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L’initiative de Genève peut faire bouger les lignes ....
mardi 2 décembre 2003

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Pourquoi le désespoir devrait ne pas avoir de fin ? Pourquoi tant de victimes, israéliennes ou palestiniennes ? Pourquoi deux peuples ne pourraient-ils pas vivre en paix ?

Depuis bien longtemps, des hommes et des femmes de bonne volonté se posent cette question et tentent d’y répondre. Des gouvernements aussi ! Ce fut le cas à Oslo, mais l’échec a enseveli l’espoir né en 1993.

Aujourd’hui, le flambeau est repris par l’israélien Yossi Beilin et le palestinien Yasser Abed Rabbo. Derrière eux, la société civile israélienne et palestinienne, celle qui rassembla 100.000 manifestants à Tel Aviv.

La gauche israélienne, politiquement anéantie, peut saisir cette occasion pour renaître. Quant à l’autorité palestinienne, c’est peut-être, là aussi, le bon moment pour lever les ambiguïtés.

Ce processus, engagé il y a deux ans, peut faire " bouger les lignes " ...


Jack Lang : Un acte de courage, un texte pionnier, une référence ...

Plus de mille personnes, venus des quatre coins du monde, et tout particulièrement d’Israêl et de Palestine, sont venus, lundi dernier, soutenir les auteurs de " l’initiative de Genève "., Jack Lang était, avec Hubert Védrine ou Malek Boutih, parmi les personnalités françaises venues témoigner de leur engagement pour la paix.

L’initiative de Genève n’est soutenue par aucun gouvernement de la région. L’entreprise pourrait sembler être vouée à l’échec, c’est d’ailleurs le souhait de Sharon et de certains officiels palestiniens, or elle doit être soutenue, pourquoi ?

D’abord parce que la situation est bloquée. Chacun campe sur ses positions et aucune lueur de paix ne surgit à l’horizon. C’est en raison de ce blocage dramatique que des personnalités israéliennes et palestiniennes de haut rang, qui ont exercé des responsabilités importantes, notamment au moment de l’élaboration des accords d’Oslo, ont pris l’initiative de se retrouver pendant deux ans pour tenter d’échafauder ce qui pourrait devenir, concrètement, les clauses d’un accord de paix.

Qu’y a-t-il de neuf dans ce projet d’accord ?

Avant tout par la méthode employée ! D’une certaine manière, l’initiative de Genève est un " Oslo " à l’envers. A Oslo, on a commencé par les questions de moindre importance pour, en laissant du temps au temps, en venir aux questions plus délicates... avec le succès que l’on sait. Ici, ce sont les sujets brûlants qui ont immédiatement été abordés et le texte qui nous a été présenté, à Genève, prévoit des dispositions originales sur Jérusalem, les implantations dans les territoires ou le retour des réfugiés.

Il faut bien avoir conscience que chaque délégation a du consentir à des sacrifices importants pour accepter une partie de la thèse de l’autre. Humainement et moralement, cet accord est un acte d’un grand courage et qui n’est pas sans risque pour chacun des protagonistes. En bref, le travail accompli est remarquable et demeurera, quoi qu’il arrive, une référence.

N’est-ce pas le danger, justement, qu’il ne demeure qu’une référence ?

Non, car à priori on peut dire cela de beaucoup de propositions, les nôtres en particulier. Tant que l’on ne réussit pas à créer l’envie politique, toutes les propositions, tous les programmes, demeurent lettre morte ou, au mieux, une référence. Il est donc de la responsabilité de ceux qui soutiennent cette initiative de la populariser, que ce soit en Europe, en Amérique, en Israël ou en Palestine.

Par ailleurs, l’initiative de Genève a une vertu : tous les militants de la paix pourront, à l’appui de leur combat, invoquer ce texte sans avoir nécessairement à se prononcer sur Arafat ou sur Sharon qui demeurent, finalement, des questions qui relèvent d’abord des peuples concernés.

Au-delà d’une référence, je dirai surtout que ce texte est un texte pionnier. Il n’est pas figé et fera bouger les choses. Cela commence dès maintenant.


Les principaux points de l’initiative de Genève

Le tracé des frontières entre les deux Etats souverains, le statut du Jérusalem, le sort des colonies et des réfugiés palestiniens sont les principaux points du plan de Genève. C’est la première fois qu’un plan de paix aborde ces points essentiels du conflit d’une manière aussi claire et réaliste et propose des solutions.

-  Le tracé des frontières se fera sur la base de la ligne d’armistice de 1949 (la Ligne verte) avec des échanges de terre à la marge pour résoudre le délicat problème des colonies.

Le principe de base est l’évacuation des colonies, mais certaines d’entre elles, notamment à Jérusalem-Est, resteront israéliennes et en échange, les Palestiniens recevront des terres équivalentes en superficie le long de la bande de Gaza ou près de Cisjordanie.

-  Jérusalem deviendra les capitales des deux Etats et la ville sera partagée entre Israël qui aura la souveraineté sur le quartier juif et le mur des lamentations et la Palestine qui verra sa souveraineté reconnue sur l’esplanade des Mosquées et le quartier arabe.

-  Les différentes options proposées aux réfugiés palestiniens aboutissent à l’abandon du " droit au retour " car ce droit exercera essentiellement dans le cadre du futur Etat palestinien.

C’était l’un des deux points, l’autre étant le statut du Jérusalem, qui est à l’origine de l’échec des pourparlers à Camp David et à Taba (2000-2001). Enfin, il est à souligner que pour l’application et la vérification du plan de Genève, la présence d’une force multinationale et l’engagement de la communauté internationale sont proposés.

le texte de l’initiative de Genève


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