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Vote electronique pour le Congrés fondateur de l’UMP
vendredi 22 novembre 2002

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La droite a célébré son unité retrouvée avec le congres de fondation de l’UMP. Ce congres etait aussi l’occasion d’une " premiere " : l’organisation d’un vote electronique a grande echelle (une premiere en france).

Que visait, au juste, l’UMP dans cette affaire ?

-   S’agissait il d’une operation de communication visant donner de l’UMP naissante une image de modernité ?

-  L’UMP attendait elle du vote electronique qu’il élève le taux de participation ?

-  S’agissait il d’un galop d’essai en vue de la généralisation du vote electronique ? Les statuts de l’UMP prevoient explicitement le vote electronique. L’UMP se prepare t elle vraiment a organiser son fonctionnement autour d’Internet (Dans cette hypothese, elle devra inventer des procedures pour que les non-internautes ne soient pas marginalisés).

Le dispositif

L’UMP a experimenté le vote par Internet a l’occasion de ce congres. Un vote " 100 % internet ".

-  Les adherents de l’UMP devaient se prononcer sur six points : les statuts, la charte, le projet de règlement intérieur, le logo, le nom et enfin les équipes dirigeantes de l’UMP. Pour ce dernier point, l’électeur devait choisir entre cinq listes, respectivement menées par Alain Juppé, Mourad Ghazli, Brigitte Freytag, Rachid Kaci et Nicolas Dupont-Aignan.

-  Les adhérents ont reçu deux semaines avant le congrés des courriers contenant identifiant et mot de passe pour pouvoir voter en ligne. Ils pouvaient voter depuis leur domicile, s’ils disposent d’une connexion , ou voter dans les bureaux de leurs fédérations départementales. Ils avaient également reçu une liste de points Internet proches de chez eux.

-  Les non-internautes pouvaient voter par procuration : auquel cas, un internaute-mandataire pouvait voter a leur place.

-  Ils pouvaient, enfin, voter directement, sur place, au congrès fondateur de l’UMP, au Bourget. L’UMP avait confié cette operation a la filiale Europe de election.com, une société americaine specialisée dans l’organisation des operations electorales, très intéressée au developpement du vote en ligne.

Création de l’UMP : 159 000 adhérents votent par Internet

Le fichier electoral

Pour organiser ce vote, l’UMP disposait d’un fichier de 154 500 noms.

Ce fichier resultait de la fusion des fichiers des partis ayant rejoint la nouvelle formation (RPR, DL, une partie de l’UDF, etc.) ou des partis satellites ayant choisi le statut de membres associés. Il comprenait aussi les nouveaux adherents : ceux qui ont rejoint l’UMP depuis avril. Pres de 60 000.

La commission electorale a decouvert a cette occasion le nombre d’adherents reels de ces formations. Le RPR, qui revendiquait 80 000 adherents n’a transmis que 51 000 noms. Il était prévu que seuls les adhérents à jour de leur cotisation en 2002 pourraient voter. Ce droit a finalement été élargi aux militants ayant versé cette cotisation à leur parti d’origine au cours des vingt-quatre derniers mois, ce qui explique le nombre élevé d’adhérents revendiqué par les dirigeants actuels de l’UMP.

Nicolas Dupont-Aignan ( l’un des rivaux d’Alain Juppé a la presidence de l’UMP), a mis en doute le nombre d’adherents : il ne ne dépasserait pas, selon lui, 80 000.

De nombreuses personnes auraient reçu deux, voire trois cartes d’électeur. Des croisements de listes ont bien été faits par election.com, mais en cas de nom mal orthographié ou d’adresse légèrement différente, l’ordinateur ne détectait pas d’anomalie. On peut supposer l’UMP y remediera d’ici 2004 à ce probléme de fichiers.

Contestation

Nicolas Dupont-Aignan n’avait aucune chance d’être élu, il comptait sur cette election pour se faire connaitre et agréger autour de lui les gaullistes historiques et les souverainistes. Nicolas Dupont-Aignan a du caractere. Tout en precisant qu’il n’accusait pas la direction de l’UMP de fraude, il a contesté assez methodiquemement l’organisation du vote, la qualifiant " d’aléatoire. "
-  Fichier electoral : Les personnes ayant reçu plusieurs codes d’acces pouvaient voter plusieurs fois.
-  Vote par procuration : le mandataire ne pouvait, en principe, voter qu’une fois pour le compte d’un adherent, mais c’etait impossible à contrôler puisqu’on ne peut pas vérifier l’identité de la personne qui utilise l’ordinateur.
-  Bureaux de vote : leur nombre etait insuffisant. De plus, faute d’isoloir, le vote n’etait pas confidentiel - Complexité du système pour les personnes âgées et les allergiques à l’informatique

Nicolas Dupont-Aignan conteste l’organisation des élections à la présidence de l’UMP

Faible taux de participation

47 621 personnes ont finalement pris part à ce vote en ligne. Soit une participation inférieure à 29 %, si on retient le chiffre de 164 500 adhérents . D’environ 50% si on retient le chiffre plus plausible de 90 000 adherents.

Dans les deux cas de figure, on est loin du taux de participation a l’election du President du RPR, le 4 decembre 1999 : 70%. Lors du second tour de cette election (qui avait vu Michèle Alliot-Marie l’ emporter sur Jean-Paul Delevoye), 57 170 adherents avaient pris part au vote (sur 81 821 adherents).

Le principal argument avancé par les promoteurs du vote electronique, c’est qu’il augmente le taux de participation. La demonstration reste a faire.

Faible interet des médias

Cette opération a couté assez cher a l’UMP et ses dirigeants en attendaient, probablement, des retombées medias importantes. La presse et la television ont à peine couvert cet aspect du Congres. Les medias sont versatiles. .En 2000 ou 2001, ils s’interessaient au moindre chat politique ... En 2002, ils rendent à peine compte d’un vote electronique a grande echelle. Et passent pratiquement sous silence sa contestation par l’un des competiteurs.

A noter, au passage, ce paradoxe. Si le vote par internet presente un attrait, c’est de pouvoir voter a domicile. En allant voter dans un cybercafé, sous les cameras de television, Alain Juppé a médiatisé l’aspect le moins novateur de cette experience.

Apres coup, les jugements de la presse etaient assez réservés.

La direction de l’UMP reconnaît que le nombre d’adhérents a pu êtresurestimé

Les élections en ligne de l’UMP contestées

Quel avenir pour le vote electronique à l’UMP ?

Répondant à une question concernant le vote par internet, Alain Juppé a déclaré qu’à " l’avenir, c’est une modalité de vote qui s’imposera, elle a le mérite de la simplicité, de la rapidité ". L’UMP a pu experimenter le vote par internet dans ce Congres de fondation car la confrontation des presidentiables et des " mouvements " (l’equivalent a l’UMP des " courants "du PS) n’y etait pas encore ouverte.

Elle a utilisé le vote par internet une logique referendaire.
-  pour ou contre les statuts
-  pour le logo a ou pour le logo B
-  pour ou contre la charte

Renouvellera t elle cette experience lors de son prochain congres, en 2004, quand il s’agira d’elire son president ? Il est permis d’en douter.
-  En 2004, la lutte pour la presidence de l’UMP sera plus âpre. Les " mouvements " et les " presidentiables " souhaiteront se compter.

Si la competition se durcit, il n’est pas certain que les " mouvements " acceptent de s’en remettre a un systeme de vote opaque et incontrolable. Ils regarderont peut être de plus pres le dispositif et les logiciels.
-  L’UMP dispose (pour cinq ans) d’une tresorerie abondante. Il n’en reste pas que genre d’operations coute cher.
-  En 2004, l’organisation d’un vote electronique coutera encore plus cher, car l’election se fera à deux tours, si j’en crois les statuts de l’UMP. Pour permettre aux adherents non-internautes de prendre part au vote, l’UMP devra augmenter le nombre des " bureaux de vote electronique " (notamment dans les zones rurales). L’UMP sera peut etre tentée de retablir le vote par correspondance. Voire des urnes traditionnelles. Ce re-dimensionnement du dispositif entrainera des couts supplementaires.


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