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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Jeux vidéo : un univers traversé par la politique > State of Emergency surfe sur la critique du nouvel ordre mondial | |
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lundi 28 juillet 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF State of Emergency puiserait son inspiration directement dans les mobilisations de Seattle ou de Gênes contre l’ordre néolibéral, en mettant en scène des émeutes et une guérilla urbaine entre militants et flics aux ordres du Marché. Un buzz encouragé par les développeurs écossais de Rockstar Games, même s’ils se refusent ces dernières semaines à communiquer en ce sens pour ne pas alimenter une polémique naissante. Alors, SoE serait-il le premier jeu vidéo anti-globalisation ? "Ce jeu est aussi loin des conflits de la mondialisation qu’un jeu qui se passerait sur la Lune", répond Andy. En ligne de mire, le scénario simplet : en gros, une giga-entreprise a pris le contrôle de la planète, arrose le bon peuple de ses messages "consommmez, consommez", contrôle les médias et tutti quanti. "Une vision très naïve d’un monde où les entreprises ont pris le pouvoir, une vision antique de la mondialisation, que l’on aurait pu avoir il y a cinquante ans", estime Andy. Les scénaristes, en troquant le Big Brother de l’Etat totalitaire par une entreprise tout aussi totalitaire, ne rendent pas compte de la complexité de la mondialisation, enchevêtrement de pouvoir économique, de lois encourageant la marchandisation, de souverainetés diffuses. "Dans ce jeu, une seule entreprise domine toute la planète, alors qu’aujourd’hui, tu en as plein, remarque Andy. Les messages orwelliens diffusés ne ressemblent pas aux messages des entreprises qu’on voit à la télé". State of Emergency : la mondialisation expliquée à mon grand-père Tony Fortin consacre à SOE un chapitre de son dossier "jeux video et politique" "Récup’ " assènent les militants anti-mondialisation qui y voient plus un nouveau filon commercial pour Take Two et Sony qu’un "agit prop" lancé par les quelques programmeurs écossais de Rockstar. Pour certains, ce jeu dessert même leur combat en laissant la part belle aux pillages et aux meurtres. Rien à voir donc avec la réalité du milieu ? Pas si sûr. (...) State of Emergency s’il est moralement contestable à l’instar des autres jeux subversifs, a au moins le mérite d’offrir un challenge ludique novateur qui bouleverse notre espace de jeu numérique en laissant libre cours à la destruction, a fortiori celui du symbole libéral alors que l’immense majorité des produits nous proposait jusque là de construire, de produire en masse selon les lois bien connues du profit. Cet inversement des objectifs de jeu à contrepied de l’idéologie dominante relance l’intérêt des jeux vidéo et pourrait par conséquent donner naissance un nouveau style de ludiciels, artistiquement plus inspirés et convaincants mais aussi beaucoup plus divertissants...
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