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Une semaine s’est passée depuis l’attaque...
jeudi 20 septembre 2001

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20 septembre

Le temps des questions est enfin arrivé. " Qui a fait cela ? Qui a été la cause de notre perte ? " La réponse de la plupart des New-Yorkais est simple. Elle est résumée à la une du Village Voice, le journal local de la gauche américaine : " Les salauds ! " Au fond, je suis d’accord. Nous devons absolument " épingler les salauds " - mais pas n’importe lesquels - qui ont fait cela et leur imposer justice.

Il y a aussi d’autres voix. Ainsi Jerry Falwell, de la Majorité morale, prétend que c’est la faute " des païens, et des avorteurs, et des féministes, et des gays, et des lesbiennes ", et il pointe " le doigt accusateur " sur eux, c’est-à-dire nous. Nos ayatollahs protestants affirment à leur troupeau de droite que nous avons été frappés par la " fureur " divine " pour nos péchés ".

Et avec notre sensibilité de gauche américaine typique, trop nombreux sont ceux d’entre nous qui ne peuvent s’empêcher de pointer aussi un doigt accusateur. Noam Chomsky nous rappelle qu’en définitive le bombardement par Clinton d’une usine pharmaceutique en 1998 au Soudan - un gardien de nuit avait été tué - était un plus grand crime contre l’humanité que les attaques contre les tours jumelles et le Pentagone. Après tout, argumente-t-il, l’interruption de la production de médicaments a contribué à la mort de milliers d’enfants africains.

Certes, mais suffit-il de dire à nos compatriotes que les raids de mardi dernier sont un salaire bien mérité des erreurs de nos présidents ? Ramsey Clark, du Centre d’action international, semble le penser. Son groupuscule a lancé sur Internet un appel pour un rassemblement devant le Pentagone afin de protester contre " la fièvre de guerre " et la menace de " terrorisme barbare " - sous-entendu les menaces de représailles de Bush. Je comprends qu’il veuille " blâmer l’Amérique d’abord ", mais je suis obligé de me demander si ce n’est pas un peu en décalage actuellement.

Le débat dans la gauche se résume, selon moi, dans un dialogue sur Internet entre Dave Mc Reynolds, de la Ligue des résistants à la guerre, et Jim Chapin, de l’Année mondiale contre la faim. En réponse à Mc Reynolds affirmant que " le soutien à la guerre n’est pas unanime ", Chapin écrit : " Mais 18 personnes ont passé plusieurs années de leur vie et y ont mis fin dans le seul but de tuer autant de New-Yorkais que possible. Beaucoup d’autres sont prêts à le faire. Qu’y a-t-il de commun entre cela et le fait d’entonner des chants de paix ? "

Je suis d’accord. Confrontés cette fois-ci à de réelles menaces, nous devons faire mieux que de simplement " porter témoignage " pour la paix si nous voulons influencer la politique et l’opinion publique.

Le mot d’ordre " Faites l’amour, pas la guerre " était un grand slogan en son temps. Mais je doute qu’il ait beaucoup de sens pour les moudjahidin qui nous font la guerre ici et maintenant, en vue de faire l’amour dans l’au-delà.

John G. Mason

Publié et traduit par l’Humanité


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