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mercredi 18 septembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Lors de l’Université d’été de La Rochelle des socialistes en septembre 1999, Lionel Jospin proposait une nouvelle alliance entre les exclus, les classes populaires et les classes moyennes, qui avait été largement commentée. Elle témoignait de la persistance dans le discours socialiste d’une lecture de la société en termes de classes sociales par opposition au travaillisme blairiste anglais notamment, marqué par la disparition de ses principes de classement de la réalité sociale . Mais les contours de cette alliance sont restés flous et trois ans plus tard force est de constater, à la lecture du programme du Parti socialiste, l’absence de toute production et mobilisation d’une vision clivée du monde social.La conflictualité sociale a disparu de la rhétorique socialiste, qui ne s’ordonne plus autour de lignes de force sociologiques saillantes. (...) Le langage socialiste apparaît ainsi largement désouvriérisé. (...) S’il néglige la figure ouvrière, le projet socialiste n’apparaît pas pour autant complètement désociologisé. Il s’adosse en effet à la vision d’une société d’individus aspirant à l’autonomie personnelle et accorde une large place aux thématiques dites " post matérialistes " dans la continuité des mesures prises par Lionel Jospin comme le PACS, la parité...(...) Ces orientations méconnaissent les inégalités sociales devant le processus d’individuation et l’aspiration de nombreuses catégories populaires à plus de protection alors que la stabilité des statuts professionnels et les structures d’encadrement traditionnelles s’affaiblissent. (...) Cette absence de toute conflictualité sociale s’accompagne d’une forte technicisation qui rend le discours socialiste peu lisible, souvent hermétique, opaque aux franges sociales les moins dotées en ressources intellectuelles. C’est là un aspect essentiel de sa faible attractivité. Les témoignages de nombreux militants convergent pour convenir qu’un tel discours n’est pas facile à défendre et à développer dans les quartiers populaires. Nos propres observations lors de la campagne démontrent qu’il est difficile de plaider pour des propositions aussi complexes que " le pacte d’autonomie " ou " le crédit formation " dans des quartiers où le rapport au politique est lointain et où une désocialisation politique profonde prive les citoyens de schèmes d’appréciation de la réalité politique. (...) Extrait de Le Parti socialiste et les catégories populaires Quelques hypothèses pour l’analyse d’un divorce consommé Rémi Lefebvre, Recherches socialistes N° 19 Texte complet sur le site de l’office universitaire de recherche socialiste-OURS
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