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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Chroniques > Lettre de Woodstock. La chronique de John G. Mason > Nos planificateurs se sont concentrés sur la défense de nos bases au-delà des mers, plutôt que sur celles de nos villes. | |
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mardi 18 septembre 2001 Imprimer cet article | Cet article au format PDF 18 Septembre 2001 Woodstock. En ce dimanche après-midi ensoleillé. En compagnie d’un groupe de rescapés de Tribeca, réunis autour de notre piscine. Tous heureux et encore surpris d’être toujours vivants. Des enfants, qui ont fui devant la vague grise de l’explosion et la pluie de débris sur leur école, glissent maintenant doucement dans l’eau de la piscine, tandis que leurs parents débouchent une bouteille de veuve-clicquot et échangent des récits sur les disparus et sur les morts. L’avocat que nous avions tous rencontré lors d’une fête d’anniversaire, le week-end précédent, a disparu dans l’effondrement de la tour nord. Une professeur de Columbia téléphone après cinq jours de silence pour partager le tourment de son fils traumatisé par la mort de tant de parents de ses camarades de classe du lycée Stuyvensant. Et les histoires de continuer. Les plus angoissantes portent sur les appels téléphoniques des morts annonçant leur propre mort : " Je ne sais pas si je pourrai m’échapper. Je vous aime tous. Adieu. " Ou encore les messages fantomatiques laissés sur un répondeur : " Je vous aime. Ne vous inquiétez pas de moi. Vivez heureux. " Cette guerre a frappé chez nous et il est évident que nous ne savons pas comment y répondre. Ce n’est plus une guerre " là-bas " comme celles dont nous pouvons nous souvenir, en Europe, au Vietnam, la guerre du Golfe, celle du Kosovo. La semaine dernière les New-Yorkais ont découvert qu’ils étaient sans défense quand il s’agissait de protéger leur propre espace aérien et leurs rues. Nos planificateurs se sont concentrés sur la défense de nos bases au-delà des mers - les avant-postes de l’empire - plutôt que sur celles de nos villes. Nous aurions mieux fait d’investir notre argent dans notre propre version de Vigipirate que de gaspiller 65 milliards de dollars pour préparer la " guerre des étoiles ". Nous aurions mieux fait de payer nos travailleurs de la sécurité des aéroports vraiment plus que le salaire minimum (environ 40 francs de l’heure). Aucun d’entre eux ne reste à son emploi plus d’un an. En vérité, nous récoltons la tempête que nous avons semée. Et pas seulement nous. John G. Mason est professeur au département de sciences politiques de William Paterson University (New Jersey) et chercheur au département Europe de New York University (NYU). Traduit et publié par l’humanité
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