été positif, assurent ses responsables.

L’ancienne base soviétique de Bagram, ou la coalition alliée a établi sa principale implantation en Afghanistan, est désormais irriguée par un réseau de 130 km de câbles reliant serveurs, routeurs et environ un millier de terminaux informatiques via une liaison haut débit de 100 mégaoctets.

Mais internet n’a pas que des avantages sur le champ de bataille. La surabondance d’informations peut mener à une paralysie dans la prise de décision, prévient Charles Heyman, rédacteur en chef de la publication spécialisée Jane’s World Armies.

Alors que les informations en provenance du front étaient autrefois filtrées avant d’atteindre les officiers supérieurs, ceux-ci reçoivent désormais tout dans leur boîte aux lettres électronique ou sur leur écran.

Par sécurité, les outils traditionnels - radios, téléphones, estafettes et cartes d’Etat-major - ont été conservés, mais leurs informations sont parfois en contradiction avec celles transitant via internet, avec là encore un risque de paralysie.


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