Temps Réels Nous contacter Qui sommes-nous ? Observatoire des usages politiques et militants de l'internet
Nous rejoindre Lettre de Temps Réels
Dossiers et débats Liens
Positions et propositions Plan du site
   
# Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Economie, technologie, croissance, logiciel, emploi > Economie(s) politique(s) du logiciel > Indépendance technologique et maîtrise du logiciel > Comment Vivendi a privé Canal Plus de son autonomie technologique
 
 
# DANS LA MEME RUBRIQUE :
# Microsoft, Asianux et la Chine (débat)
# Brevet logiciel : le bradage de l’industrie européeenne du logiciel
# L’IFRI préconise un vaste programme de R&D pour assurer l’indépendance logicielle de l’Europe
# De Gemplus à MandrakeSoft... Impasses d’une non-politique industrielle
Comment Vivendi a privé Canal Plus de son autonomie technologique
samedi 25 octobre 2003

Imprimer cet article | Cet article au format PDF

En vendant Canal Plus Technologies à Thomson, Vivendi a perdu 110 millions d’euros et tous ses brevets stratégiques. La chaîne est ainsi privée de ses compétences en matière de cryptage et de dispositifs antipiratage. Une bombe à retardement pour l’état-major.

"Avec le recul, la cession de Canal Plus Technologies en septembre 2002 n’a pas été seulement une très mauvaise opération financière, cela a considérablement affaibli le groupe Canal Plus qui ne dispose désormais plus d’autonomie technologique."

Voilà ainsi résumé le sentiment général qui domine parmi les ingénieurs de Canal Plus Technologies (CPT). Cette ex-filiale du groupe Canal Plus développe des programmes pour décodeurs numériques, notamment pour les besoins de Canal Satellite et NC Numéricâble ; elle emploie actuellement 500 personnes, dont 90% d’ingénieurs. CPT a fait partie des actifs que les "costs killers" de Vivendi Universal (VU), la maison mère, a cédé au plus offrant histoire de réduire la dette et de faire remonter le cours des actions.

Il y a juste un an, c’est donc Thomson (ex-Thomson Multimedia) qui rachète CPT pour 190 millions d’euros. Comme par enchantement, le groupe français d’électronique réussit à le revendre moins d’un an après pour... 300 millions, soit une plus-value confortable de 110 millions. Un chiffre qui a d’abord transpiré dans le Canard Enchaîné de la semaine dernière, puis confirmé sans sourciller par Thomson suite à nos questions.

Thomson fait une plus value de 110 millions et... conserve les brevets !

La principale division, baptisée Media Guard et spécialisée dans le contrôle d’accès, a ainsi été vendue pour 240 millions en août dernier au groupe suisse de télévision numérique Kudelski, qui devient ainsi leader mondial du secteur. La seconde division de CPT, Media Highway, qui développe des logiciels dédiés aux services de télévision par câble et satellite, dont les programmes d’interface des décodeurs, a été revendue pour 60 million d’euros à NDS, une filiale de News Corp (le groupe de Ruppert Murdoch), comme Thomson l’a annoncé fièrement le 13 septembre.

Vivendi Universal n’a pas fait qu’une très mauvaise opération financière. Car Thomson, très à cheval sur le droit de la propriété intellectuelle, est devenu propriétaire de la majorité des brevets de CPT, dont ceux utilisés pour le cryptage des programmes. Brevets qu’il n’a pas revendus à Kudelski ou News Corp, comme nous l’a confirmé un porte-parole de l’entreprise. Résultat : Canal Plus devra sans doute payer désormais des royalties à Thomson pour mettre à jour ses protocoles ou algorithmes de brouillage. La chaîne cryptée, privée de près de vingt ans d’expertise dans l’art du décodeur : la pilule aura du mal à passer au sein du pôle TV de VU...

(...)

Certains n’ont pas oublié que Jean-René Fourtou profite personnellement de cette grande braderie : son "bonus plan", qui détermine ses primes de fin d’année, dépend à 40% de la "réalisation" du "calendrier de cession d’actifs non stratégiques", dixit le dernier rapport annuel. Dans ce contexte, la recapitalisation de Canal Plus à hauteur de 3 milliards d’euros, décidée le 25 septembre par le conseil d’administration de Vivendi, apparaît comme une belle compensation.

L’article complet : Comment Vivendi a privé Canal Plus de son autonomie technologique


Imprimer cet article | Cet article au format PDF

 

* *

[Retour à la page d'accueil]