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La marche virtuelle contre la guerre
INNOVATION TECHNOPOLITIQUE
mardi 4 mars 2003

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Le 26 fevrier, entre 500,000 et un million de personnes ont participé à la première "marche virtuelle sur Washington", en inondant les sénateurs américains et la Maison blanche de coups de fil, de fax et d’e-mail.

Cette manifestation atypique était l’initiative du mouvement "Win without war", soutenu par quelques hommes politiques et acteurs américains. Il invitait les ’manifestants’ à s’inscrire sur son site, sur lequel on leur indiquait l’heure à laquelle il devaient appeler ou envoyer un fax à leur sénateur ou à la Maison blanche. "Nous espérons occuper leurs lignes téléphoniques et leurs fax avec nos appels, de 9h à 17h", expliquait un communiqué du mouvement. "Les sénateurs sont interpellés lorsque leur téléphone et leur fax sonne sans discontinuer , du matin jusqu’au soir", avançait pour sa part l’association Sierra Club sur son site.

En s’appuyant sur le nombre d’inscrits sur son site, "Win without war" estimait au soir du 26 fevrier à un million le nombre de coups de téléphones ainsi passés. "Les bureaux des sénateurs et le standard de la Maison blanche ont reçu en moyenne plus de deux appels par minute", a affirmé Tom Andrews, un ancien congressiste président de l’association.

Manifester "avec les doigts"

Le site Wired parle pour sa part de 400.000 appels, mais reconnaît qu’il était impossible de joindre les sénateurs par téléphone durant la journée. L’opérateur Verizon, sans donner de chiffres, a reconnu que "le nombre d’appels était plusieurs fois supérieur à ce qu’il est normalement". Quel que soit le chiffre, l’entreprise est considérée comme un succès par ses organisateurs : "nous savions que de nombreuses personnes, qui ne participent pas souvent aux manifestations, laisseraient leurs doigts défiler pour eux, afin d’envoyer un message clair aux sénateurs et au président. Nous sommes de plus en plus soutenus : les Américains commencent à rejeter les arguments du gouvernement en faveur de la guerre", a déclaré Tom Andrews.

Marche virtuelle contre la guerre

Sur Wired : Protesters Take Capitol by Phone


MoveOn, le collectif Win Without War, le Conseil national des Eglises et des figures d’Hollywood (Martin Sheen, Janeane Garofalo, Anjelica Huston, James Cromwell) organisent une "marche virtuelle" le 26 février.

Ils appellent les américains à exprimer leur opposition à la guerre en adressant des courriels, des fax ou des appels téléphoniques au President de la republique et à chacun des 100 senateurs.

L’objectif est que téléphone sonne chaque minute avec un opposant à la guerre au bout du fil. Un service gratuit de fax sera egalement disponible.

Le Conseil national des Eglises, qui regroupe 32 congregations religieuses, appelle le même jour à une journee de priere. Il invite aussi les chretiens à envoyer des fax à partir des congregations.

"Cette marche virtuelle sur Washington permettra aux américains oppoosés à cette invasion de l’Irak de se lever et de se compter dans chaque état aux Etats-Unis."

Cette campagne démarre le 20 février avec des messages publicitaires (avec Martin Sheen) diffusés sur les chaines câblées de Los Angeles et Washington : ces messages invitent les citoyens à s’enregistrer sur le site de MoveOn.

Sur ce site, les personnes indiquent les tranches horaires qui leur conviennent. Ils reçoivent ensuite, par courriel, le créneau précis et le numéro à appeler. Les participants sont invités à préparer le texte de leur propre message. Ces messages s’afficheront, le jour venu, en ligne et sur les écrans d’une " antiwar room ", d’où les journalistes pourront suivre le déroulement de la Marche virtuelle.

Commentaire

-  Le dispositif conçu par MoveOn constitue une innovation technopolitique. Il s’agit, en fait, d’une " manifestation téléphonique " Visiblement, l’accent est mis sur le téléphone, même si le fax (gratuit) et le mail sont suggérés.

-  Le concept est assez simple : trois coups de fil, deux sénateurs et la Maison-Blanche.

-  Cette " marche virtuelle " se situe à mi-chemin entre la pétition et de la manifestation.

• Comme dans une pétition, on s’enregistre (ce qui autorise le comptage) et on communique son nom. C’est un acte public.

• La marche virtuelle relève un peu de la manifestation dans la mesure où l’on agit en même temps que d’autres. On prend son téléphone et on parle à quelqu’un (si quelqu’un décroche) pendant que d’autres font la même chose.

-  Le dispositif concilie une approche industrielle , voire " logistique " (gestion et programmation de plusieurs centaines de milliers d’appels, en échelonnant les appels, minutes par minute) et une dimension plus "personnelle ", impliquante, puisque chaque participant est invité à concevoir lui-même le message qu’il formulera au téléphone.

L’objectif semble triple :

• Mobiliser plus largement encore que lors des manifestations : avec l’espoir, sans doute, que des gens qui ne sont pas descendus dans la rue, consacreront quelques minutes à s’enregistrer et à passer les trois coups de fil, le jour venu

• Mesurer : les participants s’enregistrent ( on mesure le nombre de personnes qui s’engagent à passer des coups de fils, pas les coups de fil eux-mêmes.

• Médiatique : le dispositif est conçu pour attirer l’attention des médias. Cette attention aux médias est un trait distinctif de MoveOn, crée par deux hommes d’affaires californiens, pour soutenir Clinton lors de l’affaire Monica.

Appel pour la marche virtuelle Le site de MoveOn MoveOn : Cinq ans d’actvisme en ligne

Marche virtuelle sur Washington

(traduction de l’appel)

MoveOn.org héberge l’état-major en ligne de la marche virtuelle sur Washington le 26 février, pour le compte de la coalition " Win Without War "

Joignez vous à nous MAINTENANT pour cette marche.

Le 26 février, le bureau de chaque sénateur recevra un appel toutes les minutes d’un citoyen. Ils recevront simultanément un déluge de fax et de E-mails. Des centaines de milliers de personnes à travers le pays exprimeront ce message : " N’attaquez pas L’Irak ". Le standard de chaque sénateur clignotera tout au long de la journée avec notre message : un rappel puissant de l’étendue et de la profondeur de l’opposition à une guerre en Irak.

Ce même jour, des " anti-war rooms " à Washington et Los Angeles rendront compte des opérations pour les médias nationaux, alors que les médias locaux pourront suivre en ligne cette marche citoyenne tout au long de la journée.

Nous avons besoin de votre aide MAINTENANT pour faire de cette marche virtuelle une réalité. Vous pouvez (1) préparer un fax gratuit que vous expédierez jour de la marche, et (2) vous enregistrer pour les appels téléphoniques au congrès le jour de la marche

Nous échelonnons les appels, minute par minute, et dans chaque état. Envoyer un fax est facile, les appels téléphoniques sont plus efficaces. Faites tous les deux ou faites celui que vous pouvez.

Enregistrez vous MAINTENANT pour participer à la marche virtuelle sur Washington le 26 février. Vous vous engagez à appeler vos deux sénateurs et la Maison Blanche au moment que vous aurez choisi.

A ce moment précis, votre message s’affichera dans nos " anti-war rooms " et en ligne.

A quelle heure pouvez-vous appeler ?

Que direz-vous au téléphone ? Soyez bref . Une ou deux phrases. (ce commentaire sera affiché dans nos " antiwar rooms " et en ligne au moment où votre appel est programmé.) Vous pouvez jeter un coup d’œil sur les arguments que nous avons préparés mais vos propres mots sont toujours les meilleurs.


TALKING POINTS FOR YOUR CALLS TO WASHINGTON (Your own heartfelt words are always best.)

1) We can disarm Saddam Hussein without invading Iraq. Tough inspections with cooperation from U.S. intelligence agencies would be the most prudent and effective way available to neutralize whatever threat Saddam Hussein poses.

2) A U.S.-led invasion of Iraq plays into the hands of Osama bin Laden and other terrorists. It would be the greatest terrorist recruitment tool that Osama bin Laden could imagine.

3) We can’t control war. Experts warn that an attack on Iraq could seriously undermine and destabilize regimes in the region whose populations are overwhelmingly opposed to an invasion. One of these, Pakistan, has nuclear weapons.

4) What happens after war ? Are we prepared to occupy Iraq for years to come ? Are we prepared to spend the hundreds of billions of dollars occupation will consume ?

5) The administration hasn’t convinced our allies or the American public. According to a recent poll :
-  59 % of Americans believe the president should give the United Nations more time ;
-  63% said Washington should not act without the support of its allies ;
-  Americans remain much more concerned about the threat from al Qaeda terrorism than from a threat from Iraq. ( New York Times/CBS Poll Feb 14)

6) Many innocents will be killed or injured. Estimates of casualities run into the hundreds of thousands from injuries and more from disease. Half of the Iraqi population is under 15 years old.

7) Young Americans will die in battle. Will there be hand-to-hand combat in Baghdad ? Will chemical or biological weapons be used ? How long will the conflict last ? War should be the very last resort.


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