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A peine la moitié des Américains sont convaincus que les charges qui pèsent contre l’Irak sont justifiées.
dimanche 16 février 2003

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Une majorité solide d’Américains est favorable à une action militaire contre l’Irak mais s’inquiète du fait que les Etats-Unis n’aient pas suffisamment de soutien international pour une telle action militaire.

-  Près de six Américains sur dix (57%) estiment que leur pays doit obtenir l’aval d’une deuxième résolution du Conseil de sécurité des Nations unies avant d’attaquer l’Irak tandis qu’un pourcentage presqu’identique (58%) pensent que les Etats-Unis n’ont pas à l’heure actuelle un soutien international suffisamment. Tels sont les résultats d’un sondage publié jeudi 20 fevrier par le Pew Research Center pour le magazine "People & the Press".

-  six Américains sir dix pensent que les efforts déployés par les inspecteurs des Nations unies montrent que l’Irak ne coopérera pas et ne peut pas être désarmé d’une manière pacifique.

-  Toutefois, le nombre d’Américains qui pensent que le régime de Saddam Hussein a des liens avec les attentats du 11 septembre est en forte baisse, passant de 66% en octobre à 57% aujourd’hui.

Ce sondage a été réalisé en deux vagues (12-13 février et 14-18 février) auprès de 1.254 adultes avec une marge d’erreur de plus ou moins trois points de pourcentage. AP

Aux Etats-Unis aussi, l’opinion publique est nettement plus partagée que ce que l’on a coutume d’entendre dans les médias.

Déjà, à peine la moitié des Américains sont convaincus que les charges qui pèsent contre l’Irak sont justifiées. Tout en le suspectant, seulement une personne sur deux croit que l’Irak "possède des armes de destruction massive" ou même qu’elle puisse en fabriquer ; moins de 40% sont convaincus de l’existence de "liens entre l’Irak et Ben Laden ou les réseaux terroristes comme Al Qaeda", selon une étude Gallup réalisée quelques jours avant le discours de Colin Powell devant le Conseil de Sécurité des Nations Unis.

Les "preuves" présentées ce jour là par le secrétaire d’Etat n’ont d’ailleurs pas radicalement changé la perception des Américains. Audience moyenne (13% des Américains auraient regardé à la télévision l’intervention "en entier ou presque"), et impact limité, 80% des personnes qui ont pris connaissance du discours n’ont pas changé d’avis sur l’opportunité d’une intervention militaire en Irak pour renverser Saddam Hussein, qu’ils y étaient auparavant favorable ou non (enquête Gallup). L’autre étude réalisée et publiée depuis l’intervention de Colin Powell montre que, si les deux tiers des Américains soutiennent le recours à la force pour renverser le dictateur irakien, contre un tiers qui s’y oppose, les deux camps se rééquilibrent en cas de désaccord des Nations Unis (49% contre 46% qui préfèrerait alors ne pas intervenir).

La proportion de personnes prête à passer outre un désaccord des Nations Unis a toutefois augmenté d’une dizaine de points depuis mi-décembre (37% / 58%, enquête Washington Post/ABC News). Le renforcement médiatisé des troupes américaines présentes dans le Golf depuis la mi-décembre (actuellement, plus de 120 000 "boys" aux portes de l’Irak) a peut-être, davantage que le travail des inspecteurs de l’ONU ou les "preuves" présentées par Powell, contribué à minimiser l’avis des Nations Unies pour les Américains. Pendant ce temps toutefois, la cote de popularité de George W. Bush continue de s’effriter.

Selon la dernière vague du baromètre Ipsos/Cook Political Report réalisée fin janvier, il recueille encore 54% d’approbation (contre 41% d’avis contraire), soit une chute de plus de 20 points en un an.

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