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Réponses de François Hollande (’Pour un grand Parti socialiste’ - motion A) aux questions de Temps Réels
mardi 6 mai 2003

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Question 1 - Etes vous favorable à la création de sections thématiques ?

J’y suis totalement favorable. Depuis longtemps. L’objectif d’un grand parti socialiste, dont les effectifs seraient au moins le double de ceux que nous connaissons actuellement, et qui sur le plan électoral n’aurait pas à rougir de la comparaison avec ses homologues européens, nous conduit à nous poser la question des modes de militantisme.

Aujourd’hui l’entrée dans l’engagement politique passe souvent auparavant par des engagements sectoriels ou thématiques (lutte anti-raciste, Parents d’élèves, écologie, syndicalisme etc.). Pourquoi devrions-nous laisser le monopole de ces formes d’expression militante à quelques grandes associations ? L’engagement thématique est souvent le prélude à un militantisme plus global.

Il faut aussi tenir compte de celles et ceux pour qui l’action territoriale n’a pas beaucoup d’intérêt et qui ne goûtent pas aux joies des campagnes électorales. Si nous voulons élargir nos bases de recrutement, nous devons tenir compte de la diversité des aspirations.

Les sections thématiques, c’est enfin le moyen de faire travailler ensemble des femmes et des hommes, professionnels ou usagers, passionnés par un même sujet. C’est le moyen pour chacun, comme pour le collectif de s’enrichir des expériences et compétences parfois très pointues.

Mais, le meilleur argument en faveur des sections thématiques c’est finalement le fonctionnement de « temps réels ». Il est vraisemblable que certains adhérents du PS ne le sont que parce qu’ils ont trouvé avec cette « section virtuelle » un espace où confronter leurs points de vue sur leur sujet de prédilection. Cette réflexion ne s’est pas dilapidée puisqu’elle inspire régulièrement la pensée des socialistes en matière de NTIC.

QUESTION 2 : Etes-vous favorables à la mise en place d’une instance de coordination « Internet et système d’information au niveau national » ?

Après une première phase qui a consisté à financer l’achat d’équipements informatiques pour toutes les fédérations et les abonnements Internet, à initier le réflexe Internet en adressant un nombre croissant de documents par le réseau, ou à stimuler l’offre comme avec la création en 2002 du portail des candidats aux législatives, nous devons maintenant réfléchir aux nouveaux outils nécessaires au développement des fédérations. Le Net représente un moyen sans précédent pour diffuser l’information (temps réel et coût quasi nul), mais aussi pour mutualiser les réponses à des problèmes communs.

Il est essentiel que les initiatives nationales, fédérales et locales soient coordonnées. Il faut que les réussites soient mieux valorisées pour être généralisées.

L’échange de ressources est nécessaire (il a été expérimenté pour la première fois en 2002 avec le « kit national législatives »). La proposition d’héberger nationalement les sites fédéraux a été évoquée pour la première fois lors du séminaire des Premiers fédéraux fin 2002.

Il faudra poursuivre cet effort après Dijon. Pour autant, ceci ne passe pas forcément par une centralisation et une uniformisation des systèmes. Il faut être pragmatique et s’appuyer sur toutes les ressources disponibles :

• « mini-sites » fédéraux développés par le Siège National comme base minimale pour tous (aujourd’hui à jour pour la quasi-totalité des fédérations) • développement de la formation de webmasters locaux • promotion de logiciels libres, tel « websoc ». • diffusion des expériences de fédérations en pointe.

Le « national » doit continuer de donner l’impulsion, ne serait-ce qu’en se servant de l’outil, ce qui est la meilleure façon de le promouvoir. Il faut aussi que les secrétaires nationaux s’emparent davantage de l’outil pour favoriser une véritable démocratie élaborative (les listes de diffusion sont un véritable atout quand elles sont bien utilisées). Cette prise de conscience nous est de toute façon dictée par les adhérents eux-mêmes. Ils sont chaque année plus nombreux à utiliser le web. Les adhésions par Internet connaissent d’ailleurs un essor sans précédent. Il fallait en tenir compte. La proposition statutaire de la Motion A, qui concerne l’adhésion directe, permettra, si elle est adoptée, la prise en compte de cette nouvelle réalité. La chaîne d’adhésion est aujourd’hui trop longue. Il faut parfois 7 à 8 mois pour qu’un nouvel adhérent reçoive sa carte ; plus encore pour l’Hebdo... Cela représente une éternité pour celui ou celle qui est impatient de formaliser son engagement. Si nous voulons être représentatifs de la société dans laquelle nous vivons, nous devons aussi nous mettre à son rythme !

Question 3 - Etes vous favorable à la mise en place d’un groupe de réflexion sur la propriété intellectuelle ?

Je tiens cette question pour essentielle. Sur le Net elle touche aux questions soulevées par la multiplication des sites gratuits de téléchargement de type Napster, elle touche plus fondamentalement à des sujets comme celui de la détention des brevets pour la fabrication de médicaments génériques contre le SIDA par exemple. Si nous avons su définir notre doctrine sur la propriété matérielle, nous avons encore quelques difficultés à appréhender la question de la propriété intellectuelle qui vise non plus des biens, mais des idées. La suggestion d’un groupe de travail à ce sujet est bonne. Elle peut permettre à de nombreux secrétaires nationaux concernés (Internet, recherche, santé, économie, éducation, etc...) de préparer la rédaction d’une position commune.

Question 4 - Comment le parti socialiste pourrait s’organiser pour anticiper les débats sur les avancées des sciences et de leurs applications et pour dégager une position dans les controverses technologiques ?

Trop souvent la politique est en retard sur la science. La décision est souvent prise dans les domaines complexes sous la pression de l’actualité. Je crois à la nécessité de nous orienter davantage vers une politique de l’anticipation. C’est un préalable au traitement de ces sujets. Il faut, au-delà, créer les conditions d’une véritable démocratie des choix scientifiques et techniques. Ces enjeux sont encore trop souvent cantonnés à l’expertise des « sachants ». Il faut les ouvrir au plus grand nombre. C’est l’une des conditions aussi du renouveau du débat public. Il est en effet difficile de comprendre que les questions de sécurité sanitaire par exemple occupent en permanence les esprits, que les médias en fassent leur quotidien, mais que la politique relègue au second plan ces dossiers. Il faut rendre toute leur place aux choix politiques face aux savoirs techniciens. Pour cela il faut favoriser l’accès à l’information, éclairer les décisions en les ouvrant au débat public, accepter la confrontation entre les acteurs, favoriser l’expertise indépendante.

QUESTION 5 - Etes vous favorable à la mise en ligne sur le site national de tous le textes officiels du PS ?

Oui je suis favorable à la mise en ligne des documents internes (compte-rendus, rapports d’activité, rapports des commissions, budget,...).

De manière générale doivent figurer dans l’espace « tout public » tous les documents qui engagent le Parti (communiqué, rapport de commission adopté par le BN, ...) Doivent être cantonnés dans l’espace militant les documents préparatoires et documents de travail.


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