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L’IFRI préconise un vaste programme de R&D pour assurer l’indépendance logicielle de l’Europe
dimanche 25 mai 2003

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Une meilleure articulation entre le système de R&D et le système productif passe par une révision des fondements de la politique industrielle européenne.

L’histoire économique montre que les Etats ont souvent durablement influencé leur système productif et façonné la spécialisation du pays. Les Etats Unis, ne serait-ce que par leur politique de défense nationale, ont encore aujourd’hui une action indirecte sur leur structure productive. L’Europe ne doit donc nullement renoncer à une politique volontariste de structuration de l’appareil productif européen.

L’ouverture ne saurait reposer sur la seule définition d’une politique commerciale. La politique commerciale s’occupe de liberté de circulation des produits et des services ainsi que de la réalisation d’un optimum des échanges fondés sur les avantages comparatifs ; elle se détermine dans un environnement donné, notamment en termes de ressources productives ; elle porte souvent sur un horizon de moyen terme.

Les politiques industrielles et d’innovation préparent l’avenir ; elles contribuent à la formation de nouveaux avantages absolus ou comparatifs ; elles portent sur un horizon de long terme et sont par conséquent fondamentalement dynamiques. Elles relèvent plutôt de la stratégie.

Les insuffisances relatives des politiques sectorielles européennes (programme Esprit, TVHD numérique) ne doivent pas pour autant disqualifier le principe même d’une politique industrielle européenne, qui a fait ses preuves par ailleurs.

De grands projets dans les industries de pointe peuvent être envisagés, notamment dans les sciences du vivant ; un vaste programme de recherche et développement dans le logiciel de type " open source " visant à assurer l’indépendance logicielle de l’Europe et l’universalité de certains biens informationnels (système d’exploitation alternatif, traitement de texte, tableur, navigateur universel) devrait être étudié avec soin.


La véritable question est celle des modalités pouvant assurer la réussite de la politique industrielle.

Plus fondamentalement, l’Europe doit innover en termes de politiques publiques et ne pas se cantonner dans une stratégie mimétique et réactive aux initiatives prises outre-atlantique. Pour reprendre l’initiative, elle doit élaborer une vision prospective, et une stratégie intégrant notamment politique commerciale, politique industrielle, politique de la concurrence. Cela suppose notamment une forte réactivité des pouvoirs publics, notamment dans la phase de pré-recherche compétitive. Les Etats Unis savent faire preuve d’une grande rapidité d’action dans la course technologique. Par exemple, afin de rattraper leur retard sur l’Europe (notamment la France) dans le domaine de la génomique, ils ont activement financé au cours des années 90 le programme Human Genome sur le décryptage du génome humain et ont ensuite dépassé les Européens.

La définition de la politique industrielle peut dans certains cas entrer en contradiction avec la politique de la concurrence, si un certain degré de concentration est requis pour faire face à la concurrence internationale.

Extrait du rapport de l’IFRI (Institut français de relations internationales) "Le commerce mondial au XXIe siècle" coordonné par Philippe Colombani,


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