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lundi 17 septembre 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF 17 Septembre 2001 Depuis mardi matin, les New-yorkais ne désignent plus la zone des tours jumelles de Manhattan que comme le " niveau zéro ". Ces deux mots sont devenus notre nouveau point de référence pour nous situer dans l’espace et le temps. Je peux ainsi me définir comme ayant vécu jusqu’au mois dernier dans notre appartement familial situé à seulement sept blocs du " niveau zéro ". Dans nos conversations téléphoniques, des amis me racontent qu’ils ne se trouvaient qu’à un bloc du " niveau zéro " quand le premier avion a frappé et " à deux blocs quand ils ont vu un homme et une femme sauter, main dans la main, du 104e étage ".
Avec l’effondrement de nos tours, nous avons perdu plus que nos points de repère et un élément de notre horizon. Nous avons aussi perdu notre géographie de temps de paix. Maintenant il n’y a plus que " proche ou loin du niveau zéro ". Nos agresseurs ont produit un téléfilm digne des studios de Hollywood, dont les effets spéciaux comprenaient l’effondrement de deux symboles majeurs de la puissance américaine, le Pentagone et le World Trade Center, et ils ont porté un coup stratégique contre des intérêts géoéconomiques à New York. Il m’est impossible de les en féliciter Avec leur " basse technologie ", ces attaques ont transformé des avions civils en armes de destruction massive (en fait, des bombes similaires à celles larguées par nos B52 sur l’armée de Saddam Hussein) et tué près de 6 000 personnes. Parmi ces morts, se trouve également la fine fleur des pompiers de la ville de New York. Il en va de même pour les communautés noire et immigrée de Brooklyn et du Bronx : des centaines de travailleurs syndiqués - agents d’entretien et de services, secrétaires, etc. - sont maintenant enterrés dans cette fosse commune que nous appelons niveau zéro. C’étaient des travailleurs américains ordinaires dont nombre étaient membres de syndicats progressistes - des organisations qui étaient à la pointe du combat pour la renaissance d’un mouvement syndical chancelant. Alors que je suis en train d’écrire, des centaines de travailleurs du bâtiment, de pompiers et de volontaires mènent un combat désespéré pour tenter de sauver ne serait-ce qu’un seul de leurs " frères et sours syndiqués ". Je suis en deuil pour notre fraternité brisée. En fin de compte, les raids de mardi ont apporté à la capitale de l’Amérique et à la " Côte de l’or " de Manhattan les mêmes ravages que connaissent depuis des décennies, Sri Lanka, Beyrouth et Jérusalem. Ces attaques de mardi vont sans doute marquer le début d’un long cycle de violence. Le " niveau zéro " était mon quartier et maintenant je crains que jamais nous ne puissions rentrer chez nous, à la maison. Que dire d’autre, si ce n’est " Welcome to Beyrut ". Bienvenue à Beyrouth ! John Mason Traduit et publié par l’humanité
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