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Elections à mi-mandat de 2002 : La démocratie américaine ne se porte pas très bien
mercredi 6 novembre 2002

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Nous voila encore une fois face à une défaite écrasante pour le centrisme "responsable" du leadership démocrate du sénat (Tom Daschle et Dick Gephardt), et a une victoire dite "historique" pour le président Bush- ce qui a tourne essentiellement autour de son bastion sudiste.

C’est une victoire qui laisse derrière elle un pays toujours profondément divisé par les fractures sociales et régionales en dépit des gains républicains importants dans le centre (Minnesota, Dakota du Sud) et le Nord-Est ( New Hampshire et Massachusetts).

-  Cette victoire va limiter le fonctionnement du "jeu de contre-pouvoirs" normal au système américain en livrant du nouveau les trois branches du gouvernement B une faction hyper-ideologique mais aussi très disciplinée du parti républicain. Nous sommes de retour au point du départ du printemps 2001.

-  Bien entendu, la question que personne ne veut poser le lendemain de cette "victoire historique" est celle de l’abstentionnisme. Actuellement on ignore combien d’électeurs américains ne se sont pas présentés aux urnes hier. Le chiffre final pourrait se situer au-dessus de 64 % - soit un taux de participation égal à ceux de 1994 et 1998 ( à peine 36% des citoyens en age de voter s’étaient rendus aux urnes) . Il y a donc beaucoup de "secteurs affaiblis" dans la base populaire de ce président belliqueux qui passent inaperçus - pour le moment. Je dois admettre qu’on aurait pu faire le même constat pour l’election de Clinton en 1996 - ou de n’importe laquelle administration depuis Kennedy... La démocratie américaine ne se porte pas très bien ...

-  Pour le moment, il n’y a plus de "garde-fou" démocrate capable de freiner le zèle des conservateurs - et en effet, Joe Libermann et le DLC vont en tirer au sein du parti democrate des bénéfices de cette défaite pour s’abaisser davantage devant le pouvoir républicain et pour réconforter ses grandes orientations politiques. Et c’est là ou les républicains "modères" courraient un grand risque pour 2004 - tant dans la politique intérieure qu’extérieure - celle de l’arrogance du pouvoir et du "over-reaching" stratégique.

La politique de l’administration Bush etant de plus en plus "radicale" (de l’audace, encore de l’audace, l’audace, toujours de l’audace ), nous aurons de nombreuses occasions, dans le proche avenir, de regretter l’absence du contre-poids démocrate . A commencer par la conquête de Bagdad prévue pour cet hiver. Les années à venir seront difficiles à vivre pour nous - pour bien d’autres elles seront encore plus difficiles - face au pouvoir "dur" des Etats Unis. Certains vont y trouver des raisons pour se réjouir - notamment les autres durs en face de nous, c’est à dire al-Quaida.

C’est l’avenir de l’hégémonie américaine (et celui de l’alliance transatlantique) qui est mis en péril par cette victoire présidentielle et les guerres qui vont en découler.

John G. Mason Le 6 Novembre 2002, Woodstock, N.Y.


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