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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > Quel avenir pour France Telecom ? > Scénarios pour France Télécom. Séparation structurelle ? (Débat) | |
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mardi 10 décembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Séparation structurelle : une option intéressante Cette option n°4(Séparation structurelle de France Telecom) serait effectivement très intéressante et permettrait aux collectivités territoriales d’investir dans le développement des infrastructures télécom sans entrer forcément dans des logiques de " duplications de réseaux " ...Cette thèse fut d’ailleurs plaidée avec brio, à Hourtin l’été dernier, par Alain Rousset, le Président de la Région Aquitaine... Elle permettrait de sortir de situation malsaine aujourd’hui où l’on voit France Telecom mener un lobbying auprès des élus locaux pour faire subventionner sur les deniers publics l’extension de la couverture ADSL dans certaines zones non couvertes... SM Distinguer mission d’exploitation commerciale et une démarche d’aménagement du territoire Une analogie fréquente est faite entre la séparation structurelle de FT et la scission SNCF-Réseau ferré de France, et je la trouve juste : la SNCF est réorientée vers les services et cesse d’être prise en porte à faux entre une mission d’exploitation commerciale et une démarche d’aménagement du territoire et de service public, que seule la puissance publique peut porter. A ne pas distinguer clairement ces deux options, on est en train de voir la Poste fermer des bureaux qui ne sont pas commercialement rentables alors qu’ils sont socialement utiles, voire structurants (ou alors, demander à l’Etat les milliards nécessaires).Deux différences à signaler entre France Telecom et rail : il y a peu de chances que le réseau ferré se développe encore, et le réseau actuel de France Telecom est loin d’avoir la capillarité et la modernité nécessaire (beaucoup de centraux pas opticalisés, investissement massif sur l’ADSL, une techno asymétrique et qui appartient au passé, etc). Du point de vue du contribuable, faut-il investir aujourd’hui sur les réseaux d’hier ou ceux de demain ?
En toute hypothèse, verser 9 milliards à France Telecom (et ce n’est qu’un début) sans contrepartie aucune, et renflouer cette entreprise pour s’apprêter à en perdre totalement le contrôle alors qu’elle est aujourd’hui parfaitement structurante dans les domaines télécom et TIC, c’est certainement la plus mauvaise solution. JM Le précedent italien Cette proposition n’est-elle pas excessivement " régionaliste " ? N’est-elle pas, au final, très proche des projets de J.-P. Raffarin en matière de décentralisation (avec les hypothèques qu’elle fait lourdement peser sur le principe d’égalité entre les régions) ? Si ta proposition était mise en oeuvre, la France ne risquerait-elle pas de retrouver des télécoms d’aussi mauvaise qualité que le fixe Italien avant Telecom Italia ? Sur ce dernier point, je rappelle que les Italiens ne pouvaient quasiment pas se passer un coup de fil à l’époque où les réseaux fixes étaient gérés par des agences publiques régionales. Les régions étaient bien entendu incapables de travailler ensemble correctement, et surtout - justement - d’avoir une vision d’ensemble des besoins de la population et des types d’investissements à consentir, notamment en termes d’interconnexion des réseaux et d’interopérabilité des systèmes. Et je ne suis pas convaincu qu’une " agence centrale " de coordination pourrait permettre de passer outre cette difficulté. En toute hypothèse, c’est bien pour cette raison, je crois, que les Italiens ont finalement mis fin à ce système régionalisé. CR Désosser ou clarifier ? Il est de belles idées, grandes, simples et claires, qui se communiquent aisément, s’entendent tout autant, et feraient mieux de rester des idées. Le scénario "séparation structurelle" me plonge dans la perplexité, accentuée par le fait que ce soit le seul et unique point qui ait fait réagir à ce jour. Ne me sentant moi-même pas très sûr, permettez-moi de vous poser, oh grands désosseurs munis de si grands couteaux, quelques questions simples :
Je ne sais pas s’il faut désosser, je pense seulement qu’il faut clarifier les rôles, celui du service public national et celui d’une société commerciale. [BM] Décentraliser ... Il me semble que la réaction de CR comme celle de BM ont du mal avec la décentralisation et la dévolution de compétences nationales aux territoires ; Defferre n’est pas, rappelons-le, synonyme de Raffarin, et on n’a pas attendu la droite pour avancer dans cette voie. Il ne me semble pas que pour quiconque, la décentralisation revienne à désosser la république et abolir la nation pour arriver à un entassement de féodalités : dans notre pays, la fiscalité reste nationale, le Parlement aussi, etc., nous avons juste cette particularité d’une administration de " pays conquis ", avec le doublonnage Etat-territoires sur beaucoup de sujets, et l’Europe par dessus.
Derrière tous nos raisonnements il y a manifestement des causes culturelles : un certain attachement à France Telecom, amplifié par la solidarité qu’appellent ses graves difficultés actuelles, face à ce qui est vécu comme un dépeçage ; ou pour ma part la certitude qu’il y a là maintenant un opérateur qui n’a plus rien de public et qui est simplement dominant, mal en point et plus court-termiste que jamais, et qui ne veut pas accepter l’idée que les réseaux de demain seraient centrés sur l’usager et le local, non sur les centraux. Quand France Telecom essaie de se faire subventionner les DSLAM par tous les moyens, on marche sur la tête. Il faut certainement sortir de là. Non sans prudence, je vous l’accorde. (MJ) Histoire d’eau Sans rapport instantané, je voudrais mentionner une histoire d’eau : les opérateurs de réseaux d’eau en Allemagne, et dans une large mesure au Royaume-Uni, pays décentralisés, étaient possédés par les collectivités locales ou régionales. Leur marché était ipso facto limité, et leur modèle économique peu fondé sur une stratégie de croissance portée par l’innovation, avec partage de la rente de l’innovation sur longue période, s’amortissant sur des marchés vastes, mais plutôt sur une vente au coût marginal de production, avec peu d’investissements vers l’innovation, et des préoccupations essentiellement locales. Il n’en était pas de même en France, dès après la guerre, où les contrats d’affermage à 20 ans permettaient ce type de développement (sans être exempts de défauts, certes...) et induisaient la formation de compétences de haut niveau, sur la longue période, qu’un encadrement environnemental contraignait par ailleurs à du progrès technique. Et au départ, on partait partout de pays en fort mauvais état, justement à la suite de la guerre, où l’essentiel était à reconstruire. 50 ans plus tard, il y a deux groupes leaders mondiaux, d’origine française. Et les opérateurs locaux ont été rachetés les uns après les autres. Pour diverses raisons, la qualité de l’eau est parfois menacée, mais la France demeure l’un des pays où elle est la meilleure -voir à ce sujet les matrices de rating d’agences d’évaluation qui n’ont pourtant pas une tendresse excessive envers notre pays. Je sais, c’est du très long terme, 50 ans, et l’eau n’est pas les télécoms. TGV)
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