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LETTRE DE WOODSTOCK : LA CHRONIQUE DE JOHN MASON lundi 7 avril 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF L’opposition à la guerre est plus que jamais d’actualité, si l’on en croit les propos prononcés par John Bolton devant le Royal Institute of Foreign Affairs de Londres, le jour de la première incursion des forces américaines à Bagdad. Le sous-secrétaire américain à la défense a évoqué publiquement la nécessité d’un prochain usage de la force en Iran. La théorie des dominos de l’Ecole Perle est bel et bien en route. Mais après la chute de Bagdad, c’est l’occupation de l’Irak qui est pour l’administration Bush, comme pour ceux qui la combattent aux Etats-Unis, un véritable test politique. Pour les néo-conservateurs, qui sont minoritaires à Washington, mais qui ont pour l’instant la main sur la politique de l’administration Bush, la guerre en Irak ne vise pas seulement le renversement du régime de Saddam Hussein. Elle vise aussi et surtout, un changement de régime aux Etats-Unis, et une reconfiguration du système des relations internationales, tel que celui-ci a été conçu par les Américains eux-mêmes en 1945. C’est contre cette Amérique Impériale que l’opposition se mobilise aujourd’hui.
"Irak first, then France" a été un des slogans du parti de la guerre. Thomas Friedman, éminent chroniqueur néo-conservateur du New York Times n’a pas hésité en février dernier à appeler au renvoi de la France du Conseil de Sécurité, jugée puissance rétrograde, pour lui substituer un pays comme l’Inde, dans le club des nations responsables de l’ordre du monde. Pour l’administration Bush, la coalition qui a soutenu l’intervention américaine en Irak, incarne ce nouveau rapport de force mondial où la France, comme la Russie, et l’Allemagne sont affaiblis. Le message du voyage éclair de Colin Powell à Bruxelles est clair : l’ONU pourra financer la reconstruction de l’Irak, mais ne sera pas un instrument de partage du butin de guerre.
Pour ma part, j’ai fait partie jusqu’à ici de ce qu’on peut appeler les " faucons humanitaires ", qui comme en France la gauche proche de la revue Esprit, sont favorables au droit d’ingérence. Il y a une autre tradition à gauche en Amérique, plus radicale, comme celle défendue par le célèbre professeur de linguistique du MITI, Noam Chomsky qui assimile l’ingérence à de l’impérialisme. J’ai soutenu avec des reserves l’intervention militaire en Bosnie, au Kosovo, et même en Afghanistan. J’ai l’horreur la plus complète de la dictature sanglante de Saddam Hussein. Mais, je regrette énormément l’unanimisme de l’Etat-major du parti démocrate en faveur d’une intervention militaire de nature conquérante en Irak. Depuis quelques jours, le débat sur l’Empire est en train de redistribuer les cartes. John Kerry, le sénateur du Massachusetts, en bonne place pour les primaires, vient de reprendre à son compte le slogan des anti-guerre, tourné contre Georges Bush et sa tentation impériale : "regime change begins at home." John Grouard Mason 5 avril 2003. Lettre de Woodstock : la chronique de John Mason
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