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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Le Parti socialiste : lexique, congrès, motions, contributions > Dijon 2003 : mise à jour, nouvelle version ou reconfiguration du PS ? > Refonte du logiciel socialiste ? Libre ou propriétaire ? | ||||||||||||||||||||||
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DÉBAT TEMPS RÉELS (OCTOBRE 2002). vendredi 4 octobre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF | Répondre à cet article Questions autour d’une métaphore" Il faut changer, refondre, rénover le logiciel politique du PS " C’est, depuis quelques mois, un thème récurrent dans le discours des responsables socialistes.
Le "logiciel républicain" de Jean-Pierre Chevènement Quand Mélenchon ironise sur le le logiciel de JP Chevènement, il le fait, en tout connaissance de cause. Il sait que Chevènement revendique, avec force, et surtout, avec constance, la fidélité au "logiciel républicain" .
Les verts ne sont pas en reste... La motion du courant " Dynamiques vertes ", en 2000, proposait , purement et simplement de "changer le logiciel de la gauche" Dynamiques vertes Déclinaisons et variations autour d’une métaphore Autour de cette métaphore du logiciel politique, on observe un certain nombre de variations.
Un simple effet de mode ? Faut il y accorder de l’importance ? Apres tout, les responsables politiques passent leur temps à répéter les mêmes choses, à essayer de se faire comprendre ... Pour se faire comprendre, ils utilisent toutes sortes de métaphores. Avec un tropisme pour les métaphores portives ou culinaires ... En 2000, apres le Mundial, c’etait le football. En 2001 et surtout 2002, c’est le logiciel.... Cette rhétorique du logiciel, chez les hommes politiques n’est peut être qu’une simple concession à l’air du temps. Ils chercheraient tout bonnement à créer une une connivence avec une partie du public. Aprés tout, le logiciel fait désormais partie de l’expérience commune de 50% des français ... Ou tentative de penser le changement ? Et si cette métaphore du "logiciel politique" allait au delà de la commodité de langage, de l’effet de modernité ? En parlant de "logiciel socialiste", les responsables politiques (comme les journalistes politiques, d’ailleurs) essayent peut être de saisir quelque chose de plus profond : Ils pressentent qu’il n’est pas facile de changer de logiciel : cela prend du temps... On ne peut pas en changer brutalement ... Ils pressentent que le logiciel définit un espace de contraintes qui délimite leur liberté d’action. Il y aurait, d’une part, ce qui est prévu, "programmé" , et d’autre part, ce qui n’a pas été "codé" dans le logiciel socialiste. Faut il accorder une signification au fait que certains parlent de " refonte ", d’autres de "rénovation " ou de simple " évolution " ? Trois couches ? Si on persiste à utiliser cette metaphore du logiciel politique, il faudrait alors distinguer :
La limite de cette métaphore du logiciel politique, c’est qu’il faut, à un moment donné, préciser ce qu’on entend par " matériel politique ". Les militants ? Les citoyens ? MR Bogues N’oublions pas qu’il y a un point commun aux logiciels de tous niveaux : les bogues. Plus le logiciel est complexe, plus il y a de bogues et plus ils sont difficiles à identifier et à corriger. On dit souvent que les logiciels libres, parce qu’ils sont testés et améliorés par une vaste communauté, sont moins bogués ... DK Progiciel intégré N’oublions qu’un logiciel, un système d’exploitation, l’informatique en général, sont des outils. Ils sont à l’homme moderne, ce que le rabot, la faux, la scie et le burin étaient à nos ancêtres. Remarquons au passage que s’il existe des moissonneuses batteuses lieuses, la faux existe encore. Que le burin et la scie figurent dans encore la quasi totalité des foyers. Vivons nous dans un monde parfait, où l’ensemble des populations mange à sa faim ?Faut il renoncer à vouloir le changer, pour le rendre plus juste ? La gauche et la droite ont elles encore un sens ? Devons nous nous intéresser surtout aux problèmes sociétaux, en minorant les problèmes sociaux ? Ce sont les questions auxquelles nous devons répondre. Le logiciel socialiste serait alors un progiciel intégré, permettant de répondre et d’agir pour réformer durablement la société. GT Un OS multi-tâches ? Couches basses du logiciel socialiste ? Parlons carrément d’operating system car c’est bien à l’OS qu’il revient de gérer
C’est peut être bien parce que cet OS est devenu mono-tâche, (élection présidentielle) qu’il n’a plus rempli les fonctions qui sont censées être les siennes... En cas de "system failure", le reste à du mal à survivre. N’oublions pas quand même qu’un OS doit répondre à un cahier des charges (C’est sans doute pour ça qu’il n’y a pas d’OS universel, on doit dans certain cas, contrainte de temps, d’espace, se développer son propre OS). Il faut donc garder à l’esprit à quoi doit servir in fine notre Parti. La perte de ce type de repère peut faire développer un mauvais OS.
Portrait chinois Il y a tellement de sortes de logiciels. Une formule dans excel, c’est déjà un logiciel. Ça énerve quand même un peu, de se dire qu’être militant politique, ça se ramène à être un objet d’un langage orienté objet ... Sinon à titre de comparaison, du moins à titre de portrait chinois : si le parti était un OS, quel OS devrait-ce être ? Certainement un OS réactif (interactif) et intuitif (compréhensible dans son principe sinon dans ses mécanismes). Si i le "logiciel socialiste" (ou autre) est un portrait chinois du parti, la concrétisation la plus immédiate de ce logiciel est son site web. L’ergonomie de celui-ci ,doit être à l’image de la relation que le Parti souhaite avoir avec ses militants, sympathisants, électeurs. Question. Que doit-on pouvoir " opérer " avec un parti ? FLN Logiciel politique "propriétaire" ou "logiciel libre" ?Filons encore un peu métaphore logicielle ... Non pas pour raffiner entre "progiciels politiques" (les idées toutes faites pour partis politiques en panne, par exemple "les retraites ne seront pas assurées parce qu’il n’y aura pas assez de gens pour les payer en 2040") et "logiciels développés en interne" (ce qui fait l’originalité d’une proposition politique), ni pour poser la question des "brevets logiciels" en politique (dont il semble, à la lumière de la dernière campagne présidentielle, qu’ils n’aient guère été respectés par le candidat élu), mais pour poser la question du "logiciel politique propriétaire" contre le "logiciel libre". Si l’on pense à la manière dont sont développés les logiciels des deux catégories (et sans entrer dans un raffinement pertinent en informatique mais pas pour une métaphore politique), on pourrait dire que : Les "logiciels politiques propriétaires" sont développés par un petit groupe de spécialistes (la direction du parti, l’équipe de campagne).
Ils s’incarnent volontiers dans des documents élégants, agréablement présentés, dont la pensée est présentée comme claire, cohérente, sûre, sans alternative, débarrassée de toutes les fausses-pistes poursuivies dans l’intervalle ; Les "logiciels politiques libres" sont, pour leur part, développés "au grand jour" par des collectifs organisés autour d’un projet, dans lesquels il est facile d’entrer (pour les premières couches) et dans lesquels on est respecté et efficace par le volume de code efficace produit.
En effet, ces documents sont plus souvent présentés comme des "work in progress", des documents aux versions successives nombreuses et rapprochées, établies autour de micro-équilibres locaux et non au nom d’une cohérence globale (au-delà de fondamentaux de base, comme le respect des standards ouverts ou la modularité du code [disons, les options fondamentales de la gauche en faveur de l’égalité], qui semblent devoir être respectés par tous). Il me semble que le mode de fonctionnement des partis politiques traditionnels en France (et au premier rang d’un qui nous est cher) soit celui du "logiciel propriétaire" : fermeture du code, rareté de l’évolution, communication omniprésente. Au nom de quoi ? Souvent citées : de l’efficacité politique, de la cohérence des propositions, de l’expertise nécessaire à leur formulation, de l’impossibilité d’une "démocratie directe" interne à un parti. Je ne sais pas si ces raisons sont (toutes) bonnes ou mauvaises. Je me borne à constater que ce sont exactement les mêmes que celles qui poussaient, il y a quelques années, à dire que le logiciel libre ne pouvait pas fonctionner... Allons un cran plus loin et examinons les politiques d’un parti politique créant des "logiciels politiques propriétaires" et d’un autre, qui ferait dans le "libre" : Les propositions d’un parti politique "propriétaire" doivent assumer une comptabilité ascendante dans sa gamme ;
Les propositions d’un parti politique "libre", au contraire, partent du respect de standards ouverts (des options politiques de base) et foisonnent dans toutes les directions, en proposant aux utilisateur avancés (les militants) de les reprendre et de participer à leur élaboration.
J’arrête ici ce filage de métaphore, au moment où je m’aperçois qu’il est un peu fastidieux. Toute ressemblance avec des partis politiques existants ou ayant existé, bien entendu, ne serait que pure coincidence. Un dernier mot, pourtant. Le parti socialiste n’aurait-il pas fait beaucoup pour nous convaincre que sa pratique échappe au modèle propriétaire si, au lieu d’envoyer à chaque adhérent et à chaque section un questionnaire portant sur tellement de points qu’il est humainement difficile (et pour moi, impossible) d’y répondre autrement que superficiellement, il avait contribué à lancer des débats au fond sur l’ensemble des points que les militants souhaitent aborder, en privilégiant des contributions courtes et concrètes, partant d’un constat et aboutissant à une proposition, selon un format (ouvert, standardisé) qui permettrait ensuite à tous les militants de "tester" ces propositions pour agréger une offre pertinente ? Mais enfin, cela ne peut pas marcher ! Si, cela s’appelle Sourceforge. GB Comment "mettre à jour" ce "progiciel" qu’est le "PSoft" ? Lors de nos discussions "on" ou "off" on se rend compte que toutes les critiques venant des militants, donc des "users" témoignent de l’urgence des changements attendus. A côté du déficit de "communication interne(t) et externe(extranet)" qui semblent un réel objet de préoccupation des "users", les tares font légion et l’une d’elle est liée à la nécessité de faire "une mise à jour" (injecter du sang neuf ") à l’intérieur de l’"OS" qui est boggué de partout, "in" et "out" c’est à dire à la "périphérie de l’appareil du parti. -en l’occurence les sympatisants (la communauté de developpeurs dévoués") qui ne sont pas forcément des militants du PS !. Pour preuve, une bonne partie des membres du Bureau Politique du PS sont en activité depuis Mitterand ! Et en cela leur mentalité, leurs discours, leurs référentiels ne sont pas en phase avec les aspirations des populations françaises encore moins des nouveaux militants. En d’autres termes faut il faire coincider l’image du PS, sa démarche, son modèle de pensée avec les aspirations des français ? Les militants ont envie d’une mise à jour" ou de nouveaux "add-ons" pour corriger les bugs. TR a également son mot à dire concernant le débat qui a lieu actuellement au "PSoft" à savoir la nécessité de créer au sein du PS des structures décentralisées ou cohabiteraient des jeunes, des vieux, des nouveaux, des sympatisants, c’est le seul moyen d’éviter la transposition des éléments de contradictions des adultes chez les jeunes et chez les femmes. Il faut également aboutir à de nouveaux modes de fonctionnement au sein du PS et le "décloisonner" afin de faire face à l’émergence de nouvelles "antennes relais" politiques au sein du PS (exemple de la communauté du libre). Ce qui va jouer contre nous, sera le temps, car nous n’avons pas le temps de "développer un autre produit" (leader) d’ici les prochaines élections de 2007 , mais nous avons les moyens de consolider ce que nous avons fait depuis 5 ans. Mais il faudra d’abord changer les DPS7/GCOS8 par des systèmes ouverts de type UNix ou Linux et ne pas faire du neuf avec du vieux de type DIANE avec NT et GCOS en standard, car cela reste toujours du propriétaire et cela arrive toujours trop tard une fois que les Français ont choisi un autre "Soft". LN "Logiciels" et "propositions politiques". J’assimile ici "logiciels" et "propositions politiques". C’est une acception différente de celles "du" logiciel (au singulier) qui émaille les citations rassemblées plus haut - et ce passage du singulier au pluriel me semble être la clef de la différence entre propositions "propriétaires" (singulières, cohérentes, complètes) et propositions "libres" (plurielles, foisonnantes, partielles).
Pourtant, les choses se passent rarement comme ça. Sur ces deux exemples, n’importe quel économiste un peu honnête dira que l’effet est ambigu, qu’il peut aller dans un sens ou dans l’autre... Cela n’empêche pas de faire ! Mais sans doute vaudrait-il mieux ne pas "purifier" les propositions politiques jusqu’au point où toute variante apparaît comme néfaste. Ne pas séparer les propositions validées de leur processus d’élaboration Je sais que la communication vers les citoyens se doit d’être simple (on pourrait discuter ce point, admettons-le ici). Mais, au sein du parti, il ne serait pas inutile que les propositions qui sont validées et portées par le parti ne soient pas entièrement séparées de leur processus d’élaboration, des autres possibilités qui ont été examinées et rejetées, au moins pour permettre des ré-examens réguliers. C’est bien ce qui se passe dans le monde du logiciel libre : le code du logiciel produit n’est que très progressivmeent "épuré" des possibilités en germes, des traces demeurent (au moins dans la documentation) des possibilités qui n’ont pas été exploitées, afin que ceux qui seraient intéressés à les reprendre et à les développer trouvent une efficace base de travail à cet effet. Cette "histoire des propositions politiques" me semble entièrement absente, sinon de la pratique universitaire, du moins de la pratique militante (où elle se confond peut-être avec les stratégies d’alliances entre courants et entre chefs). Prenons un exemple historique : à la fin des années 1970, le parti socialiste a eu une réflexion approfondie sur les usages de l’informatique. La proposition de loi de 1975 présentée par le PS (Mitterand en tête) comporte des attendus entièrement identiques à ceux du PAGSI... Mais cette lignée de réflexion a été ensuite entièrement occultée au sein du parti parce que cette proposition visait à nationaliser Bull, pas à autre chose. Une fois cette nationalisation faite, la réflexion préalable a disparu... Et nous avons collectivement redécouvert entre 1997 et 2002 des choses que le PS savait collectivement deux décennies auparavant, et qui n’existaient plus que dans quelques mémoires militantes - mais plus dans l’institution PS. GB Idéalisme et pragmatisme Soulignons aussi la coexistence, au sein de monde du logiciel libre, de deux grands courants.
Il semblerait que la coexistence plutôt pacifique de ces deux courants, même si les divergences stratégiques ne sont pas dissimulées, est plutôt positive. Chacun travaille au projet commun, avec sa propre vision, sans consacrer l’essentiel de son énergie à traiter l’autre camp soit de traître aux idéaux, soit d’archaïque. Toute ressemblance avec ... etc. La présence des deux courants peut même être interprétée comme une des composantes du succès, les approches pragmatique et utopiques se renforçant mutuellement. « Non », dira le premier, « je ne me contente pas d’écrire des lignes de codes ; je travaille pour l‚avènement d’une société non marchande » (ou variante intermédiaire, « je contribue à la lutte contre le monopole de Microsoft »). « Non », dira le second, « je ne me contente pas de grandes incantations lyriques, je fabrique des éléments qui modifient l’environnement de façon concrète ». Mais existe-t-il seulement en France un parti politique qui aurait un réel besoin de (re)créer une dynamique positive entre son aile réformiste et son aile radicale ? AB
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