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Vous êtes ici : Accueil > Observatoire des usages politiques et militants de l’internet > 2003 : Mobilisation en ligne contre la guerre en Irak > L’opinion américaine, la guerre et Internet | ||
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mars 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Débattre, comprendre, s’informer, convaincre, militer, prier .... Comment les Américains ont utilisé Internet pendant la crise irakienne Les internautes américains ont passé, avant et surtout pendant la guerre d’Irak, de nombreuses heures en ligne. Au cours de l’hiver, quand l’issue de la guerre etait encore incertaine, on sait que les Américains ont beaucoup débattu en ligne. Un grand nombre d’entre eux se sont forgé une opinion pour ou contre l’intervention américaine à travers les forums et les listes de discussion.
Ces enquêtes sont loin d’être inutiles, mais restent sous tendre par l’idée qu’internet tendrait à prendre la place des autres médias. Une problématique assez vaine quand on sait que les internautes sont aussi ceux qui consacrent le plus de temps a la lecture de la presse. Loin de se détourner de la télévision ou de la presse, les internautes consultent les images de télévision et les articles de presse, mais en ligne, sur les sites des chaînes de télévision et des journaux. Au passage, nombre d’entre eux en profitent pour diversifier leurs sources d’information. On sait, par exemple, que de nombreux internautes américains se sont tournés, en décembre, janvier et février, vers des sites britanniques (Guardian et BBC, en premier lieu). Il semble bien que les internautes américains passent moins de temps devant la télévision que les autres, mais la question est de savoir ce qu’ils font quand ils sont en ligne. La dernière enquête du Pew Internet Project apporte des éclairages absolument passionnants sur l’usage que les 116 millions d’internautes américains de plus de 18 ans ont fait de leur connexion au réseau Cette enquête est d’autant plus intéressante qu’elle permet de comparer les pratiques en ligne des partisans de la guerre (74%) avec ceux des opposants à la guerre (22%). Au cours de la semaine du 20 au 25 février, 56% ont utilisé le courrier électronique et 55% ont consulté des sites web en relation directe avec la guerre en Irak. Pour s’informer, échanger leur point de vue avec la famille, des amis, pour débattre, diversifier leurs sources d’information. Pour prier, aussi. S’agissant du courrier électronique,
Indicateur de la puissance du sentiment religieux : 25% des internautes ont pris part à des chaînes de prières, 10% déclarent avoir reçu des courriels d’organisations opposées a la guerre (soit, si on extrapole 11,6 millions d’internautes) et 7% courriels d’organisations favorables a la guerre(soit 8,12 millions). 5% ont adressé un courrier (ou plusieurs) a des élus au sujet de la guerre (soit 5,8 millions). Cela donne une idée de l’intensité des débats qui ont traversé l’opinion américaine. S’agissant du web
A noter que 15% ont essayé de s’informer sur l’Irak et son peuple (soit, si on extrapole, 17,4 millions). Autres indices de l’intensité du débat : 6% (soit, pres de 7 millions) ont signé une pétition en ligne pour ou contre la guerre, et 5% cherchaient, en ligne, comment s’impliquer politiquement5% (soit 5,8 millions). Sans surprise, les sites les plus consultés etaient les sites des chaînes de télévision (32%), de presse (29%), du gouvernement américain (15%). Plus intéressant : 10% des internautes ont ressenti le besoin de se rendre sur les sites de journaux et médias étrangers, et 8% sur des sites d’actualité alternatifs. 6% se sont rendu vers les sites de groupes opposés à la guerre (soit pres de 7 millions) et 5% vers les sites de groupes favorables à la guerre. Le phénomène des weblogs n’a pas eu l’importance qui avait été annoncée : leur audience (4%) est cependant loin d’être négligeable. Cette enquête nous renseigne aussi sur l’usage, assez différencié, qu’ont fait d’internet les opposants et les partisans de la guerre
A contre-courant des médias et de l’opinion majoritaire (surtout après le déclenchement de la campagne), les opposants à la guerre sont aussi les plus " militants " ; 12% d’entre eux ont utilisé Internet pour communiquer avec des élus au sujet de la guerre ( contre 3%), 14% pour signer des pétitions (contre 4%) ; 17% à vouloir s’impliquer politiquement (contre 3%). 17 % opposants à la guerre ont consulté des sites de groupes hostiles à la guerre. En quête d’arguments, de faits. Ou pour se sentir moins seuls... Plus en phase avec l’opinion majoritaire, plus assurés dans leur conviction, seulement 6% des partisans de la guerre ont ressenti le besoin de consulter des sites de groupes favorables à la guerre. Ce qui frappe, bien sur, c’est cet usage " patriotique " d’Internet : 29 % des internautes (30 % des partisans de la guerre et 19% des opposants) ont reçu ou diffusé des textes patriotiques. Soit, si on extrapole, 33 millions d’internautes. On aimerait en savoir plus ce phénomène. On aimerait aussi en savoir plus le phénomène des " prayer requests " : ces chaînes de prières, dans lesquelles une personne (ou une paroisse, une institution) adresse à ses proches (ou à ses membres) des prières, pour qu’ils s’y associent et la relayent plus largement... 25% des internautes (27% des partisans de la guerre, 20% des opposants) ont reçu ou diffusé ce type de messages. Au total 29 millions d’internautes. Ceci est à rapprocher du bourgeonnement de sites qui proposent de prier pour les soldats américains. Voire, de prier pour le Président Bush et son équipe. The Internet and the Iraq war How online Americans have used the Internet to learn war news, understand events, and promote their views Débattre, comprendre, s’informer, convaincre, militer, prier .... Comment pro et les anti-guerre ont utilisé Internet Etats-Unis : internet continue à grignoter la télévision mais perd en crédibilité Les Américains se ruent sur Internet après le déclenchement des opérations Les Américains, la guerre, les médias et Internet (Débat) Iraq Body Count décompte, avec rigueur, les victimes civiles
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