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vendredi 17 janvier 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le chômage des Parisiens a augmenté de 20 % en 2002. Acteurs économiques et élus vont se retrouver mardi 21 janvier pour tenter d’inverser la tendance. La municipalité estime que la ville doit résister à la tentation de la "capitale-musée". Alors que la ville a déjà vu disparaître quelque 200 000 emplois depuis une douzaine d’années, cette augmentation du chômage affecte d’abord les cadres, qui sont 40 % de plus qu’en 2001 à avoir perdu leur travail en 2002, et les jeunes de moins de 25 ans, dont les inscriptions à l’ANPE ont augmenté dans les mêmes proportions. Selon Laurent Davezies, professeur à l’université Paris-XII (Créteil) et à l’Institut d’urbanisme de Paris, "la capitale amplifie toujours les cycles de croissance et de récession, explique M. Davezies. Cela s’explique par la grande réactivité des entreprises, dans des secteurs souvent très sensibles à la conjoncture. Dans la recherche et le développement, en aéronautique comme dans les biotechnologies, dans l’audiovisuel comme dans l’informatique, les restructurations ont ainsi été très rapides pour suivre l’évolution des marchés. Mais ces entreprises, mieux préparées à la reprise, sont aussi les premières à pouvoir réembaucher." Avec plus de 1,3 million d’emplois pour 2,15 millions d’habitants, Paris garde beaucoup d’atouts. Malgré la dématérialisation des marchés, la capitale reste une des principales places financières européennes et n’arrive qu’après Tokyo pour le nombre de sièges sociaux des plus grandes entreprises. Avec 36,4 millions de visiteurs et 276 congrès organisés en 2000, c’est aussi la première destination mondiale pour le tourisme, avec à la clé des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects. Grâce à ses universités, aux grandes écoles et aux nombreux instituts de recherche, Paris connaît le plus fort taux français d’investissement dans l’innovation. Enfin, Paris est en tête dans nombre d’activités traditionnelles, comme la mode, la parfumerie, la joaillerie et les métiers d’art, qui proposent également de nombreuses filières créatrices d’emplois. Cette structure économique entraîne une forte mortalité des entreprises parisiennes. Ainsi, ce qu’on a appelé le Silicon Sentier, avec ses centaines d’emplois, a quasiment disparu en quelques mois, après l’éclatement de la bulle Internet. C’est justement pour accueillir et conseiller les jeunes patrons prêts à s’engager dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), mais aussi dans les biotechnologies, ou encore dans la création artistique, que la Ville de Paris souhaite quadrupler les surfaces destinées à accueillir des incubateurs et des pépinières d’entreprises. Par ailleurs, devant la disparition d’un certain nombre de commerces dits "de proximité", en raison du renchérissement des loyers dans le centre historique de la ville, la mairie souhaite louer, à des tarifs qui augmenteront progressivement dans le temps, les rez-de-chaussée des immeubles sociaux de la Ville, d’autant que ceux-ci, souvent murés, contribuent à la dégradation de l’image de certains quartiers. La mairie s’inquiète également de l’appauvrissement d’une partie de la population parisienne, victime de la crise économique. Près de 40 000 Parisiens sont touchés par le chômage de longue durée et 50 000 foyers ne vivent que grâce au RMI. La Ville a donc décidé d’augmenter ses aides au retour à l’emploi, en soutenant réseaux et associations d’insertion. Mais la principale question pour les élus parisiens est de savoir si, après des années d’une gestion peu préoccupée des questions économiques, la Ville doit maintenant consacrer une partie des rares terrains qui se libèrent intra-muros à la création de nouvelles zones d’activités. Avec la désindustrialisation des trente dernières années, celles-ci ont laissé la place à des programmes de logements dont les habitants sont d’ailleurs les premiers touchés par la récession économique. Les prochains documents d’urbanisme de la Ville de Paris pourraient donc être plus souples, à la fois sur la vocation des terrains à aménager, comme les friches ferroviaires du nord-est de la capitale, et pour autoriser plus facilement des changements d’affectation des locaux. Certains logements, mais aussi des bureaux, comme des ateliers d’artisanat, pourraient ainsi changer rapidement d’affectations pour s’adapter à la conjoncture, en accueillant à chaque fois de nouveaux emplois. Repli de l’emploi aussi aussi pour l’Ile-de-France Ce repli tient à la spécialisation des économies parisienne et francilienne. Les nouveaux emplois industriels, en particulier dans l’automobile, ont été créés essentiellement dans d’autres régions. Les Parisiens sont de plus en plus nombreux à se rendre en banlieue chaque matin et les flux d’échanges de toutes natures augmentent très rapidement en grande couronne. Mais si Paris a vu disparaître plus de 200 000 emplois au cours de la dernière décennie, les trois départements de la proche banlieue n’en ont gagné que 20 000, et les quatre de la grande couronne 160 000, pendant que plus de 750 000 postes nouveaux ont été créés sur l’ensemble du territoire. La politique volontariste de délocalisation d’emplois publics n’explique pas tout. Ce repli tient à la spécialisation des économies parisienne et francilienne. Les nouveaux emplois industriels, en particulier dans l’automobile, ont été créés essentiellement dans d’autres régions. L’implantation de centaines de sièges sociaux dans les grands quartiers d’affaires de Paris, à la Défense et, depuis peu, sur la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, n’a pas compensé la disparition de la plus grande partie des emplois industriels. Paris à la recherche de ses emplois perdus le Monde Les industries quittent aussi l’Ile-de-France. le Monde
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