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Vous êtes ici : Accueil > Observatoire des usages politiques et militants de l’internet > Cadre juridique de l’internet dans les campagnes électorales > Internet, financement des campagnes électorales et militantisme bénévole. | |
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mercredi 2 octobre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF De toutes les recommandations du Forum sur les droits de l’internet, la plus attendue etait celle relative aux modalités de prise en compte (ou non) de la contribution des militants dans les comptes de campagne. Rappelons ici la nature du probleme. La loi prevoit que chaque candidat est " tenu d’établir un compte de campagne retraçant, selon leur origine, l’ensemble des recettes perçues et, selon leur nature, l’ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l’élection, hors celles de la campagne officielle par lui-même ou pour son compte, au cours de la période mentionnée à l’article L. 52-4. Sont réputées faites pour son compte les dépenses exposées directement au profit du candidat et avec l’accord de celui-ci, par les personnes physiques qui lui apportent leur soutien, ainsi que par les partis et groupements politiques qui ont été créés en vue de lui apporter leur soutien ou qui lui apportent leur soutien. Le candidat estime et inclut, en recettes et en dépenses, les avantages directs ou indirects, les prestations de services et dons en nature dont il a bénéficié. " S’il est facile de comptabiliser les couts d’une affiche, d’un journal, d’un tract (factures d’imprimeur), cela devient plus confus pour un site Internet. Si la totalité des operations ont ete sous-traitées a une societe specialisée, le candidat integre tous les couts facturés par le prestataire. En principe, cela devrait suffire. Mais un candidat peut confier tout ou partie de la réalisation et de l’entretien du site (mises a jour) à des sympathisants et des militants compétents. Ceux ci peuvent même trouver des solutions d’herbergement gratuites et utiliser des logiciels gratuits. Au bout du compte, le site peut rien ne rien coûter. En cas de contentieux, le juge pourrait estimer que les couts du site realisés dans un contexte militant ont été sous-evalués ( dons en nature, avantages directs ou indirects) et decider d’aligner son cout sur les couts du site realisés dans un contexte commercial. La loi sur le financement n’impose pas de comptabiliser la contribution - benevole- des militants. Quand la contribution militante revet la forme de diffusion de tracts, de mise de tracts sous enveloppe, le benevolat ne fait aucun doute. Pour peu que la contribution militante requiere une certaine competence ( conception de site, realisation de pages web, d’animations graphiques, de photos ou de videos ), le juge peut etre tenté d’assimiler les contributions a haute valeur ajoutée a une prestation deguisée. Autre cas de figure : les sites de soutien. A priori, le candidat n’est pas responsable de la realisation de ces sites. Le juge ne sera t il pas tenté d’agreger le cout (forfaitement estimé) de ces sites de campagne au compte de campagne ? Ce n’est pas une hypothese d’ecole : lors des municipales 2001 comme lors des Présidentielles 2002, on a vu apparaître des sites independants. (Le probleme s’était posé aux Etats Unis lors des Presidentielles 2000 : la Federal Election Commission avait jugé que couts des sites independants ne seraient pas imputés aux candidats). Les recommandations du Forum tranchent, de maniére prudente, plusieurs de ces questions. " Si le principe posé par l’article L. 52-17 du code électoral est que les dépenses sont évaluées au prix du marché, il semble que la jurisprudence accepte cependant de prendre en compte la réalisation de certains travaux à titre bénévole. Il a ainsi été jugé par le Conseil d’Etat que l’évaluation de certaines dépenses pouvait ne pas être faite au prix du marché dans le cas où elles correspondaient au " travail personnel de militants exécutés à titre bénévole ". Le point est jugé a contrario par le Conseil d’Etat, (Section, 2 octobre 1996, Elections municipales d’Annemasse) pour le cas où des avantages consentis à un candidat n’aurait pas consisté en de tels travaux bénévoles. Cette jurisprudence a été appliquée par le Conseil d’Etat au travail de réalisation d’un site internet : le juge a en effet accepté de prendre en compte l’intervention de militants bénévoles pour conclure que l’évaluation de la dépense correspondante n’est pas sous-évaluée (10 juillet 2002, Elections municipales de Paris - 12ème secteur). Cette prise en compte par la jurisprudence du bénévolat est d’autant plus importante que la plupart des activités bénévoles traditionnelles (tractage, affichage...) n’entrent de fait pas dans les comptes de campagne : il est donc souhaitable que le temps passé par un militant à réaliser un site internet hors de son lieu de travail soit considéré comme étant une ressource gratuite pour le candidat au regard de la législation sur les comptes de campagne, exactement au même titre que le temps passé par un militant à distribuer des tracts ou à coller des affiches. Cette jurisprudence dessine ainsi un équilibre entre deux exigences : le contrôle des dépenses, qui nécessite d’identifier les véritables dépenses effectuées, et la prise en compte des nouvelles formes de militantisme, puisqu’il ne serait pas équitable de pénaliser une forme de militantisme par rapport à une autre, en autorisant aux militants les seules tâches non qualifiées et en sanctionnant par là même des activités bénévoles plus qualifiées (réalisation d’un site internet par exemple) au seul motif qu’elles sont plus facilement quantifiables. On ne peut donc que souhaiter que cette jurisprudence soit confirmée et appliquée également par le Conseil constitutionnel pour les élections dont il est le juge. C’est pourquoi, sans méconnaître la nécessité de contrôle, on peut souhaiter que soit reconnue, par la Commission nationale de contrôle des comptes de campagne et des financements politiques et par le juge, l’existence possible du bénévolat pour divers types de prestations, y compris techniques (réalisation et maintenance de sites). Même inférieures aux prix du marché, les évaluations avancées par les candidats en ce qui concerne leurs dépenses de réalisation et de mise à jour de site devraient ainsi être acceptées si les candidats apportent les éléments prouvant leur recours au bénévolat des militants. Enfin, il faut relever que ce recours au bénévolat pourrait se voir assigner un plafond, puisque les dons des personnes physiques aux candidats sont plafonnés à 4600 euros par l’article L. 52-8 du code électoral [legifrance.gouv.fr]. Un recours intensif pendant une période prolongée au bénévolat d’une personne hautement qualifiée pourrait conduire à dépasser ce seuil. Mais le risque reste très théorique du fait de la brièveté des campagnes électorales et de la probable prudence des autorités de contrôle dans l’évaluation financière du bénévolat. Recommandations :
http://www.foruminternet.org/telechargement/documents/rapp-comel-20020829.htm#_Toc18239286
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