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ENERGIE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE : L’AVENIR EST OUVERT (BERNARD LAPONCHE) lundi 3 mars 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF 5.1 Le besoin d’énergie La consommation de produits énergétiques - combustibles, carburants, électricité - découle de la consommation de produits et de services dont la fabrication ou la mise à disposition nécessitent un apport énergétique. Les quantités de produits énergétiques requises pour obtenir la satisfaction d’un besoin donné sont extrêmement différentes selon la méthode choisie pour satisfaire ce besoin, l’équipement ou l’appareil utilisé et la façon dont on s’en sert, et selon le produit énergétique consommé. Par exemple :
Pour un même usage ou un même service rendu et, plus généralement, pour un même développement, on peut consommer des quantités de produits énergétiques bien inférieures à celles utilisées aujourd’hui, même dans les pays dont les techniques et l’économie sont les plus efficaces. Et cela à un coût du "service rendu" égal ou inférieur. Une stratégie d’efficacité énergétique consiste à élaborer des politiques et à mettre en œuvre des mesures et des moyens permettant de modifier les conditions de la consommation d’énergie dans toutes les activités économiques et sociales par l’amélioration de l’efficacité des méthodes et des équipements de consommation. L’objectif est d’obtenir une meilleure réponse aux besoins du développement avec une consommation de produits énergétiques bien inférieure à celle résultant des pratiques actuelles. 5.2 L’efficacité énergétique est une stratégie doublement gagnante L’efficacité énergétique est un facteur de développement économique : dans tous les secteurs d’activité, des moyens existent pour économiser l’énergie ou éviter de la consommer. Les ressources financières qui auraient été consacrées par le consommateur ou la collectivité à l’approvisionnement énergétique pourront être consacrées à d’autres besoins, améliorant ainsi le contenu de la croissance économique : construction de logements et d’équipements d’éducation et de santé, développement des transports collectifs, etc. Les conséquences favorables pour l’environnement sont faciles à comprendre : l’énergie qui pollue le moins est celle qui, à service rendu égal, n’est ni consommée, ni produite. Chaque fois que, pour un usage donné, on diminuera la consommation d’énergie, on diminuera les pollutions et les risques liés au système énergétique. Les actions améliorant l’efficacité énergétique sont les moins chères pour l’amélioration de l’environnement, qu’il s’agisse des pollutions et des risques locaux ou des atteintes à l’environnement global comme l’aggravation de l’effet de serre ou le risque nucléaire. En effet, ces actions sont économiquement rentables par elles-mêmes du fait du gain sur les dépenses énergétiques. L’efficacité énergétique est donc doublement gagnante. S’ils appliquent une telle stratégie, les pays industrialisés, au premier rang desquels les plus gaspilleurs des ressources énergétiques, peuvent réduire leur consommation d’énergie dans des proportions notables. Les pays en développement ont besoin d’augmenter la leur, mais ils peuvent le faire avec des taux de croissance bien inférieurs à ceux que les pays riches ont connu dans le passé avec les dégâts que l’on connaît. 5.3 Nouvelles méthodes et nouveaux acteurs. Les questions énergétiques ont été traditionnellement prises en mains par les compagnies productrices et vendeuses de produits énergétiques, soutenues de façon générale par les Etats. La dynamique de croissance de ces entreprises et les politiques énergétiques qu’elles ont imposées dans les faits ont abouti à des impasses économiques et écologiques. L’utilisateur s’est vu imposer un rôle passif, réduit au paiement des factures énergétiques, lorsque l’énergie était fournie et qu’il pouvait la payer. La caractéristique d’une politique d’efficacité énergétique est qu’elle sort de ce système fermé et qu’elle s’étend à l’ensemble des activités humaines, économiques et sociales : le consommateur, qui est aussi un citoyen, reprend ses droits. Le champ d’action de l’efficacité énergétique n’est pas limité au secteur de l’énergie, il s’étend à l’industrie, au bâtiment, aux transports, au comportement des consommateurs, aux modes de consommation. Dans ce nouveau contexte de "réappropriation" des questions énergétiques, de nouveaux acteurs apparaissent et ont un rôle déterminant : les ménages, les entreprises, les collectivités locales et territoriales. L’Etat a un rôle à jouer, mais beaucoup plus comme régulateur que comme maître du jeu. Les entreprises énergétiques doivent elles aussi modifier leurs pratiques et passer de la logique exclusive de fourniture d’un produit énergétique à une logique de réponse globale à un besoin de service traitant sur le même pied les actions sur la demande (moins de consommation d’énergie pour le même service rendu) et celles sur l’offre (production et livraison des produits énergétiques pour satisfaire le besoin de consommation). L’expérience montre que les programmes d’efficacité énergétique ne peuvent être réussis que s’ils sont conçus et réalisés par l’ensemble des agents économiques concernés. En effet, ils constituent des ensembles d’actions diversifiées et décentralisées mises en œuvre par les collectivités locales, les administrations et les sociétés de service, les ménages et les entreprises (soit par la maîtrise de leur propre consommation d’énergie, soit dans la fabrication et la vente d’équipements performants).
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