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Avec les satellites d’observation commerciaux, les services de renseignement perdent leur monopole
1997

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Pour quelques centaines de dollars, n’importe qui peut s’acheter des photos prises par les premiers satellites espions commerciaux.

Cette nouvelle génération de satellites produit des images bien plus nettes que toutes celles transmises jusqu’à présent.

Ces satellites espions commerciaux sortent des mêmes laboratoires (dont Lockheed, E-Systems et Ball Aerospace) que ceux destinés à l’armée américaine.

Jeff Harris, président de Space Imaging EOSAT, est un ancien dirigeant du National Reconnaissance Office (NRO), l’agence américaine qui gère les images satellite. Il y a quelques années, l’existence même du NRO était une information non publique.

Ces satellites emporteront un télescope capable de s’orienter à 30° dans n’importe quelle direction pour cibler des points précis à la surface du globe. Les images seront prélevées par un dispositif à couplage de charge comme ceux des caméscopes et transmises à la Terre sous forme cryptée. Cette technologie n’a rien de novateur. Les superpuissances peuvent depuis longtemps prendre des clichés depuis l’espace, et les meilleurs satellites espions détectent des objets de 10 centimètres de côté. Mais, jusqu’à présent, les pays détenant cette technologie n’en publiaient que des versions inférieures et dans des délais très longs.

Certains experts en relations internationales en attendent aussi une plus grande "transparence" entre les Etats. Un cliché peut contredire des rumeurs ; Si des images de haute qualité de l’Union soviétique avaient été disponibles à la fin des années 50, il aurait été possible de détruire le mythe de son arsenal nucléaire.

Ce regard d’aigle en orbite permettrait aussi de surveiller les accords multilatéraux de contrôle des armements, poursuit Jasani. Suivant ses conseils, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) envisage d’utiliser des satellites commerciaux pour détecter des preuves de prolifération nucléaire. Selon Richard Hooper, de l’AIEA, les images satellite permettraient à l’agence de contrôler les déplacements de sites nucléaires opérés par certains pays.

Mais, préviennent les spécialistes, cette technologie pourrait aussi servir à préparer la guerre, à guider les tirs des missiles et les missions des bombardiers. Lles armées qui n’ont pas de satellites espions pourront ainsi étudier les cibles vulnérables d’un ennemi potentiel.

Les chaines de television pourraient commander des clichés de volcans dans le Pacifique, d’installations nucléaires en Iran et de mouvements de troupes en Irak.

Paparazzi et espions en orbite

Dan Charles NEW SCIENTIST

Courrier International 30/10/1997, Numero 365


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