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vendredi 20 septembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF . Au niveau des adhérents et militants, comme au niveau des élus, un décalage sociologique semble se creuser. Les catégories populaires souffrent d’un manque de représentativité sociologique manifeste, qui ne contribue pas à la prise en compte de leurs problèmes. Les résultats de l’enquête du Cevipof réalisée en 1998 sur les militants du Parti socialiste sont édifiants même s’ils ont été peu commentés par les responsables du Parti. Ils font apparaître un net embourgeoisement des militants par rapport à l’enquête menée en 1985.
(...) Cette évolution s’accompagne d’une progression du capital scolaire des adhérents depuis 1985. (...) L’attractivité du Parti est beaucoup plus forte chez les cadres que chez les ouvriers (...). Extrait de Le Parti socialiste et les catégories populaires Quelques hypothèses pour l’analyse d’un divorce consommé Rémi Lefebvre, Recherches socialistes N° 19 Texte complet sur le site de l’office universitaire de recherche socialiste-OURS . La faiblesse du recrutement en milieu ouvrier (...) s’est encore accentuée en 1998 par rapport à 1985 5% seulement des militants sont ouvriers contre 10% dans le passé et 8% aujourd’hui, contre 28% alors, sont enfants d’ouvriers. La prédominance des couches moyennes salariées se renforce : en 1998, les militants socialistes sont plus souvent enfants de cadres supérieurs (+ 7 points), de membres des catégories intermédiaires (+ 5 points). Mais surtout, ils sont nettement plus souvent enfants d’employés (+ 9 points), au détriment de l’origine ouvrière. Le groupe enseignant lui-même connaît un certain "embourgeoisement" puisque la catégorie des instituteurs diminue de 8 points entre 1985 et 1998 (respectivement 17 et 9%), au profit de celle des professeurs de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur qui passe de 9% à 14% entre les deux dates. (...) Comme en 1985, le caractère socialement privilégié de la population des militants apparaît clairement lorsqu’on effectue la comparaison avec la population française.
Si l’on prend pour référence l’enquête Emploi de l’INSEE de 1997
L’écart entre la population des socialistes et celle des actifs français semble s’être encore accru par rapport à l’enquête de 1985. Ce phénomène est lié avant tout à l’importance du capital scolaire des militants qui s’est encore enrichi depuis 1985. Un tiers seulement n’a pas atteint le niveau du baccalauréat alors que cela concernait 37% des adhérents de 1985. Une autre évolution est sensible : moins souvent anciens élèves de grandes écoles (7% contre 15%), les adhérents de 1998 sont plus souvent titulaires de diplômes universitaires (33% contre 24%). (...) | Diplôme | 1985 | 1998 | 85-98 | | CEP ou aucun | 13 | 10 | -3 | | CAP, BEPC, diplôme technique équivalent | 24 | 21 | -3 | | Baccalauréat |16 | 19 | +3 | | Diplômes universitaires | 24 | 33 | +9 | | Grande école | 15 | 7 | -8 | | Autre(s) diplôme(s) | 7 | 6 | -1 | Extrait de l’etude " Les Adhérents Socialistes en 1998 " Françoise Subileau, Colette Ysmal, Henri Rey Mai 1999 Cevipof
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