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L’âne de Buridan, le Congrès et la synthèse ... (Débat)
vendredi 18 octobre 2002

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Consensus mou

Au vu de ce qu’il paraît dans la presse et dans nos débat, il me semble que la pire des choses serai, lors du congrès une synthèse qui verrait l’ensemble des militants se fondre " dans un consensus mou ".

Les rapports de force au sein du PS, et donc des différentes sensibilités qui l’animent, sont figées depuis au moins le congrès de Rennes (1989 ou 90, je ne sais plus à un an prés). Cette définition des différents courants ne marche plus aujourd’hui. Il est impératif, à l’heure actuelle de savoir comment est composé le PS. Quel sont les courants, et j’espère " idées ", qui le composent ? Que pèsent ils ? Cela ne peut se faire que si l’on se compte. BC


Ce qui me gêne beaucoup, dans les innombrables appels à la refondation, c’est qu’il partent tous de cette idée que maintenant, il faut être radical.

-  Je ne suis pas si sûr que nous ayions été mous (les chasseurs, les agriculteurs, le MEDEF, les médecins généralistes, etc. n’avaient pas l’air de le penser, il y a peu). b- je ne crois pas que la première priorité soit la vigueur. Il me semble plutôt que c’est de voir juste, de viser juste, d’agir juste et d’avoir du courage. Donc d’abord penser : quelle europe allons-nous construire à 25 ? Comment lutter contre les nouvelles souffrances suscitées par notre société du spectacle mondialisée à la sauce libérale ? Comment protéger les plus précaires chez nous sans développer une politique protectionniste à l’échelle d’un continent ?

Aurons-nous le courage de soutenir ceux qui veulent créer, en europe, un Islam laïque, nourri des lumières et des sciences humaines, ou allons-nous continuer de nous taire de peur de froisser quelques pays pétroliers ?

Saurons-nous définir les frontières d’un service public de l’Internet -quels sont les services dont la qualité et la neutralité doivent être garantis à tous les citoyens ?-, saurons-nous lutter contre les dérives sécuritaires et la lente installation d’un état policier, contrôlant tout grâce aux données numériques ?

Voilà des questions, plus importantes que de savoir qui est le vrai mou et qui est le vrai socialiste.

-  Quand on est perdu dans le désert, faut-il vraiment prendre une direction au hasard et foncer de toutes ses forces ? VC

Ne pas se tromper de débat

Nous ne devons pas rougir de ce qui s’est passé de 1997 à 2002 même si l’issue n’en a pas été celle que nous espérions

Dans son entreprise de déstabilisation, la droite a visé dans nos rangs car elle espère bien faire d’une pierre deux coups. Nous battre puis nous réduire à néant. Pour y parvenir, selon une tactique vieille comme le monde, elle compte plus sur nos divisions que sur ses capacités qu’elle sait très limitées. Elle s’emploie donc à déconsidérer l’ex gouvernement socialiste aux yeux de ses sympathisants, aux yeux de ses adhérents. Et avec un certain succès, il faut le constater.

Si la droite a mobilisé de tels moyens et continue de le faire alors que tous les pouvoirs lui sont acquis c’est bien parce qu’elle a pris très au sérieux l’expérience socialiste du gouvernement de Lionel Jospin. Il suffit de pointer jour après jour les mesures du gouvernement Raffarin pour prendre la mesure rétrospective de la portée des décisions du gouvernement socialiste.

La politique a toujours beaucoup de difficultés à intégrer le facteur " temps ". Ceux qui trouvent que les choses ne vont pas assez loin, qu’elles sont trop molles, ceux-là devraient se dire que toute chose a son commencement, et devraient savoir qu’il ne sert à rien de vouloir décrocher la lune.

Ce sera l’honneur de Lionel Jospin et de son gouvernement d’avoir cherché le commencement. Le risque pour notre famille est de se tromper de débat, de se laisser entraîner comme la droite nous y pousse à nous transformer en nos propres censeurs. Et nul doute que nous ne réussissions.

Notre de devoir maintenant est effectivement de continuer à poser les vrais questions, celles que la droite escamote en permanence, de faire auprès de nos électeurs cette pédagogie qui a manqué, de nous exprimer sur les moyens de la politique, ceux qui sont acceptables et ceux qui ne le sont pas.

La politique dispose d’un champ considérable depuis les dernières élections. La période est exceptionnelle. Et nous passerions notre temps à vouloir dresser notre réquisitoire ?

Nous avons besoin d’un congrès de l’avenir. Car ce que nos électeurs attendent de nous c’est précisément que nous leur proposions notre vision de l’avenir. PC


A force de ne pas choisir, on peut, tel l’âne de Buridan, mourir à la fois de faim et de soif.

Si j’ai bien suivi le raisonnement : • le gouvernement a très bien travaillé • nous n’avons pas été compris • continuons sur le même chemin

Le problème qui se pose, c’est lequel ? Celui des 35 heures sans réduction de salaire et de la CMU ou bien celui de la baisse de la fiscalité sur les hauts revenus et les stock options ? Celui qui va à Porto Alegre ...ou bien celui de Davos ?

Je ne suis pas sûr que ce soit le même. A force de ne pas choisir, on peut, tel l’âne de Buridan, mourir à la fois de faim et de soif. Je pense que Lionel Jospin et les ministres du gouvernement de la gauche plurielle ont mis effectivement tout leur coeur et leur énergie au service de leur travail et des Français. MAIS, la mécanique s’est enrayée. Certes la droite a eu une attitude indigne et scandaleuse. Il faut reconnaître un fait : nous n’avons pas été suivis par le peuple, puisque notre candidat, sur son programme " non socialiste " a été battu par le représentant de la france blafarde. Parce que les ouvriers, les employés et les chômeurs ont donné massivement leurs voix à Le Pen. Parce que les électeurs traditionnels de la gauche ont déserté le candidat " naturel " de la gauche, au profit de " petits candidats " divers et de Le Pen. Parce que le peuple de gauche n’a pas eu confiance. Jospin n’a pas été incompris. Il n’a pas été suivi, car la politique qu’il a menée en faveur de tous a fini par être diluée. Un dirigeant du PS a dit, manque cruel de modestie, " il faut réconcilier le peuple avec la modernité ", comme si le peuple, trop bête était incapable de la comprendre. Je pense au contraire qu’il faut réconcilier le parit socialiste avec le peuple.

C’est le sens qu’il faut donner au congrès de Dijon, pour clarifier et choisir sur un grand nombre d’options et de points actuellement flous. GT


Non, ce n’est pas le " peuple " qui nous a trahi

Ce congrès de Dijon, il vaudrait mieux éviter de l’envisager comme un nouvel Epinay, un second Rennes, et pourquoi pas un nouveau congrès de Tours ! Est-il possible d’envisager un congrès du présent tourné vers le futur plutôt que de refaire et refaire sans cesse l’histoire à la sauce de chacun ?

Oui, le gouvernement Jospin a, sinon bien, du moins beaucoup travaillé pendant cinq ans. Dire cela ni faire allégeance ni faire de l’autosatisfaction, c’est commencer le travail critique. Autrement dit qu’est-ce qui a été fait et qui est maintenant défait et qu’il faudra refaire ? Qu’est-ce qui n’a pas été fait ou qui aurait pu être mieux réalisé ? Que gardons-nous pour l’avenir ? Car c’est pour l’avenir qu’il faut travailler et non pas sur le deuil permanent de tous les congrès du passé.

Oui, il a fait et dit des conneries. Nous étions là avec tout le secteur associatif pour le lui rappeler, parfois bruyamment comme sur la LSQ. Les partenaires associés au gouvernement, verts et communistes, ont eux aussi participé à ce travail critique et constructif. Avec leurs élus, leurs militants et leurs proches.

Les socialistes ne peuvent porter seuls le poids de ces défaites. Une coalition gouvernementale qui tient la route c’est une coalition sinon soudée du moins un minimum solidaire. Malgré les présentations de chacun pour se compter, il est quand même vrai qu’il aurait été bien utile de tenir des réunions communes telles que celles que Lionel Jospin avait faites en 1997 et qui avait fait gagner " la gauche plurielle "

Oui, il a été trahi par une majorité de petits-bourgeois conformistes réfugiés dans le vote " protestataire " chez les révolutionnaires de salon. Mais il a aussi été défait par un manque de solidarité dans la coalition gouvernementale, l’arbre du comptage de ses forces ayant masqué la forêt d’un accessible succès commun.

Non, ce n’est pas le " peuple " qui nous a trahi mais c’est nous même, avec nos partenaires de la gauche plurielle, non on ne gagne pas les élections avec le seul " peuple de gauche ", et enfin non, les combats à venir ne sont pas perdus d’avance. Ce n’est pas le " peuple " qui nous a trahi mais la frange bourgeoise extrémiste que nous comptons parmi nous. Le " peuple " n’a d’ailleurs pas voté très différemment qu’en 1997 quand vous additionnez les voix. MB


Poser les bonnes questions... Et s’opposer

-  Celles la même qui peuvent déranger parce qu’elle remettent en cause des situations figées depuis l’immédiat après guerre ou plus récentes . Et tant mieux si des structures éxistent et si des cadres pour l’action ont été créés. Mais tant pis si des avantages acquis et des absences de remise en cause freinent ou empêchent les adaptations nécessaires, les visions d’avenir, et finalement la réelle prise en compte de l’intérêt général.

-  S’opposer aussi aux dérives, quand même un peu extrémistes, que nous voyons apparaitre : censure, réapparition du divorce pour faute et préservation d’une certaine vision de la famille, libéralisme destructeur ... il faut montrer à quel point cette évolution est nocive à l’intérêt de chacun et de tous, mais nous devons construire de vrais argumentaires et des propositions crédibles MC


Dubitatif

Ce débat de préparation me laisse dubitatif Je suis comme beaucoup adhérent du PS depuis plus de vingt ans,j’y suis entré pour " Changer la vie " je ne peux oublier que durant ces vingt dernières années, le Parti Socialiste a eu un de ses membres comme premier ministre pendant 15 ans, et ce que je regrette le plus aprés le cyclone du 21 Avril, ce n’est pas le travail des gouvernements, les lois promulguées par les assemblées de gauche mais c’est peut être plus grave.

Quelle société laissons nous ? Pourquoi les jeunes se desinteressent de la vie publique, de la politique ? Quels sont les orientations proposées ?

Ce nouveau monde où la barre serait tout à gauche, dans une europe tout à gauche, on renationalise, on met les minima sociaux au même niveau que le SMIC, on met un prof par élève et un éducateur par jeune en difficulté, on régularise tous les sans papiers et on supprime les prisons. Je suis entièrement pour, le problème est que même si on était élu, ce programme ne tiendrait pas un an et on recommencerai ce que certains d’entre nous ont connu en 1983.

Etre au PS, c’est la volonté d’agir, pas de témoigner, le PS a vocation d’être un parti de gouvernement, sinon je rejoins Besancenot, il vaut mieux l’original que la copie.

Mais la diminution des Impots pour les plus riches, la valorisation des stocks options, la nationalisation des centrales nucléaires, non merci, pas pour moi. CR


A mi-chemin, nous avons perdu notre âme.

La période d’analyse et de deuil n’est pas encore achevée ...

-  Il y a une rupture au bout de 2 ans 1/2 [et je crois que c’est Emmanuelli qui l’a souligné] : un programme dont on pense ce que l’on veut mais qui était réalisé. A partir de là, notre imagination s’est tarie et surtout nous sommes retombés dans l’errement classique, celui de la technocratisation de notre pensée.

-  A mi-chemin, nous avons perdu notre âme. Et lorsque le Gouvernement faisait des choses, il le faisait en bonne conscience, sûr que " cela était bien pour les Français " mais il ne savait plus chercher le retour du terrain et, hormis sur le terrain de la communication, se souciait peu de la mise en oeuvre des dispositions votées (l’APA par exemple).

J’ai assisté à de nombreux débats internes sur la question des retraites dans les 9 derniers mois. Je suis encore consterné de l’argument qui a consisté à expliquer que nous ne le ferions pas pour garder des mesures pour le quinquennat suivant. La pression des députés a été très forte car ils ont su relayer les aspirations du terrain. Il leur a été opposé un discours furieusement gestionnaire.

Bilan d’un cabinet ministériel (vécu) 17 membres, 14 fonctionnaires, 3 socialistes encartés Vote : 3 chevenement, 3 taubira, 6 jospin, 2 besancenot, 1 hue et... 2 blancs !!!!!! OUI, 2 blancs dont un par un conseiller ayant fait les 5 années. Bilan du Gouvernement Jospin, bilan de son propre travail pendant 5 ans : BLANC

Alors, je lis, je lis et me pose des questions qui doivent être stupides tant elles sont élémentaires : • le socialisme (version SFIO puis PS) a-t-il encore un avenir ? • dans le choix entre retour aux sources et construction d’un socle doctrinal social-libéral, y a-t-il la place pour une autre réflexion ?

Ce choix que l’on nous propose ressemble à
-  revenir à notre base électorale (dont j’ai peur que nous l’ayions perdu pour longtemps à cause à la fois de nous-mêmes et de la dilution de la conscience de classe)
-  ou constater que nous avons changé d’ère et qu’il faut changer de culture (en essayant tant bien que mal de la faire coller à quelques uns de nos valeurs... et lesquelles ?. ES


Découplage

-  Les deux ans et demi ont été un piège à un autre titre que celui du " on a fini, que fait-on maintenant ? ".

La volonté de pouvoir retourner devant les électeurs avec le sentiment d’avoir tenu le programme - vertu rare - nous a fait faire vite et parfois trop vite. Sur beaucoup de textes, il fallait se donner le temps de l’explication. Nous l’avons eu pour quelques-uns ; les 35 heures version 1 par exemple où, à force de rencontres et d’explications, de questions renvoyées vers le ministère, de réponses qui, un temps ont été précises, les chefs d’entreprises étaient plutôt favorables.

Mais passé quelques mois (deux ans et demi ?) nous n’avons, en circonscription, plus pu expliquer. A titre personnel et d’exemple, je me souviens avoir passé un temps certain à écrire des notes pour dire que la réforme du droit au bail ne passait pas. Si je l’ai fait avec conviction, c’est qu’en 1997-1998, ce type de démarche fonctionnait bien. Après, nous avions l’impression d’expliquer et de soutenir plus que par solidarité une politique qui n’était plus amendable.

Si on peut, un moment, le dissimuler aux électeurs, il y a dans le processus, un jour où l’électeur de gauche - ou celui qui passe de droite à gauche (ou inversement) d’un scrutin à l’autre - constate le découplage.

L’effet est dévastateur en ce qu’il laisse voir un manque de soutien du gouvernement qui apparaît isolé et en ce qu’il pousse les parlementaires à l’inactivité législative et à l’échec ceux qui, en toute bonne foi, faisaient une priorité de leur rôle de législateur.

-  L’idée même d’une période de deuil me semble à rejeter. La démocratie implique l’alternance. Personne n’est mort le 21 avril ni le 16 juin. Ce que la gauche doit s’appliquer à faire, c’est dire quel est son projet politique et le rendre crédible autant au niveau national que sur le terrain. Ce seul objectif peut, c’est vrai, conduire à vouloir changer les Hommes en place.

-  Je pense qu’il existe non une mais DES voies entre le laisser-faire libéral et la récitation appliquée de doctrines.

La gauche de notre pays n’a pas affronté clairement son propre idéal et aujourd’hui, elle n’offre que deux alternatives, le culte navrant du principe de réalité (on ne peut rien faire...) et celui tout aussi navrant de l’application de principes qui n’en sont pas. La voie vers un vrai débat dans ce domaine est sans doute celle du changement des pratiques.

Le socle républicain et ses valeurs, ne nous le cachons pas, sans être le monopole de la gauche ne rayonnent pas très au-delà de cette famille. Il faut évoquer à nouveau ces questions de principe et les figer dans notre temps pour connaître les limites de notre réflexion et l’organiser.

Si nous ne voulons pas, comme l’a la droite en ce moment, une alternance de circonstances mais une alternance de projet, le débat doit irriguer le pays. Et contrairement à ce que l’on pense, c’est moins dans les média nationaux que cela se fera mais sur le terrain. Je suis toujours frappé dans des réunions publiques portant sur un sujet précis (une route à faire passer, un problème local) seul motif pour lequel les gens se déplacent, de l’intensité du débat qui peut s’ouvrir lorsque l’on donne avec son avis, le principe qui le guide. C’est ainsi que l’on verse d’un problème de plan d’occupation des sols vers des échanges portant sur le principe d’égalité ou la décentralisation. CP


Dénominateur commun

Tu sais sans doute qu’en cas de compromis, de synthèse, on en est réduit à se limiter au dénominateur commun.

-  A contrario, l’absence de synthèse suppose l’absence d’éléments communs, de dénominateur. Groupes et tendances conservent alors la pureté de leur vérité et de leur conscience. Pureté dont la contrepartie est la distribution de places (à la proportionnelle du poids relatif de leurs troupes) au sein d’organes qui devront s’entendre sur des dénominateurs communs pour faire fonctionner le parti, mener les actions militantes et gagner les élections à tous les niveaux. C’est du dénominateur commun au deuxième degré, dont les militants sont exclus et qui permet les alliances de circonstance non pas en fonction de l’intérêt général mais des carrières personnelles.

Cette pureté de la ligne qui ne souffre aucune concession (pré) suppose que la totalité des militants qui ont donné leur voix à cette tendance-là sont également en total accord avec la totalité des choix exprimés par ceux qui parlent au nom de la tendance. C’est la forme habituelle, celle qui correspond le mieux aux stratégies de prise de pouvoir, ce qui, dans un parti politique, est légitime.

-  En sommes-nous toujours vraiment au stade des grandes organisations où un chef incarne une idée pour une masse avec un objectif ?

Le parti fonctionne du haut vers le bas et les militants sont appelés à voter des synthèses, des motions et des amendements qui ont souvent été construits sans eux, par les leaders nationaux ou " les instances " (je mets les guillets pour signifier la distance qui sépare l’instance de l’adhérent). Les formes et les moyens de nos élaborations restent celles de la période glorieuse de la rotative. Et une part des débats qui devraient se dérouler en interne sont connus des militants par la presse nationale ou la télévision et non par les moyens du débat dans le parti.

-  Est-ce que de nouvelles formes d’élaboration collective de la pensée socialiste sont possibles ? Ne voyons-nous pas déjà des collectifs militants les utiliser ?

Plutôt que de continuer à regarder les adhérents comme des " lecteurs / commentateurs ", pourquoi ne pas avoir pour ambition d’agréger la richesse de la réflexion militante, de libérer la parole et donner libre cours à la créativité collective ? Passer de la phase de commentaire / amendement à celle de l’élaboration continue, passer de la correction laborieuse d’un document imprimé à celle de la construction commune d’une pensée en mouvement me semble l’un des enjeux de l’avenir proche.

Si on imagine une extension de cette manière de faire, quelle place y a-t-il pour les formes traditionnelles d’organisation avec une majorité permanente (càd le pouvoir exercé en permanence par le même noyau) ? On ne peut l’envisager que dans le cadre d’espaces distincts, chaque famille de pensée s’isolant dans ses certitudes et n’acceptant l’échange avec les autres que dans le cadre d’un rapport de forces où elle aurait une chance de l’emporter.

C’est tout le contraire du travail coopératif pour lequel les outils de l’internet sont bien adaptés, avec la construction de synthèses ou de dénominateurs communs, mis à jour en permanence.

-  Je vois mal comment on pourrait ne pas rechercher cette synthèse, ce dénominateur commun qui nous permet de vivre ensemble. L’alternative, " pas de synthèse ", c’est la dispersion durable. JB


Dire comment nous voyons l’avenir

-  Personne n’a envie de porter le bonnet d’âne, fût-ce l’âne de Buridan, paix à son âme... Choisir ou ne pas choisir ? Ce n’est pas la question. Le choix, les Français l’ont fait : 82% pour Chirac et 365 députés UMP. Cela s’appelle choisir tout de même ! Porto Alegre ? Davos ? et pourquoi pas une voie médiane dans une station balnéaire des Açores ? 35 heures ? Stocks Options ? et pourquoi pas plutôt que des heures supplémentaires un capital d’heures convertissables en actions ?

-  Le Gouvernement Jospin a conduit une politique de gauche avec talent. Peut-être s’est-il essoufflé ? peut-être n’a-t’il pas été compris ? peut-être aurions-nous pu être plus présents à ses côtés ? peut-être eût-il fallu mobiliser nos partenaires de la " gauche plurielle " ? peut-être l’inversion du calendrier des présidentielles et des législatives était-elle la pire des idées ? Tout cela, c’est le passé, c’est terminé. C’est pour les amateurs d’exégèse.

-  Nous sommes confrontés à une réalité. Cette réalité " libérale-autoritaire " comme quelqu’un l’a qualifiée dispose de tous les pouvoirs. François Mitterrand avait un Secrétaire d’Etat aux Grands Travaux, elle a un Secrétaire d’Etat à la construction des prisons. Elle libère Papon. Elle repose la question de la censure. Elle se propose de libéraliser le marché de l’énergie électrique. Et demain la SNCF sera taillée en pièces... Les salariés seront mis sous tutelle. Les bastions du syndicalisme seront passés en coupe réglée. Et sur le plan constitutionnel, une réforme déjà contestée par le Conseil d’Etat constatera la République décentralisée, l’éclatement des centres de décision, et la fin de la régulation étatique. Soyez-en certains, cette réforme consitutionnelle passera par le Parlement et Chirac, malgré ses promesses, ne prendra pas le risque d’un referendum. Et tout le monde sera bien d’accord là-dessus. Faut-il allonger cette liste ?

-  Nous devons regarder devant nous. Le Congrès de Dijon c’est l’occasion de dire comment nous voyons l’avenir. Sur tous ces sujets nous devons prendre position et dire notre désaccord avec la politique de la droite. Nous devons progresser méthodiquement.

En premier lieu être unis et rester solidaires. Ensuite nous adresser à nos concitoyens avec des propositions.

-  Dans ce combat que nous devons mener, nous devons songer, peut-être est-ce ce qui est vraiment nouveau, qu’il nous faut travailler avec nos collègues espagnols, italiens, allemands et britanniques. Nous devons avoir le courage de dire qu’une position en politique au début de 21ème siècle passe par une position européenne. Car c’est le parti de l’Europe qui sera le parti des forces de progrès. PC


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