"Le droit du brevet date d’une autre révolution industrielle, celle qui
associait une matière première, le charbon à une technologie, la vapeur.
Elle n’est pas toujours adaptée à la révolution que nous vivons, celle qui
associe l’informatique à une matière première d’un genre particulier :
l’intelligence.Le rythme de l’innovation dans ce secteur n’est compatible ni
avec les délais d’obtentions de brevets -trop longs- ni surtout avec la
durée de la protection (20 ans !).
C’était le sens de l’opposition du gouvernement Jospin au brevet logiciel,
dès novembre 2000, lors de la Conférence Diplomatique pour la révision de la
Convention sur le Brevet Européen. C’est finalement le Gouvernement Raffarin
qui a donné son aval à cette directive, contredisant par là-même un
engagement de campagne de Jacques Chirac.
Je ne comprends pas l’entêtement sur ce projet de directive. En réalité, le
logiciel bénéficie déjà d’une protection juridique par le droit d’auteur et
si la Commission veut promouvoir l’indépendance informatique de l’Europe, il
y a mieux à faire. L’IFRI proposait récemment que l’Union Européenne lance «
un vaste programme de recherche et développement dans le logiciel de type
open source visant à assurer l’indépendance logicielle de l’Europe et
l’universalité de certains biens informationnels ». Cela mérite réflexion".
Le texte intégral sur OI Net