![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
||
|
|
Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Libertés, vie privée, surveillance > Projet de loi Sarkozy "sécurité intérieure" > Projet de loi "sécurité intérieure" : le point de vue de la Ligue des droits de l’homme | |
|
|
||
|
mercredi 20 novembre 2002 Imprimer cet article | Cet article au format PDF L’extension des fichiers
Elles pourront êtres recueillies, par l’ensemble des forces de l’ordre, dans toute procédure de quelle que nature qu’elle soit, au-delà des contraventions de 5ème classe, mais y compris aussi s’il s’agit "d’un comportement en rapport avec une forme de délinquance organisée ou attentatoire avec la dignité des personnes" (article 7 1er §)
Il y aurait quelque paradoxe à considérer qu’une absence de charges doit être traitée d’une manière différente que les décisions de relaxe ou d’acquittement. Il y aurait, surtout, à retenir cette démarche, une véritable atteinte à la présomption d’innocence.
Les informations figurant dans ce fichier pourront être transmises sans contrôle des juges à d’autres services de police étrangers ou à des organismes de coopération internationale en ce domaine. Les restrictions apportées en ce domaine ne permettent nullement d’écarter le risque que ces informations n’aboutissent, in fine, entre les mains de services ne respectant pas les normes françaises minimales en cette matière. Il faut que : • Que la loi soumette au contrôle d’un juge du siège la décision de mentionner une personne dans ces fichiers. • Que les faits concernant les mineurs soient retirés de plein droit à leur majorité. • Que la notion de police de sécurité disparaisse de la loi • Que les critères d’acquittement, de relaxe, de non-lieu et de classement sans suite pour défaut de charges soient traités sur le même plan. • Que la loi fixe de la même manière les conditions d’entrée et de sortie des fichiers et la durée de conservation des informations sans que celle-ci puisse dépasser une durée raisonnable. Fichier d’empreintes génétiques Augmentant les cas d’entrée dans un fichier, le projet accroît aussi le type de fichier puisque les mêmes mesures autorisent, avec les mêmes extensions (à l’exception de certains délits financiers), l’entrée dans un fichier génétique, jusque-là réservé aux seuls délinquants sexuels. Ce traitement n’est plus réservé aux personnes simplement soupçonnées mais aux personnes "concernées" par une procédure, c’est-à-dire et y compris un simple témoin même pas suspecté et ce à une peine de 2 ans de prison (6 mois en cas de délit) et d’une forte amende.
Il s’agit là d’une véritable atteinte à l’égalité des citoyens devant la loi qui n’a aucune justification. On peut réitérer à propos du fichier des empreintes génétiques les mêmes observations que ci-dessus. Au total, la LDH observe que le projet soumis au parlement implique que le nombre de personnes fichées, et n’ayant pas fait l’objet d’une condamnation, soit démultiplié par un facteur très important. A tenir compte du nombre d’infractions commises annuellement en France, et en tenant compte des personnes qui peuvent y être concernées (victimes, témoins, personnes suspectées et, in fine, personnes coupables), ce sont au moins 15 à 20 millions de personnes qui seront fichées. C’est pourquoi le but recherché par le projet gouvernemental n’est pas justifié au regard des risques que font nécessairement courir aux libertés individuelles la constitution de bases de données d’une telle ampleur. Note argumentaire sur le projet de loi de Sarkozy
|
||
|
|
||