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Homogénéité culturelle et sociologique des élites socialistes
jeudi 19 septembre 2002

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La professionnalisation politique n’est pas un processus propre au Parti socialiste. Mais ce dernier participe très largement de ce phénomène qui, rappelons-le, se traduit par l’autonomisation d’une élite politique monopolisant les compétences légitimes et les responsabilités, se révélant fermée sur ses jeux et enjeux propres. Les élites par leur recrutement sociologique se révèlent imperméables aux attentes d’un monde social qu’elles ignorent, dans une large mesure d’abord parce qu’elles n’en sont pas issues. Il n’est pas besoin ici de d’insister sur l’homogénéité culturelle et sociologique des élites socialistes et l’éviction des catégories populaires en leur sein, tant ces évolutions sont manifestes et déjà anciennes.

Les élites " centrales " (pour faire simple), le plus souvent issues de la haute fonction publique et promues dans les années 80 au Parti socialiste à la faveur de l’arrivée de la gauche au pouvoir, sont caractérisées par l’uniformité de leur trajectoire, de leurs visions du monde (...).

Les propriétés sociales de ces acteurs politiques ne sont pas de nature à susciter l’identification des catégories populaires dont les critères de vote ne sont pas exclusivement et spécifiquement politiques. (...)

Ces élites centrales partagent un même rationalisme politique qu’il conviendrait d’interroger tant il informe leurs stratégies, leurs catégories de perception du jeu politique et la représentation qu’ils se font des électeurs. Ce rationalisme conduit à penser que les électeurs votent forcément sur la foi d’un bilan, " en connaissance de cause " ou ne peuvent que sanctionner la malhonnêteté des candidats qui sollicitent leur suffrage. (...)

Extrait de Le Parti socialiste et les catégories populaires Quelques hypothèses pour l’analyse d’un divorce consommé Rémi Lefebvre, Recherches socialistes N° 19 Texte complet sur le site de l’office universitaire de recherche socialiste-OURS


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