Si elle s’est - notamment - distinguée par le nombre record de candidats (seize), l’élection présidentielle 2002 a aussi été la première de son genre à accorder une place aussi importante au Web, puisque tous les candidats disposaient d’un site. D’où la présence, parmi les trente-sept catégories de dépenses officiellement répertoriées par le Conseil constitutionnel, de ce poste (le lien pour chaque nom mène vers la liste détaillée des dépenses).
| | Frais directement exposés | Contributions des partis politiques | Concours en nature | Total |
| Chirac | 6377397 | 375403 | | 403752 |
| Chevènement | 402250 | | | 402250 |
| Bayrou | 368371 | 0 | 0 | 368371 |
| Lionel Jospin | 219 023 | 127 350 | 0 | 346 373 |
| Robert Hue | 84 813 | 0 | 0 | 84 813 |
| Noël Mamère | 45 711 | 0 | 0 | 45 711 |
| Alain Madelin | 36 199 | 6 966 | 13 000 | 56 165 |
| Christine Boutin | 30 473 | 0 | 0 | 30 473 |
| Corinne Lepage | 24 317 | 0 | 0 | 24 317 |
| Olivier Besancenot | 22 980 | 0 | 0 | 22 980 |
| Jean-Marie Le Pen | 6 518 | 0 | 0 | 6 518 |
| Christiane Taubira | 4 467 | 0 | 0 | 4 467 |
| Arlette Laguiller | 3 901 | 0 | 0 | 3 901 |
| Daniel Gluckstein | 0 | 0 | 500 | 500 |
| Jean Saint-Josse | 145 | 0 | 0 | 145 |
| Bruno Mégret | NC | NC | NC | NC |
Au regard des chiffres déclarés par les candidats, c’est Jacques Chirac qui consacré le plus important effort financier en matiére d’internet.
Le budget "internet" de Lionel Jospin, dont le site de campagne proposait le plus lourd dipositif vidéo - assurant entre autres la retransmission de tous ses meetings -, se révèle inférieur à celui de Jean-Pierre Chevènement et François Bayrou.
On accordera une importance relative aux chiffres déclarés par les candidats. Pn ignore les méthodes d’imputation retenue par les candidats. Les dépenses induites par la reponse au courrier électronique ont elles été imputées par les candidats au chapuitre "dépenses Internet".
Quant au ratio (clculé par le Journal du net) sur la part du budget internet dans l’ensemble des dépenses de campagne, on le manipulera avec précaution. Pour les raisons qui précedent. Et aussi en raison de la disproportion de moyens dont disposaient les candidats.
| | Budget Internet | Budget campagne | Internet/Total campagne |
| Jean-Pierre Chevènement | 402 250 | 9 707 003 | 4,14% |
| François Bayrou | 368 371 | 8 892 487 | 4,14% |
| Corinne Lepage | 24 317 | 758 985 | 3,20% |
| Olivier Besancenot | 22 980 | 755 985 | 3,04% |
| Lionel Jospin | 346 373 | 12 519 697 | 2,77% |
| Jacques Chirac | 403 752 | 18 007 061 | 2,24% |
| Christine Boutin | 30 473 | 1 585 716 | 1,92% |
| Alain Madelin | 56 165 | 3 202 447 | 1,75% |
| Robert Hue | 84 812 | 5 344 873 | 1,59% |
| Noël Mamère | 45 711 | 4 148 545 | 1,10% |
| Christiane Taubira | 4 467 | 1 239 508 | 0,36% |
| Arlette Laguiller | 3 901 | 2 381 074 | 0,16% |
| Daniel Gluckstein | 500 | 574 093 | 0,09% |
| Jean-Marie Le Pen | 6 518 | 12 126 180 | 0,05% |
| Jean Saint-Josse | 144 | 804 967 | 0,02% |
| Bruno Mégret | | 1 075 310 |
On retiendra qu’elles s’étagent entre 0,02 % pour Saint Josse et 4,14 % (Chevenement et Bayrou).
Si Jacques Chirac a consenti un effort financier plus important que Jospin pour sa net-campagne, en valeur absolue, Jospin aurait consenti un effort plus important, en part relative : 2,77% contre 2,24 % pour Chirac.
Pour des analyses plus détaillées, on peut se reporter aux échanges et aux investigations de l’Observatoire de la Net campagne.
Le budget Internet déclaré par le Pen dans ses comptes de campagne semble il sous -estimé, puisqu’il n’inclut pas le salaire du webmaster. 6519 euros semblent pouvoir couvrir hébergement, sécurisation, location de nouveaux serveurs entre les deux tours, nom de domaine.
Chevènement et Bayrou n’ont pas lésiné sur les moyens, Chevènement en faisant appel à plusieurs agences lors de la phase de conception et de création, en externalisant la maintenance technique, en assurant plusieurs phases de développement de son site (jusqu’au "Loft républicain" de la deuxième semaine), en finançant une communication propre du site (dossier de presse, attachée de presse, etc.), Bayrou en déléguant la partie technique et éditoriale (en partie) à une agence (rappel : le webmaster de son site était détaché d’une agence pour toute la durée de la net-campagne), en cumulant la création de deux sites... Chez Bayrou, oui, il y avait de la vidéo événementielle, avec une équipe qui suivait le candidat dans ses déplacements.
Le budget Internet assez modeste s’expliquerait par le recours à des ressources internes ! Pierre Gauttieri, l’un des webmasters du site de Madelin, a déclaré lors d’un séminaire de l’Observatoie, le 23 mai : "Chez nous, à Démocratie Libérale, on a une culture de l’artisanat : on a voulu faire les choses nous-même. Effectivement, nos sites, nous les réalisons en interne à 100%. Déjà la réalisation et la conception du site de campagne d’Alain Madelin, de ce côté, n’a coûté officiellement rien du tout si ce n’est le salaire qui est payé normalement au webmaster pour sa tâche auprès du parti. En ce qui concerne la vie du site dans la campagne, nous avons fait la même chose : nous n’avons fait appel à personne en externe, nous avons travaillé uniquement en interne, nous avions trois personnes qui étaient intégralement dédiées à la vie du site Internet. Moi, pour le rédactionnel, deux pour les aspects techniques. Donc là aussi un coût qui était extrêmement minime."
Conseil Constitutionnel
Journal du net
Observatoire de la net-campagne