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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > 1999-2005 : quelques débats de temPS réels > Suppression d’un jour férié : perplexité | |
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lundi 8 septembre 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Je voudrais revenir un peu sur l’idée agitée par le gouvernement de supprimer un jour férié pour financer des mesures sociales (aujourd’hui les personnes âgées dépendantes, mais au printemps les handicapés...). En effet, avant même de se poser la question de la pertinence d’un rallongement du temps de travail, je ne comprends pas bien en quoi travailler un jour de plus va dégager des marges budgétaires, quelle que soit la manière de s’y prendre. Je ne suis pas sûr de mes raisonnements, n’étant pas économiste, mais je serais intéressé par votre point de vue. Dans la version la plus basique, s’il s’agit simplement d’une suppression de jour férié sans augmentation de salaire correspondant au jour travaillé ni modification des cotisations sociales. dans ce cas, il n’y a pas du tout de cotisations sociales supplémentaires qui rentrent dans les caisses de l’Etat (à salaire inchangé, cotisations inchangées). Donc rien pour les personnes âgées... Ca doit pas être ça ! Dans une version plus sophistiquée (qui est celle donnée par Le Monde fin août), il s’agit en fait d’augmenter les cotisations sociales employeurs d’un montant global équivalent à 0,4% des coûts salariaux (en première approximation, cela veut dire une augmentation de plus de 1% des cotisations sociales employeurs [25-30% du salaire brut]). Pourquoi 0,4% ? Parce que la "contrepartie" est de supprimer un jour férié au bénéfice des entreprises (un jour férié en moins est alors 7 heures de travail en plus, ce qui correspond à une baisse des coûts salariaux de 7/1600=0,4%). Cette cotisation supplémentaire serait alors affectée à un fonds "vieillesse" (au moins au début, on imagine bien la suite, comme pour la vignette en son temps). Cependant, une telle opération n’est valable pour les entreprises que si elles ont effectivement besoin des heures travaillées supplémentaires, c’est à dire qu’elles produisent (et vendent) plus. Sinon, ces 7 heures servent "simplement" à ralentir les cadences (de 0,4%), ce qui n’intéresse probablement pas trop les entreprises (en tout cas pas au point de payer une taxe). Vu la situation économique actuelle (on n’est pas à bloc en capacité de production), il est à craindre que les entreprises ne gagnent à ces 7 heures que si cela leur permet de réduire le nombre de leurs employés (dont intérimaires, CDD, etc.). Donc que si elles... licencient 0,4% de leur masse salariale (de l’ordre de 100.000 personnes, tout de même). Mais ces nouveaux chômeurs vont alors devoir être indemnisés, ce qui va "mordre" dans les 0,4% de cotisations supplémentaires. Je ne continue pas (et je ne suis pas sûr de mon raisonnement), mais il me semble qu’il y a des "fuites" à chaque étage de cette mesure, qui rendent fort irréaliste l’équation "travailler une journée de plus pour les personnes âgées", présentée comme une évidence par Raffarin :
Je vois bien se dessiner un scénario où l’on perdrait un jour férié (ce qui équivaut à une baisse de salaire réel de 0,4%) sans augmentation des charges patronales (ou alors symboliques, ne compensant pas les chômeurs générés). On aura alors déguisé une mesure anti-salariés en mesure pro-vieux... Très fort !
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