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Essor de la programmation offshore
mercredi 4 août 2004

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Les sociétés de services et d’ingénierie en informatique pourraient transfèrer une part croissante de leur activité dans des pays où les salaires sont entre deux et quatre fois moins élevés.

Les coûts de main-d’œuvre, aux Etats-Unis et en Europe, représentent jusqu’aux deux tiers des charges totales des sociétés de logiciels et services informatiques ; le salaire d’un informaticien indien est entre deux et quatre fois moins élevé que celui de son collègue européen ou américain.

Le recours a l’offshore est assez ancien outre-Atlantique : selo, Meta Group, il concernerait près de 30 % des prestations informatiques, en progression de 20 % par an.

L’Inde s’est positionnée de longue date dans ce domaine Outre leur faible rémunération, les informaticiens y sont anglophones, bien formés et surtout nombreux. Le marché de l’offshore est desormais bien organisé : la plupart des grandes entreprises d’informatique américaines - Microsoft, IBM, HP, EDS, CSC, Accenture, Cisco - sont installées à Bangalore, Bombay ou Dehli, depuis une dizaine d’années, suscitant la création de milliers de sous-traitants. Selon le Nasscom, l’organisation professionnelle indienne, l’Inde drainerait plus de 80 % du marché de l’offshore. Les exportations de logiciels et services depuis l’Inde croissent d’environ 30 % par an. Ces ventes sont réalisées à 60 % avec des clients américains et à 26 % avec l’Europe, surtout la Grande-Bretagne.

En Europe, la tendance à l’offshore n’est encore qu’émergente. Selon Gartner, les délocalisations concerneraient moins de 5 % des prestations, mais la croissance de ce segment serait supérieure à 40 % en 2003.

L’offshore est encore marginal pour les integrateurs et editeurs français. Selon le Syntec-Informatique, il représenterait environ 1,5 % du chiffre d’affaires de la profession. Cap Gemini Ernst & Young compte 600 employés en Inde (sur un effectif total de 52 600 personnes). Valtech, a ouvert un centre en Inde avec 40 salariés et prevoit 1 000 employés en Inde d’ici à la fin 2004 (pour un effectif total de 800 collaborateurs en 2002). Atos Origin a recruté 600 personnes dans sa filiale à Mumbai.

Les SSII françaises, soucieuses de faire des économies sur un certain nombre de tâches banalisées (tests et maintenance de progiciels standardisés, infogérance, etc.), s’essaient en fait plutôt au near-shore, telles Transiciel, Teamog ou GFI Informatique. Au lieu de partir en Inde, où les coûts sont réduits de 40 %, mais avec des problèmes de décalage horaire, de traduction et de différences culturelles, elles choisissent la Roumanie, le Maroc, l’Espagne.

Selon les analyste de Gartner, l’offshore deviendra une pratique courante en Europe d’ici deux ans : "La mondialisation dans le secteur des technologies de l’information étant inéluctable, toute entreprise qui n’y recourra pas perdra sa compétitivité".


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