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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Economie, technologie, croissance, logiciel, emploi > Economie(s) politique(s) du logiciel > Indépendance technologique et maîtrise du logiciel > Brevet logiciel : le bradage de l’industrie européeenne du logiciel | |
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lundi 30 juin 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Nous avions vu il y a quelques mois (De Gemplus à MandrakeSoft ... Impasses d’une non-politique industrielle comment l’action déterminée du gouvernement américain a permis à celui-ci de préempter des actifs industriels européens stratégiques à son seul profit, sans réaction significative des institutions européennes. L’histoire semble devoir se répéter , en septembre prochain si les députés européens devaient voter en l’état le projet de directive sur le brevet logiciel. Les conséquences prévisibles pour l’industrie européenne du logiciel en seraient funestes.
Les députés européens s’apprêtent de fait et en toute inconscience à voter la mort programmée de milliers de moyennes entreprises informatiques qui, sans jamais avoir démérité, ont contribué à la révolution informatique et ont créé des centaines de milliers d’emplois de haut niveau. Une partie de ces emplois sera certes transférée vers les rares survivantes du massacre, alors que la majorité d’entre eux seront recréés dans les filiales des entreprises américaines détentrices des brevets, privant l’Europe de son indépendance dans une technologie structurante pour l’avenir de l’économie européenne.
Vingt ans, c’est en effet la durée effarante du brevet logiciel prévue dans le projet. Vingt ans, c’est le retour à la préhistoire de l’informatique. Il y a 20 ans, il n’y avait ni Windows ni Mac, pas de lecteurs de CD informatiques ou de DVD, et le Web ou Linux ne seraient inventés qu’une dizaine d’années plus tard. Le refus obstiné de prendre en compte l’obsolescence rapide des logiciels laisse perplexe : pourquoi autoriser les entreprises à amortir leurs investissements logiciels en 3 ans, et en même temps leur imposer de payer pendant encore 17 ans des royalties à leurs concurrentes ? Un exemple parmi d’autres, les fournisseurs d’accès internet seront sévèrement touchés, et devront répercuter sur le consommateur final l’augmentation de leurs coûts. Tous sont en effet utilisateurs presque exclusifs de solutions issues du logiciel libre, et c’est là un aspect déterminant de leur capacité à offrir aux internautes un service de qualité à bas prix. Le libre assassiné, le retour s’imposera à des outils propriétaires forts coûteux, sur lesquels Microsoft régnera de manière quasi exclusive. Est-ce pertinent, au moment même ou le commerce électronique en Europe commence à rattraper son retard, quand on sait combien la mise à disposition du haut débit à bas prix est déterminante pour son succès ? Le brevet logiciel apparaît ainsi pour ce qu’il est dans la réalité économique : c’est un impôt nouveau, payé tant par le consommateur européen que par les entreprises de haute technologie européennes, impôt versé principalement au bénéfice d’entreprises étrangères à l’Union Européenne. Comment un tel "machin " pourrait-il contribuer au dynamisme de la recherche et de l’innovation européenne ? Enfin, si d’aventure un impôt sur l’innovation logicielle devait être utile, ne devrait-il pas contribuer au service de l’intérêt général plutôt que celui d’intérêts particuliers ? La mise en place, au niveau de l’Union européenne ou des Nations Unies, d’un grand service public des brevets, qui préempterait les brevets porteurs d’innovations stratégiques et les mettrait gratuitement au service des entreprises innovantes, du secteur non concurrentiel et du tiers monde, voilà un grand dessein qui serait sans aucun doute un puissant facteur de performance économique pour notre industrie ! Voir aussi Michel Rocard : "Tout le monde se copie et c’est bien ainsi" Le Monde : la brevetabilité des logiciels en question Le communiqué de la delegation socialiste française au Parlement europeen Libération : l’inflation délirante des demandes de brevets Transfert.net : Brevetabilité du logiciel : dernière ligne droite Un général de l’armée française s’inquiète de l’indépendance informatique du pays (Transfert.net) : Les reserves du Syntec sur le brevet logiciel Prises de position des partis politiques ( et notamment des candidats aux presidentielles) Brevet logiciel : Rappel des épisodes précédents Brevet logiciel : où en est le projet de directive ?
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