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vendredi 18 octobre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Portrait-robot
Le FN, un parti en réseau ?
Un parti en réseau pour un monde complexe . Trop d’énergie et de temps sont effectivement consacrés aux structures, à la réorganisation de celles-ci, aux systèmes, aux procédures.... et trop peu à la génération de nouvelles pistes et de projets novateurs. Il est regrettable de voir des militants enthousiastes au départ, déçus et minés à l’arrivée, nous quitter avec cette idée que tout est figé, lourd, mortifère, indécrottable à jamais. Il est regrettable de voir des êtres humains s’user et s’épuiser contre une machinerie infernale ou des êtres " robots " ne semblent être obnubilés que par la ’centralisation’ et leur petit pouvoir personnel - illusoire. W.C Parti en réseau ... Le SPD y travaille .... De tous les partis socialistes et sociaux-démocrates européens, j’ai l’impression que c’est le SPD qui a le plus réfléchi (et peut être, le plus avancé) dans cette direction.) Il est vrai que cette conception d’un parti en réseau est portée par le Secrétaire général du SPD, Franz Müntefering. Et son bras droit, Matthias Machnig,le secrétaire général administratif du SPD. Vous noterez, dans l’article qui suit, que cette " mise en réseau " du SPD suscite des résistances dans l’appareil. Des résistances, à la réflexion, qui n’apparaissent pas complètement illégitimes. Il semble bien que cette mise en réseau soit aussi l’occasion pour la direction du SPD de reprendre l’appareil en main, en communiquant directement avec les sections, par-delà les directions fédérales ... Je ne suis d’ailleurs pas certain de souscrire complètement à la vision du " parti en réseau " qui se cherche au SPD. Cette vision, en phase avec l’orientation schrodero-blairiste de la " Troisième voie " et du " Neue Mitte ", me semble déjà datée : elle porte la marque de la " bulle " des années 1999-2000. Voici l’état des réflexions du SPD tel que les rapportait le Frankfurter Allgemeine (en 2001). " Le SPD doit devenir un " parti en ligne ", un " parti numérique " et un " Parti-réseau ", pour reprendre les diverses expressions employées au sein de l’organisation.
• Le Red Net [réseau rouge], fondé à la fin de l’année 2000, est par exemple destiné aux jeunes. On y trouve moins de politique que de sport, de musique, de cinéma et de fêtes. Il n’est pas nécessaire d’être membre du parti pour participer. " Ce qui est déterminant, ce n’est pas le nombre de jeunes que le SPD compte dans ses rangs, mais combien il en touche et qui ils sont ", précise-t-on à la direction du parti. On vise les " réalistes actifs ". • Un deuxième réseau, constitué en mai, a pour objectif de réunir les sociaux-démocrates âgés de 30 à 40 ans. • Il existe également un réseau qui s’adresse aux cadres du monde des affaires proches du SPD : les non-membres du parti y représentent environ 90 % des participants. • spd-online est un réseau interne réservé aux militants. Les 12 500 sections locales devraient être reliées à la fin de l’année, et tout militant pourra, à moyen terme, s’y connecter en donnant le numéro de sa carte.
Matthias Machnig, responsable fédéral du SPD ( il doit être l’équivalent d’un secrétaire général administratif) a théorisé cette idée de parti en réseau dans un article paru dans une revue du SPD. Matthias Machnig Vers un parti en réseau Il développe, dans ce papier, l’idée selon laquelle le SPD doit s’adapter (dans son programme et dans son organisation) a la société du savoir. Il creuse l’idée d’un parti comme " réseau de compétences " : compétences de programme, de dialogue, de communication et d’organisation. RM Les formes et les moyens de nos élaborations restent celles de la période glorieuse de la rotative. En sommes-nous toujours vraiment au stade des grandes organisations où un chef incarne une idée pour une masse avec un objectif ? Le parti fonctionne du haut vers le bas et les militants sont appelés à voter des synthèses, des motions et des amendements qui ont souvent été construits sans eux, par les leaders nationaux ... Les formes et les moyens de nos élaborations restent celles de la période glorieuse de la rotative. Et une part des débats qui devraient se dérouler en interne sont connus des militants par la presse nationale ou la télévision et non par les moyens du débat dans le parti. La discussion sur l’Hebdo, son rôle et son contenu pourrait être reprise. J’ai le souvenir des " bulletins intérieurs " d’organisations où je militais voilà 20 ans qui, malgré la lourdeur de l’impression au stencil remplissaient très bien le rôle de partage d’idées, de formation des adhérents et d’élaboration collective. Est-ce que de nouvelles formes d’élaboration collective de la pensée socialiste sont possibles ? Ne voyons-nous pas déjà des collectifs militants les utiliser ? Plutôt que de continuer à regarder les adhérents comme des " lecteurs / commentateurs ", pourquoi ne pas avoir pour ambition d’agréger la richesse de la réflexion militante, de libérer la parole et donner libre cours à la créativité collective ? Passer de la phase de commentaire / amendement à celle de l’élaboration continue, passer de la correction laborieuse d’un document imprimé à celle de la construction commune d’une pensée en mouvement me semble l’un des enjeux de l’avenir proche. Est-ce possible ? C’est ce qui me paraît être un " parti en réseau " qui intègre et utilise les outils du réseau. Si on imagine une extension de cette manière de faire, quelle place y a-t-il pour les formes traditionnelles d’organisation avec une majorité permanente (càd le pouvoir exercé en permanence par le même noyau) ? On ne peut l’envisager que dans le cadre d’espaces distincts, chaque famille de pensée s’isolant dans ses certitudes et n’acceptant l’échange avec les autres que dans le cadre d’un rapport de forces où elle aurait une chance de l’emporter. C’est tout le contraire du travail coopératif pour lequel les outils de l’internet sont bien adaptés, avec la construction de synthèses ou de dénominateurs communs, mis à jour en permanence. JB
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