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L’europe à travers les controbutions générales (2)
samedi 18 janvier 2003

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Contribution 09 - Socialistes : notre histoire a un avenir !

Groupe du 17 novembre

Passer du grand marché à l’Europe fédérale

L’Europe n’est pas un territoire, c’est un projet. La faiblesse actuelle de l’Union vient de l’épuisement de son projet initial (réaliser le marché unique), et de l’absence de volonté politique des dirigeants des Etats membres. La clé de l’avenir de la construction européenne n’est donc pas dans une conception a priori de son élargissement présent ou futur, mais dans le projet collectif et l’espace politique qui naîtra des travaux de la Convention et de la constitution sur laquelle les peuples devront se prononcer. Aux socialistes de prendre aujourd’hui à bras-le-corps le débat sur l’élaboration de la constitution et de faire en sorte que la nature du projet et des structures politiques de l’Europe rendent possible la bataille pour un socialisme européen. D’ores et déjà, l’Europe est, à travers son modèle social et nombre de ses politiques, une alternative à la mondialisation libérale. C’est en développant ses politiques publiques et sa démocratie que l’on pourra accentuer cette orientation et la porter sur la scène internationale.

Pour l’Europe fédérale

-  Définir dans la future constitution de nouveaux objectifs pour l’Union européenne : la paix et la coopération internationale, la démocratie, le développement durable et solidaire , la réduction des inégalités sociales et territoriales, faire de la charte des droits fondamentaux son préambule

-  Donner à l’Union européenne une mission d’orientation du développement économique au service de l’emploi :

o rendre la Banque centrale européenne responsable devant le Parlement européen, à qui il serait confié la désignation de son Président, le contrôle de son activité, et la possibilité de modifier ses statuts à la majorité qualifiée. La constitution européenne doit donner à la BCE un objectif complémentaire de plein emploi o remplacer le pacte de stabilité par un pacte d’orientation économique : chaque année, le Conseil européen fixerait, sur proposition de la Commission et après avis du Parlement, les maxima de déficit public par pays, en tenant compte de la conjoncture économique et des programmes d’investissement public o donner à l’Europe les moyens de mener de nouvelles politiques en acceptant d’augmenter ses ressources o adopter une définition ambitieuse des services publics et un ensemble de droits sociaux fondamentaux

-  Donner naissance à un espace politique européen :

o créer un droit d’interpellation permettant aux citoyens d’inscrire un sujet à l’ordre du jour du Parlement européen, de la Commission ou du Conseil selon la nature des questions soulevées o un mode de scrutin identique dans tous les pays de l’Union pour les élections européennes, première étape vers un scrutin européen o un référendum le même jour dans toute l’Union européenne sur le futur projet de constitution

-  Des institutions fédérales originales pour l’Europe

o pour toutes les politiques pour lesquelles les compétences ont été transférées à l’Union et confirmées dans la constitution, la Commission, issue de la majorité du Parlement, doit être un véritable gouvernement européen, responsable devant le Parlement et le Conseil lequel jouant un rôle de deuxième chambre représentant les Etats et décidant à la majorité. Cela passe par la suppression des instances discrètes dans lesquelles les hauts-fonctionnaires des Etats membres contrôlent et encadrent les actes de gestion de la Commission (comitologie), et l’extension des pouvoirs de co-décision du Parlement, notamment à la PAC o l’Europe doit se doter d’une représentation unique dans toutes les instances internationales à vocations économique, sociale et environnementale o les politiques d’asile, de justice et de sécurité intérieure doivent devenir des politiques communes afin notamment de donner la priorité à la lutte contre la délinquance financière et le développement des mafias o pour toutes les autres politiques, pour lesquelles la règle reste celle de la coopération intergouvernementale, maintien de la prédominance du Conseil


Contribution 13 - Reconstruire la citoyenneté

Jean Glavany-Jean Louis Bianco

Citoyens européens.

L’Europe est en panne. Un septennat vient de s’achever qui est le premier depuis des décennies sans que la France ne prenne une initiative européenne d’envergure. Si le couple franco-allemand semble se remettre lentement en marche, cela n’aboutit à ce stade qu’à des compromis foireux (la double présidence) soit à une tergiversation coupable (sur la réforme de la PAC).

Au-delà, les débats européens sont totalement étrangers à nos concitoyens pour lesquels les questions institutionnelles sont inabordables. Tout cela parce que les politiques n’osent pas prendre leurs responsabilités en assumant, dans leurs pays, les décisions politiques qu’ils ont prises à Bruxelles plutôt que de se réfugier, démagogiquement, derrière les " bureaucrates bruxellois ", ni porter au niveau européen les débats politiques majeurs qui sont les leurs. L’Europe est une nécessité, mais elle n’est pas un bien en soi !! Là encore, il faut retrouver la voie - et la voix ! - d’un militantisme pour une Europe de Gauche contre une Europe libérale.

Après François MITTERRAND qui disait " la France est notre patrie, l’Europe est notre avenir " les socialistes sont profondément engagés dans la construction européenne et doivent le rester. Mais ils doivent le rester les yeux ouVerts et, pour cela, éviter deux écueils :
-  la critique protestataire qui pousse à l’extrême, celle qui, par exemple, voudrait nous amener à combattre l’élargissement alors qu’il est une chance pour l’Europe
-  l’eurobéatitude de ceux qui continuent à crier " l’Europe, l’Europe ! " comme si celle-ci était, en elle-même, porteuse de bienfaits et, par leur technocratisme européen, nous éloignent du peuple, de ses angoisses et de ses attentes profondes à l’égard de l’Europe. Ceux-là sont même plus dangereux que les premiers qui, au moins, osent le débat : en le confinant aux élites, ils participent d’une pratique profondément antidémocratique.

NON. Il faut sortir de ce piège qui peut être fatal et ne pas hésiter à " mettre les pieds dans le plat " : l’Europe est une nécessité incontournable pour notre avenir ....mais pas n’importe quelle Europe !

Pas l’Europe libérale ! Pas l’Europe désincarnée ! Pas l’Europe loin des gens ! Pas l’Europe réservée à un débat d’initiés.

Il nous faut refaire de la politique au niveau européen, ce qui signifie à la fois d’envisager plus concrètement et plus efficacement l’action du Parti des socialistes européens et d’agir simplement pour l’émergence d’une citoyenneté européenne autour de 3 objectifs principaux : contribuer à faire de l’espace européen un lieu de débat démocratique (pour construire la citoyenneté européenne, il faut un militantisme européen ! Et que vive et rayonne le Parti des Socialistes européens !)

Le Parti Socialiste doit réinvestir politiquement le chantier européen.

Il doit, pour cela : d’une part inventer un mode d’organisation du débat européen en son sein, dans la permanence du travail de toutes ses instances politiques d’autre part proposer au Parti des Socialistes Européens un projet d’échanges et de mobilisations concrètes réguliers de tous les partis socialistes et sociaux démocrates européens sur des enjeux politiques majeurs.

-  être intransigeant sur la construction d’une puissance solidaire : le débat sur la nature de l’Europe que nous construisons n’est pas tranché, entre les tenants autour du Royaume-Uni d’une zone de libre échange vaguement améliorée et ceux qui, comme nous, veulent une entité organisée, puissante et solidaire ). Il n’est pas tranché car c’est un combat ancien et permanent ! De ce point de vue, l’adhésion de l’Angleterre, il y a 30 ans, aura infiniment fait plus pour l’Europe libérale que celle de tous les PECOS réunis ...

Restons mobilisés pour ce combat et, notamment, pour défendre une conception des services publics qui sauvegarde la capacité de ceux-ci à être des acteurs de l’égalité des chances et de la cohésion sociale.

Mobilisons-nous aussi au plan européen pour imposer une redéfinition de la mission de la Banque Centrale européenne : à la sacro-sainte et exclusive référence à l’inflation, ajoutons-lui la croissance et l’emploi comme objectifs prioritaires. Ce qui a été possible pour la Federal Reserve américaine ne le serait donc point sur notre vieux continent ?

-  dire clairement avec qui et comment on peut construire cette puissance solidaire : les interrogations de nos concitoyens sur le futur élargissement, la polémique récente sur l’entrée de la Turquie illustrent à quel point les idées sont brouillées. Ce débat sur l’éventuelle adhésion de la Turquie est, à bien des égards révélateur d’une absence de repères qui angoisse, à juste titre, nos concitoyens : " Quand les bornes sont franchies, il n’y a pas de limites " disait Pompidou ....et nos concitoyens de se demander si, dans un délire collectif, les dirigeants européens ne s’acharneraient pas à " charger la barque ", sans limites et sans se rendre compte qu’elle se dirige droit vers des récifs.

De fait, on en revient toujours au même débat, c’est-à-dire au même combat : l’Europe cohérente et solidaire contre l’Europe diluée et libre-échangiste. C’est à l’aune de ce débat, de ce combat, et de celui-là seulement, que doit être appréciée l’adhésion de la Turquie : si l’on pense que celle-ci peut faire progresser l’Europe cohérente et solidaire , alors, il ne faut pas hésiter !

-  Et en cesser avec cette hypocrisie généralisée de Chefs d’Etat et de Gouvernement qui disent " oui, bientôt " à la Turquie à chaque réunion européenne et, rentrés chez eux, se confient : " de toutes façons, ça ne se fera pas ". En vérité, cette tentative a quelque chose de suicidaire : comment convaincre nos concitoyens de la pertinence de l’Europe si on ne sait plus lui trouver une bonne raison ? (on appelle " bonne raison " une raison opposable aux tiers, au Maghreb en particulier). De sa force si elle est diluée ? De sa protection si elle n’a plus de frontière ? La réalité objective, c’est que l’adhésion de la Turquie serait une défaite de l’Europe cohérente et solidaire , une victoire de l’Europe anglo-américaine.

La seule conclusion qu’il faut donner à ce débat, c’est qu’il est urgent de donner à l’Europe un statut intermédiaire qui permette à des pays à ses limites, comme la Turquie, les pays du Maghreb et, pourquoi pas, derrière, la Russie de s’associer à elle sans en être membre. C’est un chantier urgent à ouvrir dans le cadre du parti des socialistes européens. Avec, toujours, l’obsession de convaincre nos concitoyens européens ....


Contribution 14 - Rassembler les forces de la reconquête

Marie-Noëlle Lienemann

REORIENTER LA CONSTRUCTION EUROPEENNE

Nous ne pouvons plus repousser sans cesse l’indispensable réorientation de la construction européenne. Le préalable est démocratique. L’avenir de l’Europe ne saurait continuer de se négocier entre gouvernants nationaux et responsables européens, à l’exclusion de toute intervention des populations. Comme en France, en Europe, nous défendrons le rôle déterminant du parlement parce qu’il représente le peuple, l’intérêt général. Notre choix doit être celui de l’affirmation du droit des peuples à être consultés sur les conditions de l’élargissement de l’Union, bien sûr, mais aussi sur les conclusions de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Nous devons immédiatement mobiliser nos concitoyens pour que la future constitution soit obligatoirement ratifiée, en France, par un référendum. Et d’ailleurs, pour l’avenir, il faudrait que la Constitution française prévoie que toute modification des traités européens soit obligatoirement acceptée par voie référendaire ; nul doute que cette automaticité démocratique pèserait sur le contenu des décisions.

L’urgence est sociale. Un traité social doit consacrer le principe de la convergence des standards sociaux en les harmonisant par le haut pour combattre les délocalisations et le dumping, qui instaure dans toutes les entreprises ou groupes présents en Europe des règles de démocratie sociale qui fasse du plein emploi et de la recherche de la croissance les objectifs majeurs des politiques économiques et monétaires de l’UE, s’imposant même a la banque centrale. Pour s’opposer à la politique de dérégulation qui prévaut aujourd’hui, une directive cadre sur les services économiques d’intérêt général, doit garantir les services publics.

L’Union européenne doit devenir l’un des moteurs de la croissance des pays membres en sortant des contraintes monétaristes du pacte de stabilité, en lançant de véritables programmes de grands travaux dont nos pays et nos concitoyens ont besoin, en développant une politique fiscale favorable à l’emploi comme des baisses de TVA qui devront être compensées par un renforcement des impositions sur le capital ou les profits. Ces grands travaux, financés par un grand emprunt ou la création d’un impôt communautaire, permettraient de :

· combattre les inondations et restaurer un bon état écologique de l’eau dans toute l’UE · développer les infrastructures et les transports collectifs pour le fret, les passagers et en ville ; · réduire les gaz à effet de serre et développer les énergies propres et renouvelables ; · renforcer la recherche pour combattre les maladies ; · initier de véritables programmes de co-développement avec le sud.

Plus largement, pouvoir doter l’Europe d’un réel pilotage économique et d’une influence retrouvée sur la monnaie est vital pour que les peuples retrouvent confiance en la politique et en l’avenir. Parce que nous sommes résolument européens, nous ne pouvons laisser l’Union se diluer dans un magma informe d’inspiration libérale.

L’Europe doit exister au niveau international, face au géant américain, par une politique commune en matière de Défense comme dans le domaine de la politique étrangère ou celui de la régulation économique mondiale. Même si cela paraît mal parti, il faut tout faire pour que la future Constitution inclut toutes ces dimensions politiques, économiques, sociales ainsi que la Chartre des droits fondamentaux, qui mériterait d’être améliorée.

L’élargissement fait peser des risques majeurs sur notre projet d’une Europe, fédération politique, capable d’assurer de vrais arbitrages économiques, monétaires, de défendre un modèle social et culturel ambitieux, d’affirmer sur la scène mondiale une autre voie pour la planète. Aussi la constitution d’un noyau plus restreint et plus cohérent est, sans doute, la solution d’avenir.

Pour mener à bien cette réorientation, nous avons besoin d’un outil efficace ; il nous faut donc faire du PSE un vrai parti, transnational, démocratique, avec une vraie base militante et une vraie ligne politique. Cette mutation nécessite une nouvelle pratique où tous les militants du PSE auront à voter directement sur un ou plusieurs textes alternatifs. Notre parti devrait proposer au prochain congrès du PSE un mémorandum pour préparer cette transformation sur l’avenir du socialisme européen et soumettre aux votes ces lignes directrices. Nous ne sommes pas les seuls à nous interroger et à tirer les leçons de la douloureuse expérience d’une majorité de gouvernements de gauche en Europe qui n’a pas su faire suffisamment avancer nos idées.

L’Europe n’est pas notre seul horizon et l’organisation politique et économique de l’espace méditerranéen doit être un engagement concret de notre génération qui dépasse la réponse à donner aux états, comme le Maroc ou la Turquie, qui ont déjà fait acte de candidature à l’Union. A l’instar de ce qu’avait imaginé, en son temps, François Mitterrand pour les pays de l’Est, nous devons proposer la création d’un Conseil de développement des pays du bassin méditerranéen, partenaire du Conseil de l’Europe, pour répondre par des politiques multilatérales, aux demandes de ces pays d’intégrer l’espace communautaire.


Contribution 15 - La contribution des militants

Marc Dolez

LA CONTRIBUTION DES MILITANTS

Quelle Europe voulons nous ?

Les Socialistes sont Internationalistes et Européens.

Car, comment " refuser l’ordre des choses " sans s’attaquer au capitalisme financier international, à la mondialisation libérale et ses effets pervers ? Nous ne pouvons malheureusement qu’en faire le constat : aucune alternative de gauche n’existe aujourd’hui et le silence du PSE (Parti Socialiste Européen), comme celui de l’Internationale Socialiste, est assourdissant.

Notre Parti lui-même reste particulièrement frileux dans la reconnaissance et l’accompagnement des mouvements qui se battent pour un " autre monde ". La réactivation de la dimension internationale du combat de la gauche passe par une initiative forte sur le plan européen. L’Europe garantit la paix à l’intérieur de ses frontières depuis 50 ans et constitue le seul espace pertinent de résistance à l’impérialisme américain. L’Europe est aussi au coeur des enjeux de la mondialisation . Mais il ne suffit pas d’affirmer que l’on est pour l’Europe, il faut dire quelle Europe les Socialistes veulent construire et dans quel but. Cela est d’autant plus urgent que l’Europe perd chaque jour de sa crédibilité en raison de son incapacité à apporter des réponses aux problèmes cruciaux de notre époque : la paix dans le Monde, l’emploi, la sécurité alimentaire, le développement durable, l’aide aux pays en voie de développement. Cela est d’autant plus urgent pour réussir l’élargissement de 15 à 25, actuellement en cours.

Le projet européen ne saurait se limiter à un espace économique, commercial et monétaire. Il manque à l’Europe le pouvoir politique de peser de tout son poids sur son devenir, sur la maîtrise de la mondialisation , la réduction des inégalités des développements et le règlement des conflits. Indépendamment des politiques communes actuelles, pour avancer de manière significative sur la voie de l’Europe politique et sauf à la condamner à l’impuissance, il faut poser la question majeure des transferts de souveraineté que chaque Etat est prêt à concéder.

La solution réside probablement dans une redéfinition des compétences entre l’Union Européenne et les Etats Membres, dont le principe serait le suivant :

-  A l’Union Européenne tout ce qui concerne la maîtrise de la mondialisation (y compris sur le plan social), la politique étrangère, la politique de défense, la politique monétaire, le développement durable, l’harmonisation fiscale, la coopération avec les pays en voie de développement.

-  Aux Etats et acteurs Nationaux, toutes les autres compétences comme l’éducation, la protection sociale ou la culture.

Il n’y aura jamais d’Europe politique, crédible et légitime, sans réforme démocratique de ses institutions, ce qui signifie, pour les compétences transférées, la mise en place d’un Gouvernement Européen, conduit par un premier ministre de l’Union et responsable devant le Parlement Européen. Cela suppose à terme une diplomatie européenne unique, appuyée sur une représentation unique de l’Union Européenne dans les autres pays et incarnée par un ministre des affaires étrangères de l’Union Européenne. L’existence de la monnaie unique exige aussi que le Gouvernement Européen impose à la Banque Centrale Européenne, dont l’indépendance sera abrogée, les orientations essentielles de la politique monétaire.

Nos propositions :

Pour mener un tel projet, le Congrès mandatera les instances dirigeantes du Parti pour engager immédiatement des discussions avec les autres Partis Socialistes Européens afin d’ aboutir : le plus vite possible,

-  à la transformation du PSE en véritable formation politique, l’adhésion au PS entraînant automatiquement l’adhésion au PSE.

-  dès les élections européennes de 2004, à la présentation d’un projet politique européen commun reprenant les orientations exposées plus haut et proposant entre autres mesures phares : • l’instauration d’une taxe sur les mouvements de capitaux, comme la taxe Tobin , et sur la spéculation boursière. • l’annulation pure et simple de la dette des pays en voie de développement (tous les organismes internationaux étant appelés à en faire autant).

-  à la convocation d’Etats Généraux de la gauche européenne, réunissant la diversité des organisations politiques sociales et associatives, pour construire ensemble une alternative à la mondialisation libérale.

Sur le plan interne, et pour bien marquer la priorité désormais accordée à la dimension européenne de son action, le Parti Socialiste appliquera les dispositions suivantes :

-  la position du Parti Socialiste sur tout référendum, relatif à l’élargissement de l’Europe et aux résultats de la Convention, sera arrêtée par un vote de l’ensemble des militants.
-  toutes les Fédérations se doteront d’un secrétariat fédéral aux affaires européennes et développeront des actions de jumelage et coopération avec les socialistes européens.
-  nos têtes de liste aux élections Européennes de 2004, comme d’ailleurs tous nos candidats, s’engageront à siéger au Parlement Européen pendant l’intégralité du mandat


Contribution 16 - alternance ou alternative

Louis Mermaz

Le recours à l’Europe, mais à quelle Europe ?

L’Europe, aussi engluée soit-elle dans la technocratie, aussi influencée soit-elle aujourd’hui par le libéralisme économique d’Outre-Atlantique, aussi affaiblie par le cavalier seul de la Grande-Bretagne, peut un jour provoquer la naissance de cette alternative. Quel avenir pour chacun de nos pays, s’il demeurait isolé, face à la puissance des Etats-Unis, face à celle retrouvée de la Russie, de la Chine dans vingt ans, un jour face à celle de l’Inde ou du Brésil ? Qui ne voit le problème d’échelle qui se pose à nous dès maintenant ? N’aurions - nous pour vocation désormais que de figurer comme le musée de nos gloires passées ?

Oh ! Certes mieux eût valu avancer sur le dossier de l’approfondissement des institutions européennes avant de traiter de celui de l’élargissement à dix nouveaux pays. Mais notre acceptation aura été, en fin de compte, un non clair au non-à-l’élargissement. Comment pouvions-nous casser une dynamique encore fragile après avoir attendu avec inquiétude une réponse enfin positive des Irlandais ? Il ne fallait surtout pas stopper un processus de confiance en l’avenir de l’Europe, car la naissance d’une Europe puissance politique est loin d’être encore acquise. La création de l’euro a marqué une avancée importante. Nous voulons encore espérer de ce que seront les propositions de la Convention sur l’avenir des institutions européennes et la décision des Etats et des peuples. Le moment venu il faudra les consulter.

Le problème de la double souveraineté des Etats et de l’Union européenne est dorénavant posé, comme celui du vote à la majorité qualifiée. Mais nous n’avancerons que si le partage des responsabilités est formulé dans la clarté. Chacune de nos nations voudra conserver des prérogatives (ainsi la France a-t-elle des relations privilégiées avec certaines régions du monde, une culture à préserver, la francophonie à soutenir avec d’autres). Mais face au reste du monde l’Europe devra disposer, - après la politique agricole commune, le commerce extérieur, la monnaie unique -, d’une politique économique, d’une diplomatie et d’une défense communes. Affirmer cela, c’est revendiquer tout autant des institutions démocratiques et équilibrées qui devront peu à peu ouvrir la voie à une vraie fédération d’Etats - nations. Il est indispensable que sur un sujet aussi complexe le parti socialiste fasse connaître, au - delà des pétitions de principe, ses propositions à moyen et long terme.

La question des institutions européennes est essentielle : ou bien nous serons les architectes d’une Union européenne qui s’exprimera d’une même voix sur les grands sujets du monde ou bien nous deviendrons une zone de libre-échange sous influence américaine. Le choix est posé : être citoyens européens ou simples clients des Etats - Unis.

La façon dont est abordé le problème de la candidature turque est d’ailleurs révélatrice. Il ne s’agit pas pour nous d’une question de culture, voire de géographie, encore moins de religion, mais du respect des valeurs démocratiques, des libertés et des droits de l’homme, de l’obéissance de l’armée au pouvoir politique détenant sa légitimité des citoyens. De ce point de vue les conditions d’une adhésion ne sont pas remplies aujourd’hui.

Nous comprenons le désir ardent des démocrates et des forces de progrès depuis si longtemps opprimés de faire évoluer leur pays en l’amarrant à l’Europe. Mais comment ne pas poser un jour la question de l’adhésion des trois pays du Maghreb, s’ils remplissent les conditions fixées ? La perspective d’un traité d’association ne serait - elle pas plus fructueuse que l’ambiguïté qui sera entretenue jusqu’en 2004 et au - delà ? Comment ne pas s’élever contre l’indécente pression de l’administration américaine qui voit essentiellement dans l’adhésion de la Turquie un enjeu géopolitique pour les Etats - Unis ? Pour les Européens l’objectif est de construire une Europe ayant vocation à nouer un jour des liens privilégiés avec les pays de la rive sud de la Méditerranée.

Quand l’Europe justement sera - t- elle capable d’affirmer une volonté propre vis - à - vis de son allié ? D’avoir sa politique étrangère. Non pour se constituer en forteresse face au reste du monde, mais pour contribuer à la naissance d’un nouvel ordre mondial, pour changer le sort de tant de peuples dont une publication mensuelle décrivait ainsi en novembre dernier la situation : la moitié de l’humanité plongée dans la précarité, plus d’un tiers dans la misère, 800 millions de personnes atteintes de malnutrition, près d’un milliard d’analphabètes, un milliard et demi privés d’eau potable, deux milliards sans électricité. Comment admettre dans un tel contexte que la première puissance se refuse à signer le protocole de Kyoto sur la défense de l’environnement et se soustrait à la décision de l’O.M.C. (Organisation Mondiale du Commerce) de permettre aux pays les plus pauvres d’accéder aux médicaments génériques ?

Les ressources naturelles de la planète qui ne sont pas illimitées. Leur protection appelle l’intervention des Etats. Elle requiert également une action à l’échelle internationale. La recherche effrénée du profit cause d’énormes ravages dans les pays pauvres, mais aussi chez nous. Le saccage des côtes de la Galice ou de la Bretagne par des compagnies sans scrupules nous le rappelle. Prenons un exemple parmi tant d’autres. Faute d’investissements suffisants, d’ici un quart de siècle, les deux tiers de la population mondiale devront faire face à des pénuries d’eau, partielles ou totales. Trois cents bassins fluviaux sont transfrontaliers. L’eau risque d’être à l’origine de nouveaux conflits. N’y a-t-il pas urgence à réagir ?

L’Europe, en rompant avec des pratiques postcoloniales, devra élaborer une politique d’aide au développement qui réponde aux besoins du tiers monde.


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