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Vous êtes ici : Accueil > La lettre de Temps Réels > Archives 2003 > Les sections internet du PS et du SPD alertent les eurodéputés sur les dangers du brevet logiciel | |
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jeudi 28 août 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF temPS réels et le VOV (Virtueller Ortsverein), la section virtuelle du SPD allemand, ont envoyé jeudi 28 août 2003 une lettre ouverte à l’ensemble des eurodéputés du PSE (Parti des socialistes européens). Ils alertent les parlementaires sur les dangers de l’introduction dans le droit européen du brevet logiciel, sur lequel ils auront à se prononcer prochainement.Ce projet, véritable cheval de Troie des géants du logiciel contre l’innovation et les logiciels libres, est un grave danger pour l’industrie européenne et pour notre indépendance. Parmi les risques encourus, celui de brevets accordés à des "innovations" telles que la barre de progression utilisée dans toutes les interfaces graphiques (brevet EP 394 160, valide jusqu’en 2010), depuis longtemps, ou encore à des processus et des méthodes commerciales déguisées sous un jargon technique, telles que le brevet EP 756 731, qui porte sur la distribution de biscuits dans les supermarchés pour augmenter les ventes des ingrédients ( !). Les PME seraient les plus affectées par des brevets sur les logiciels, en particulier à cause des coûts supplémentaires : le processus d’enregistrement du brevet reviendrait à environ 40 000 euros (taxes, recours à des spécialistes...). Sans oublier les risques de harcèlement juridique et de recours abusifs. Dès lors, pour la plupart des petites entreprises innovantes, les brevets ne seraient pas abordables. Les sections Internet française et allemande sont très préoccupées par la possibilité d’un bouleversement des règles actuelles au profit exclusif de quelques grandes entreprises. Le texte de la lettre ouverte (en trois langues) Septembre 2003 : Directive : ou en sommes nous ? Brevet logiciel : le bradage de l’industrie européeenne du logiciel Des éditeurs se prononcent contre le brevet logiciel Les socialistes et le brevet logiciel Indépendance informatique, indépendance logicielle Dossier " Politiques du logiciel " sur le site de temps reels Brevet logiciel : le bradage de l’industrie européeenne du logiciel Nous avions vu il y a quelques mois (De Gemplus à MandrakeSoft ... Impasses d’une non-politique industrielle comment l’action déterminée du gouvernement américain a permis à celui-ci de préempter des actifs industriels européens stratégiques à son seul profit, sans réaction significative des institutions européennes. L’histoire semble devoir se répéter , en septembre prochain si les députés européens devaient voter en l’état le projet de directive sur le brevet logiciel. Les conséquences prévisibles pour l’industrie européenne du logiciel en seraient funestes.
Les députés européens s’apprêtent de fait et en toute inconscience à voter la mort programmée de milliers de moyennes entreprises informatiques qui, sans jamais avoir démérité, ont contribué à la révolution informatique et ont créé des centaines de milliers d’emplois de haut niveau. Une partie de ces emplois sera certes transférée vers les rares survivantes du massacre, alors que la majorité d’entre eux seront recréés dans les filiales des entreprises américaines détentrices des brevets, privant l’Europe de son indépendance dans une technologie structurante pour l’avenir de l’économie européenne.
Vingt ans, c’est en effet la durée effarante du brevet logiciel prévue dans le projet. Vingt ans, c’est le retour à la préhistoire de l’informatique. Il y a 20 ans, il n’y avait ni Windows ni Mac, pas de lecteurs de CD informatiques ou de DVD, et le Web ou Linux ne seraient inventés qu’une dizaine d’années plus tard. Le refus obstiné de prendre en compte l’obsolescence rapide des logiciels laisse perplexe : pourquoi autoriser les entreprises à amortir leurs investissements logiciels en 3 ans, et en même temps leur imposer de payer pendant encore 17 ans des royalties à leurs concurrentes ? Un exemple parmi d’autres, les fournisseurs d’accès internet seront sévèrement touchés, et devront répercuter sur le consommateur final l’augmentation de leurs coûts. Tous sont en effet utilisateurs presque exclusifs de solutions issues du logiciel libre, et c’est là un aspect déterminant de leur capacité à offrir aux internautes un service de qualité à bas prix. Le libre assassiné, le retour s’imposera à des outils propriétaires forts coûteux, sur lesquels Microsoft régnera de manière quasi exclusive. Est-ce pertinent, au moment même ou le commerce électronique en Europe commence à rattraper son retard, quand on sait combien la mise à disposition du haut débit à bas prix est déterminante pour son succès ? Le brevet logiciel apparaît ainsi pour ce qu’il est dans la réalité économique : c’est un impôt nouveau, payé tant par le consommateur européen que par les entreprises de haute technologie européennes, impôt versé principalement au bénéfice d’entreprises étrangères à l’Union Européenne. Comment un tel "machin " pourrait-il contribuer au dynamisme de la recherche et de l’innovation européenne ? Enfin, si d’aventure un impôt sur l’innovation logicielle devait être utile, ne devrait-il pas contribuer au service de l’intérêt général plutôt que celui d’intérêts particuliers ? La mise en place, au niveau de l’Union européenne ou des Nations Unies, d’un grand service public des brevets, qui préempterait les brevets porteurs d’innovations stratégiques et les mettrait gratuitement au service des entreprises innovantes, du secteur non concurrentiel et du tiers monde, voilà un grand dessein qui serait sans aucun doute un puissant facteur de performance économique pour notre industrie ! Voir aussi : Michel Rocard : "Tout le monde se copie et c’est bien ainsi" Le Monde : la brevetabilité des logiciels en question Libération : l’inflation délirante des demandes de brevets Transfert.net : Brevetabilité du logiciel : dernière ligne droite Un général de l’armée française s’inquiète de l’indépendance informatique du pays (Transfert.net) : Les reserves du Syntec sur le brevet logiciel Brevet logiciel : Rappel des épisodes précédents Dossier " Politiques du logiciel " sur le site de temps reels En 2002, Jacques Chirac prenait parti contre la brevetabilité du logiciel
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