![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||
|
|
Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Le Parti socialiste : lexique, congrès, motions, contributions > Dijon 2003 : mise à jour, nouvelle version ou reconfiguration du PS ? > Parti Socialiste : état des lieux > Du recours aux experts à l’expertisation des dirigeants | |
|
|
||
|
mercredi 18 septembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF (...) Les réseaux d’experts (...) jouent un rôle majeur dans l’univers quotidien (des) dirigeants. Dans la mesure où la tâche de ces derniers est essentiellement définie par une fonction de production (création d’institutions, de dispositifs nouveaux, imposition de normes nouvelles), où ces dirigeants doivent produire des avis informés et argumentés sur des questions de plus en plus disparates, techniques et précises (phénomène qui compte pour une part non négligeable dans la professionnalisation de la vie politique), le recours aux experts (qui peuvent ou non appartenir au parti) s’est tout à la fois généralisé et officialisé. Avant les années 1960 et l’émergence de l’expertise dans le camp politique, l’acceptation par le Parti socialiste de personnalités intellectuelles ayant gagné leurs titres de gloire ailleurs qu’au Parti a toujours posé problème. (...) L’arrivée de F. Mitterrand change la donne. Dès le congrès d’Epinay, le Premier Secrétaire transforme en effet l’organisation du Parti sur le modèle de la Convention des Institutions Républicaines, où la personnalisation du pouvoir autour de F. Mitterrand s’appuie sur des réseaux d’élus locaux, des amis sûrs et des experts recrutés parmi les hauts fonctionnaires (...) F. Mitterrand, tout en sachant instrumentaliser la question de l’expertise (... ), officialise le recours à cette dernière en intégrant dans l’organigramme du parti les experts, d’abord par la création d’un " comité des experts ", ensuite par celle de commissions spécialisées attachées selon leur domaine respectif auprès des secrétaires nationaux correspondants (qui composent l’exécutif du parti). Une centaine de groupes d’études autour d’une quinzaine de commissions, sous la responsabilité administrative du Secrétaire national aux Etudes (...) Bien que ne jouissant que d’une fonction consultative auprès des organes de direction du parti, les experts recrutés dans les années 1970 par l’équipe de F. Mitterrand se sont souvent vus récompensés après 1981 par des postes dans les cabinets ministériels. (...) Il semblerait que dans les années 1980 et 1990, le recours à l’expertise se soit à la fois banalisé et essoufflé. Le passage du parti au gouvernement a rendu l’activité programmatique du parti moins nécessaire et surtout moins attirante pour les experts en quête de rétributions matérielles, les postes ministériels étant déjà répartis : il était sans doute plus avantageux de proposer directement ses services au gouvernement ou au groupe parlementaire. Plus que les groupes informels (qui ont survécu au moins autant que les différents courants et écuries présidentielles), ce sont sans doute les commissions qui ont le plus pâti de l’arrivée au pouvoir du Parti. (...) Il ne faut pourtant pas négliger le fait que la banalisation du recours à l’expertise se fait aussi au sein d’équipes informelles, celles qui se constituent dans l’entourage des leaders de courants , ou encore dans les clubs qui fleurissent à partir de 1982 à la lisière du parti (comme Démocratie 2000 ou Espaces 89 22 ). L’importance accordée aux experts paraît aller de pair avec une personnalisation du pouvoir, que celui-ci soit exclusivement détenu par le Premier Secrétaire ou qu’il se partage entre les différents leaders à la tête des courants. (...) Nul doute en tout cas que la porosité avec le monde extérieur représentée par ces réseaux d’experts n’ait changé de sens et de forme avec l’ " expertisation " des dirigeants socialistes. Leur propre cursus les ayant souvent conduit dans leur phase de formation à pratiquer un militantisme d’expertise, ils semblent valoriser de plus en plus les ressources de cette dernière. Ils conservent cependant la méfiance de leurs aînés envers ce qui échappe aux grilles de lecture interne du Parti, en termes de personnes (problème des courants) comme d’idées : le recours accru à l’expertise se solde en effet par un travail de plus en plus important de traduction des propositions techniques en termes politiques. Carole Bachelot Les experts au Parti socialiste. Réseaux et modalités de recours à l’expertise Colloque de l’Association Française de Science Politique " Les tendances récentes de l’étude des partis politiques dans la science politique française : organisations, réseaux, acteurs " Voir le texte complet : Les experts au Parti socialiste
|
||
|
|
||