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Un parti en réseau ? (Débat)
vendredi 18 octobre 2002

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Portrait-robot

-  Un parti en réseau, c’est, en premier lieu, un parti qui s’emancipe de la television et de la presse pour communiquer (et echanger) directement avec les citoyens ... Site, newsletters, listes de discussion ...

-  C’est un parti qui favorise les relations transversales entre sections et federations. Rien n’interdit aujourd’hui ces relations transversales, mais, l’organisation du PS reste assez largement sur calquée sur celle, pyramidale, de l’etat : section-federation-solferino

-  Un parti en réseau, c’est un parti qui autorise et encourage l’affiliation a plusieurs sections. Sections locale et thematique, par exemple. Section locale et section d’entreprise. Voire plusieurs sections thematiques (Avec, probablement, l’obligation de choisir une section de reference.).

-  Un parti en reseau, c’est un parti qui se reconfigure, selon l’echelle des enjeux, selon les circonstances, selon l’echelle des campagnes electorales. Un parti en reseau adopte un " format " regional, pour un scrutin regional ... Un format " municipal " pour des élections municipales. Un format " intercommunal " pour des enjeux inter-communaux. Ceci vaut, naturellement, pour les sites, mais bien au delà.

-  Ce sont enfin (cf. logiciel socialiste : libre ou propriétaire) des modes " ouverts " d’élaboration des propositions politiques MR


Le FN, un parti en réseau ?

-  Un parti français a eu la même tactique de réseaux spécifiques et est en train de la réactiver. Je le dis sans que ce soit péjoratif car, à défaut de morale, d’idéologie et de stratégie, il peut facilement donner des leçons de tactique - c’est le FN. FL

-  Internet est depuis sa diffusion dans le grand publique un important vecteur de lien et d’accès pour les groupes extrémistes. Par exemple pour accéder aux personnes et organes isolées ... mais là il ne s’agit pas de démocratie participative, ou rarement ! A méditer ... ne serait ce que pour montrer l’intérêt d’un tel développement (celui de l’internet comme outil servant à rapprocher les hommes et leur travaux) et pour ne pas laisser ce champs libre. MC

Un parti en réseau pour un monde complexe .

Trop d’énergie et de temps sont effectivement consacrés aux structures, à la réorganisation de celles-ci, aux systèmes, aux procédures.... et trop peu à la génération de nouvelles pistes et de projets novateurs.

Il est regrettable de voir des militants enthousiastes au départ, déçus et minés à l’arrivée, nous quitter avec cette idée que tout est figé, lourd, mortifère, indécrottable à jamais.

Il est regrettable de voir des êtres humains s’user et s’épuiser contre une machinerie infernale ou des êtres " robots " ne semblent être obnubilés que par la ’centralisation’ et leur petit pouvoir personnel - illusoire.

W.C


Parti en réseau ... Le SPD y travaille ....

De tous les partis socialistes et sociaux-démocrates européens, j’ai l’impression que c’est le SPD qui a le plus réfléchi (et peut être, le plus avancé) dans cette direction.)

Il est vrai que cette conception d’un parti en réseau est portée par le Secrétaire général du SPD, Franz Müntefering. Et son bras droit, Matthias Machnig,le secrétaire général administratif du SPD. Vous noterez, dans l’article qui suit, que cette " mise en réseau " du SPD suscite des résistances dans l’appareil.

Des résistances, à la réflexion, qui n’apparaissent pas complètement illégitimes. Il semble bien que cette mise en réseau soit aussi l’occasion pour la direction du SPD de reprendre l’appareil en main, en communiquant directement avec les sections, par-delà les directions fédérales ...

Je ne suis d’ailleurs pas certain de souscrire complètement à la vision du " parti en réseau " qui se cherche au SPD.

Cette vision, en phase avec l’orientation schrodero-blairiste de la " Troisième voie " et du " Neue Mitte ", me semble déjà datée : elle porte la marque de la " bulle " des années 1999-2000.

Voici l’état des réflexions du SPD tel que les rapportait le Frankfurter Allgemeine (en 2001).

" Le SPD doit devenir un " parti en ligne ", un " parti numérique " et un " Parti-réseau ", pour reprendre les diverses expressions employées au sein de l’organisation.

-  L’objectif, c’est de " fédérer les coalitions démocratiques de citoyens, qui sont bien plus hétérogènes sur les plans social et culturel que l’électorat social-démocrate ne l’était à l’âge d’or des partis populaires ".

-  Il s’agit de toucher non seulement les électeurs habituels, mais aussi ceux qui se sont élevés dans l’échelle sociale et les " postmatérialistes " pragmatiques. Ceux-ci n’auraient pas besoin d’adhérer au parti, mais pourraient - au cas par cas et selon les thèmes - se regrouper sur des plates-formes précises. Machnig estime que la distinction entre membre et non-membre perd de toute façon toute signification dans le monde des réseaux.

-  C’est la baisse du nombre des militants qui inspire ce rêve d’un " parti en ligne " se déclinant en plusieurs concepts. En 1976, à l’apogée de la coalition entre les sociaux-démocrates et les libéraux, le SPD comptait plus de 1 million d’adhérents. Ils sont à peine plus de 750 000 aujourd’hui - soit une perte moyenne de 10 000 par an -, et les statistiques n’annoncent aucune embellie pour l’avenir. Car 15 % d’entre eux ont plus de 70 ans.

-  Réseaux spécifiques

• Le Red Net [réseau rouge], fondé à la fin de l’année 2000, est par exemple destiné aux jeunes. On y trouve moins de politique que de sport, de musique, de cinéma et de fêtes. Il n’est pas nécessaire d’être membre du parti pour participer. " Ce qui est déterminant, ce n’est pas le nombre de jeunes que le SPD compte dans ses rangs, mais combien il en touche et qui ils sont ", précise-t-on à la direction du parti. On vise les " réalistes actifs ". • Un deuxième réseau, constitué en mai, a pour objectif de réunir les sociaux-démocrates âgés de 30 à 40 ans. • Il existe également un réseau qui s’adresse aux cadres du monde des affaires proches du SPD : les non-membres du parti y représentent environ 90 % des participants. • spd-online est un réseau interne réservé aux militants. Les 12 500 sections locales devraient être reliées à la fin de l’année, et tout militant pourra, à moyen terme, s’y connecter en donnant le numéro de sa carte.

-  Toute réorganisation entraîne inévitablement une modification des structures du pouvoir. Le projet spd-online n’est donc pas sans risques pour le parti. Pour le Bureau national, la communication directe avec les sections locales offre l’avantage d’une transmission des informations aux militants plus rapide, moins onéreuse et plus directe. Mais, pour les organes intermédiaires, cette intervention directe du Bureau national signifie également que la ligne du parti sera davantage déterminée par le haut.

-  Les militants, qui viennent en majorité du vivier traditionnel du SPD - les ouvriers et la petite bourgeoisie -, n’ont aucun intérêt à la suppression des structures existantes. Ceux qui se portent candidats à des fonctions au sein du parti ou à des mandats électifs ont souvent mis des années pour en arriver là et ont participé à d’innombrables réunions de comité. On sait d’où ils viennent, et c’est ce que le SPD attendait naguère de ses cadres et de ses élus. Pourquoi ces gens-là devraient-ils abandonner leur influence au profit de personnes qui se tourneront peut-être vers un autre parti ou vers un autre groupe d’action dès l’année suivante ?

Texte integral

Matthias Machnig, responsable fédéral du SPD ( il doit être l’équivalent d’un secrétaire général administratif) a théorisé cette idée de parti en réseau dans un article paru dans une revue du SPD. Matthias Machnig Vers un parti en réseau

Il développe, dans ce papier, l’idée selon laquelle le SPD doit s’adapter (dans son programme et dans son organisation) a la société du savoir. Il creuse l’idée d’un parti comme " réseau de compétences " : compétences de programme, de dialogue, de communication et d’organisation. RM


Les formes et les moyens de nos élaborations restent celles de la période glorieuse de la rotative.

En sommes-nous toujours vraiment au stade des grandes organisations où un chef incarne une idée pour une masse avec un objectif ?

Le parti fonctionne du haut vers le bas et les militants sont appelés à voter des synthèses, des motions et des amendements qui ont souvent été construits sans eux, par les leaders nationaux ...

Les formes et les moyens de nos élaborations restent celles de la période glorieuse de la rotative. Et une part des débats qui devraient se dérouler en interne sont connus des militants par la presse nationale ou la télévision et non par les moyens du débat dans le parti. La discussion sur l’Hebdo, son rôle et son contenu pourrait être reprise. J’ai le souvenir des " bulletins intérieurs " d’organisations où je militais voilà 20 ans qui, malgré la lourdeur de l’impression au stencil remplissaient très bien le rôle de partage d’idées, de formation des adhérents et d’élaboration collective.

Est-ce que de nouvelles formes d’élaboration collective de la pensée socialiste sont possibles ? Ne voyons-nous pas déjà des collectifs militants les utiliser ?

Plutôt que de continuer à regarder les adhérents comme des " lecteurs / commentateurs ", pourquoi ne pas avoir pour ambition d’agréger la richesse de la réflexion militante, de libérer la parole et donner libre cours à la créativité collective ?

Passer de la phase de commentaire / amendement à celle de l’élaboration continue, passer de la correction laborieuse d’un document imprimé à celle de la construction commune d’une pensée en mouvement me semble l’un des enjeux de l’avenir proche.

Est-ce possible ? C’est ce qui me paraît être un " parti en réseau " qui intègre et utilise les outils du réseau.

Si on imagine une extension de cette manière de faire, quelle place y a-t-il pour les formes traditionnelles d’organisation avec une majorité permanente (càd le pouvoir exercé en permanence par le même noyau) ? On ne peut l’envisager que dans le cadre d’espaces distincts, chaque famille de pensée s’isolant dans ses certitudes et n’acceptant l’échange avec les autres que dans le cadre d’un rapport de forces où elle aurait une chance de l’emporter. C’est tout le contraire du travail coopératif pour lequel les outils de l’internet sont bien adaptés, avec la construction de synthèses ou de dénominateurs communs, mis à jour en permanence. JB


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