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Vous êtes ici : Accueil > La lettre de Temps Réels > Archives 2003 > George Bush veut cette guerre... Coûte que coûte . | |
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mercredi 19 février 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Malgré les rapports des inspecteurs, en dépit du revers essuyé devant le Conseil de securité, malgré les gigantesques manifestations dans le monde et les réticences d’une très large partie de l’opinion américaine, George Bush et les faucons qui l’entourent se préparent à intervenir militairement en Irak. Coûte que coûte.
Une opinion européenne qui converge à travers les sondages : 61 % des Français sont opposés à une intervention. Outre-Rhin, 71 % des Allemands jugent que leur gouvernement ne doit pas soutenir une intervention. Neuf Britanniques sur dix sont contre une guerre en Irak sans l’aval de l’ONU, et 45 % sont opposés à tout conflit avec ou sans résolution des Nations unies. 74 % des espagnols ne veulent de la guerre " en aucun cas ". 72 % des Italiens sont opposés à un conflit. 75 % des Néerlandais sont résolument opposés à toute aventure guerrière comme 65,8 % des Croates, 57 % des Slovaques et 62 % des Polonais. Au delà des sondages, il y a surtout ces millions de manifestants dans les capitales europeennes, et tout particulierement à Rome, Madrid et Londres.
Certains collectifs se sont spécialisés dans la collecte de fonds en ligne. MoveOn ou TrueMajority ont recueilli des millions de $ pour acheter des pages de publicité de presse ou diffuser des spots sur les chaines commerciales. N’oublions pas la contribution tres pratique d’Internet a l’organisation des centaines de manifestations locales et des grandes manifestations nationales : pour relayer les appels a manifester , indiquer les lieux de rendez vous ou le trajet des corteges....
TemPS réels Voir aussi : La derniére chronique de John Mason La guerre à tout prix, presque tout seul John Mason est professeur au département de sciences politiques à la William Paterson University (New Jersey) et chercheur au département Europe à la New York University (NYU). Il est aussi membre du Democratic socialists of america . Marche virtuelle sur Washington le 26 février MoveOn, le collectif Win Without War, le Conseil national des Eglises et des figures d’Hollywood (Martin Sheen, Janeane Garofalo, Anjelica Huston, James Cromwell) organisent une " marche virtuelle " le 26 février. Ils appellent les Américains à exprimer leur opposition à la guerre en adressant des courriels, des fax ou des appels téléphoniques au Président de la République et à chacun des 100 senateurs. L’objectif est que le téléphone sonne chaque minute avec un opposant à la guerre au bout du fil. Un service gratuit de fax sera également disponible. Le Conseil national des Eglises, qui regroupe 32 congrégations religieuses, appelle le même jour à une journee de priere. Il invite aussi les chretiens à envoyer des fax à partir des congrégations. "Cette marche virtuelle sur Washington permettra aux Américains oppoosés à cette invasion de l’Irak de se lever et de se compter dans chaque état aux Etats-Unis." Cette campagne a démarré le 20 février avec des messages publicitaires (avec Martin Sheen) diffusés sur les chaines câblées de Los Angeles et Washington : ces messages invitent les citoyens à s’enregistrer sur le site de MoveOn. Sur ce site, les personnes indiquent les tranches horaires qui leur conviennent. Ils reçoivent ensuite, par courriel, le créneau précis et le numéro à appeler. Les participants sont invités à préparer le texte de leur propre message. Ces messages s’afficheront, le jour venu, en ligne et sur les écrans d’une "antiwar room" , d’où les journalistes pourront suivre le déroulement de la Marche virtuelle. Lire la suite : La marche virtuelle, entre manifestation et pétition : Where is raed ? Un weblog à Bagdad Depuis plusieurs semaines, les " blogueurs " s’interrogent sur l’auteur de Where is Raed ?, un weblog animé, à Bagdad, par un jeune irakien qui signe du nom de Salam Pax. Sur la page d’accueil, on trouve ce message enigmatique : si vous avez vu Raed aujourd’hui, dites lui que Salam Pax pense à lui. Des blogueurs ont mis en doute son authenticité. Apres que le site ait été inaccessible pendant quelques jours, on a pensé que where is raed ? avait été censuré par les autorites irakiennes. Salam Pax a refait apparition. Lucent et Motorola lorgnent le marché irakien des télécommunications L’industrie americaine des équipements de télécommunications table sur une guerre irakienne rapide débouchant sur un vaste programme de reconstruction du pays. Les réseaux de transmissions ont été partiellement détruits lors de la guerre du Golfe. Ce qui en reste subira de forts dommages en cas de guerre. Le nombre de lignes est passé de 5,6 lignes pour 100 habitants en 1990 a 3 aujourd’hui. Les abonnés doivent se partager un reseau degradé et ne peuvent telephoner que 14 heures par jour. IL n’y a a pas de réseau mobile, à l’exception d’une une amorce de reseau sans fil dans la zone kurde, qui fonctionne a base de talkies-walkies améliorés. L’Irak devra se doter d’un nouveau réseau. Les analystes financiers s’attendent dejà à ce que Lucent et Motorola emportent ces marchés, face a leurs concurrents français et chinois, présents dans le pays. Ils ont a l’esprit le précédent saoudien : après la guerre du Golfe, l’Arabie Saoudite avait passé à Lucent des contrats de $4,5 milliards pour la modernisation de son système de téléphone. Le cout de reconstruction d’une infrastructure pour le telephone fixe est estimé un milliard de $, auquel s’ajouterait le deploiement d’un reseau pour la telephonie mobile et les communications internationales. Aspects technopolitiques de la crise irakienneGlobal Security dans la crise irakienne GlobalSecurity est devenu un site tres populaire, avec plus de 100 000 visites par mois, et notamment sa rubrique " public eye " , composée d’images satellites, souvent accompagnées de photographies aeriennes et de cartes militaires. L’ambition de GlobalSecurity est de mettre a la disposition des citoyens, via Internet, les images satellitaires dont disposent les responsables politiques et militaires américains et leur permettre ainsi, de vérifier les déclarations des responsables politiques et militaires américains. Ou de se faire une opinion independante. En 2002, GlobalSecurity a publié, mois apres mois, des clichés qui permettaient de suivre le déploiement americain autour de l’Irak avec des images des differentes bases militaires. GlobalSecurity avait pris nettement parti, debut 2002, dans le debat sur l’Irak en publiant des photos relatives aux programmes irakiens d’armes de destruction massive. Colin Powell et PowerPoint Outre les photos satellites et la diffusion d’échanges téléphoniques interceptés par les services de renseignement, Colin Powell a fait un large usage de PowerPoint pour convaincre le Conseil de securité de l’obstination du régime irakien a se doter d’armes de destruction massive et de l’existence d’un lien entre Al Quaeda et l’Irak. Le Guardian s’est interrogé sur les liens entre logiciel et politique : en l’occurence sur l’influence qu’un logiciel peut avoir sur les modes de raisonnement et la mise en forme de la pensée. Prés de 30 millions de presentations Powerpoint sont realisées quotidiennement, l’auteur y decrit les effets ... Le plagiat de Tony Blair éventé - en quelques jours- sur Internet Le 30 janvier, les services de Tony Blair ont diffusé un rapport intitulé Iraq-Its Infrastructure of Concealment Deception and Intimidation . Ce rapport a été largement cité par Powell à l’ONU et constitue un des éléments des " preuves " américaines devant justifier l’invasion annoncée. Pn sait désormais que ce rapport était composé pour une large part de travaux universitaires, dont certains assez anciens. Les services du Premier ministre britannique ont du l’admettre aprés la révélation du plagiat par Channel Four. Cette affaire illustre, une fois de plus, la puissance (et la vitesse) d’internet comme contre-pouvoir. Voir aussi : Le plagiat de Tony Blair. Aspects technopolitiques. (Débat) Dossier : Internet a bouleversé les méthodes d’action de la gauche radicale et des mouvements pacifistes américainsMême si une large partie de l’opinion americaine est hostile a une intervention americaine en Irak, le succes rencontré par les petitions anti-guerre et surtout le nombre de manifestants en octobre, decembre et janvier ont surpris les observateurs. Un grand nombre d’entre eux cherchent l’explication du côté d’internet. Au lendemain des manifestations du 18 janvier (200 000 manifestants a Wahshington et New York), l’historien et chroniqueur Ruth Rose affirmait, dans le San Francisco Chronicle que " c’est la premiere fois qu’un un mouvement pacifiste se developpe aussi vite. C’est d’autant plus remarquable que la guerre n’a pas encore commencé. " Le Net, un outil de mobilisation à double tranchant La Toile joue un rôle majeur dans l’organisation du mouvement antiguerre. Mais les pétitions signées d’un clic en restant chez soi risquent de rester des protestations... virtuelles. Le militantisme en ligne a ses points faibles et ses écueils. Par rapport à un demi-million de manifestants dans les rues, un demi-million de signatures sur une pétition en ligne ne constituent qu’une protestation virtuelle. Si le Net autorise une large audience, il manque, de par sa nature, d’impact. Beaucoup de militants ne voient pas les failles d’Internet. Il est en effet facile d’être séduit par certains termes douteux du jargon des point.com, tel que " eyeballs " - exprimant l’idée qu’un grand nombre de personnes consultent des sites Internet -, et d’en conclure que cette fréquentation des sites équivaut à un soutien massif. Barbara Epstein, professeur d’histoire de la conscience à l’Université de Californie de Santa Cruz, souligne que le trafic Internet pourrait bien ne constituer qu’une " chambre d’écho " du militantisme virtuel plutôt qu’une protestation vraiment significative. "Internet, dit-elle, permet aux gens qui sont d’accord de discuter entre eux, leur donnant ainsi l’impression de participer à un réseau bien plus vaste qu’il ne l’est sans doute en réalité. MoveOn : Cinq ans d’actvisme en ligne MoveOn a été fondé en 1998 par deux entrepreneurs californiens pour soutenir Bill Clinton, destabilisé par l’affaire Lewinsky. Move On avait ouvert un site pour recueillir des signatures demandant aux élus américains de " voter une motion de censure contre le président Clinton et [de] passer aux sujets intéressant l’avenir de la nation ". MoveOn s’est donné,depuis, pour mission d’utiliser Internet pour impliquer les citoyens dans la vie publique. Not in Our Name Une douzaine de militants inquiets se reunissent à New York le 23 mars. Il rédigent ensemble un appel : " pas en notre nom ". . La profession de foi circule dans les milieux artistiques, notamment ceux du cinéma. Parmi les signataires de ce texte, on trouve Susan Sarandon, Jane Fonda, Kurt Vonnegut, Oliver Stone, Robert Altman, Terry Gilliam, Steve Earl, Brian Eno, Angela Davis ou Noam Chomsky. Le collectif " not in our name " a collecté 100 000 $ qui lui ont permis (...° TrueMajority Comme MoveOn, TrueMajority vise a associer méthodes traditionnelles et moyens modernes en collectant sur Internet de l’argent destiné à financer des projets, comme des campagnes d’affichage ou des spots TV. TrueMajority a, par exemple, réuni en ligne 200,000 $ pour diffuser un message à la télévision avec l’actrice Susan Sarandon et Edward Peck,un ancien ambassadeur. Royaume Uni : Stop The War Coalition a fait une large usage d’internet, et même du SMS Chaque semaine, inlassablement, STWC multiplie les rassemblements dans des mairies, des églises et des mosquées de petites villes dans tout le pays. Mais les gens se sont surtout pris en charge eux-mêmes, créant un véritable effet boule de neige. Aussi, ce sont près de 200 autocars qui ont été réservés pour acheminer les manifestants dans la capitale le 15 février. Pour lever des fonds, outre les courriels, les organisateurs ont utilisé les messages SMS, réalisé de véritables campagnes publicitaires et utilisé les techniques bancaires les plus (...) Protestations dans l’univers des jeux en réseau Beaucoup de jeux en ligne sont des jeux de rôle. Et les joueurs y importent certaines des preoccupations du monde réel. C’est ainsi que des participants de there.com auraient organisé une manifestation virtuelle, revetant leurs personnages de slogans anti-guerre. Salon rapporte aussi que des joueurs de Counter Strike ont developpé un petit logiciel Velvet-Strike, qui leur permet de diffuser aux autres joueurs des messages pacifistes du type " vous etes votre pire ennemi " . Voir aussi : • Etats-Unis : internet continue à grignoter la télévision mais perd en crédibilité • Deux français recueillent, à eux tous seuls, 26 000 signatures contre la guerre • La Mission permanente de la France à l’ONU inondée d’-e-mails de soutien
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