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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Economie, technologie, croissance, logiciel, emploi > Economie(s) politique(s) du logiciel > Gouvernements et collectivités publiques se tournent vers le logiciel libre > Lentement mais sûrement, les administrations françaises passent au libre. | |
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vendredi 26 décembre 2003 Imprimer cet article | Cet article au format PDF Le député Marc Le Fur Marc ( IMP - Côtes-d’Armor ) a eu la bonne idee de poser la même question ecrite à tous les ministres du Gouvernement pour leur demander " quelles mesures ont été prises pour favoriser l’utilisation de logiciels libres, tels que Linux, dans ses services ". Seuls six ministres ont répondu à ce jour .... Cela donne quelques indications sur la pénétration du logiciel libre dans les administrations : au niveau des serveurs, avec Linux, mais aussi, de plus en plus, sur le poste de travail, avec OpenOffice. Expérimentations, tests, etudes, évaluations, groupes de travail .... La démarche est souvent prudente, mais le mouvement de migration semble amorcé. A noter l’accent placé par plusieurs ministéres sur les questions de formation. Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie (MINEFI) Le MINEFI utilise déjà des solutions logicielles libres, principalement dans le domaine des applications Internet-Intranet (où les serveurs Linux/Apache sont majoritaires) et comme système d’exploitation de ses serveurs (1 327 serveurs Linux sur un total de 5 460), soit 25 % des serveurs, principalement à la DGI.
Au cours de l’année 2003, deux directions à réseau (DGI et DGCP) ont mené des expérimentations sur ce logiciel, afin d’évaluer les conditions d’une utilisation à plus grande échelle. L’administration centrale livre désormais l’ensemble de ses nouveaux matériels avec cette suite préalablement installée. La direction des douanes a décidé au courant de l’été 2003 de déployer de manière opérationnelle la suite logicielle bureautique libre OpenOffice sur son parc de micro-ordinateurs. Les autres directions suivent les travaux du groupe et mènent une veille technologique sur le sujet.
Ministère de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales Le MISILL, comme d’autres départements ministériels, tend à se tourner vers d’autres formules logicielles qui le rendent moins dépendant de quelques fournisseurs. C’est ainsi que la distribution Linux RedHat a été validée depuis plus de trois ans au sein du ministère, pour des applications serveurs, serveurs intranet ou fichiers. L’utilisation de Linux sur le poste de travail est, toutefois, aujourd’hui, rendue difficile par un parc applicatif quasi exclusivement équipé de systèmes d’exploitation Windows.
Elle s’oriente actuellement, entre autres, vers la qualification d’un système de gestion de bases de données, issu du monde libre, qui rendrait le ministère moins dépendant de quelques très grands fournisseurs, dont la politique tarifaire est jugée coûteuse. Des tests sont en cours mais butent sur des questions de compatibilité avec les gros systèmes (à l’occasion de la création d’infocentres) et de la pertinence des fonctionnalités nouvelles proposées par la communauté du libre, insuffisamment testées sur de grandes applications, ce qui peut nuire à leur exploitation. Ministère des sports Le ministère des sports est actuellement équipé de logiciels commerciaux du marché, notamment de la gamme Microsoft pour ce qui concerne les postes de travail et les serveurs bureautiques.
Le schéma directeur informatique fixe les objectifs et exprime la stratégie en matière d’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC) pour la construction et la mise en oeuvre de systèmes informatiques performants et ouverts. Il est accompagné d’un référentiel technologique, le cadre de cohérence technique (CCT). Ce référentiel préconise et recommande l’utilisation de technologies, techniques voire de produits pour la conception et pour la mise en oeuvre d’applications composant le système d’information du ministère de la justice. Le CCT s’impose à tous tant au niveau national que déconcentré. Il est mis à disposition sur l’Intranet du ministère, et joint en annexe du dossier de consultation des entreprises à chaque lancement d’appel d’offres. Il tient compte des recommandations interministérielles de l’ADAÉ (agence pour le développement de l’administration électronique) sur l’interopérabilité. Le CCT a été bâti dans un objectif d’équilibre entre la recherche d’une certaine homogénéisation de l’infrastructure du système d’information du ministère de la justice et la volonté de laisser des espaces de liberté permettant aux chefs de projet et aux prestataires d’exprimer leur créativité.
Y sont notamment recommandés : • Linux RedHat comme système d’exploitation des serveurs Intel sous Unix ; • MySQL, comme base de données relationnelle, en particulier pour les développements Internet ; • OpenOffice.org, suite bureautique en cours d’expérimentation pour offrir une alternative aux produits Microsoft ; • Apache, Tomcat, PHP, Jonas pour le développement et la mise en oeuvre de service Web.
Linux est aujourd’hui la solution de référence pour le fonctionnement du système d’information de l’éducation nationale.
Ministère de la culture et de la communication En 1999, le ministère de la culture et de la communication a annoncé un plan de migration de l’ensemble de ses serveurs départementaux sous Windows NT et Aix vers des solutions basées sur le logiciel libre Linux. Ce plan, qui concerne 400 serveurs, sera achevé à la mi-décembre 2003. Dès 2004, les logiciels libres Open Office, Mozilla/Firebird, Mozilla/Thunderbird seront déployés sur les postes informatiques des agents comme solution alternative au Pack Office de Microsoft, au navigateur Internet Explorer de Microsoft, à la messagerie électronique Eudora de Qualcomm.
Plusieurs mesures ont déjà été prises pour favoriser l’utilisation de logiciels libres.
Marc Le Fur a posé aux ministres concernés la même question, mais a propos des entreprises de service public : France Telecom, la Poste, ED-GFD, la SNCF et la RATP. France Telecom La politique est de substituer des serveurs Intel/Linux aux serveurs sous versions propriétaires d’Unix chaque fois que faire se peut. Ceci génère des économies surtout sur le matériel plus que sur le logiciel. D’autres produits logiciels peuvent être remplacés par des logiciels libres (serveurs d’applications, bases de données...). Un groupe de travail étudie ces possibilités. Il faut prendre en compte le coût total des solutions basées sur des logiciels libres en incluant les coûts des services et des centres de compétences nouvelles technologies. Le groupe n’a pas fait le choix de remplacer les logiciels Microsoft (MS-Windows et MS-Office [c]) des postes de travail par des logiciels libres. La Poste Le poids du système d’exploitation Windows XP (PC, serveurs), remplaçable par Linux, est de 50 % de la facture annuelle actuelle de Microsoft soit moins de 5 % du montant total des achats annuels de logiciels par La Poste. Le recours à l’utilisation de logiciels libres dépasse donc largement l’intégration éventuelle de Linux en tant que système d’exploitation. Par conséquent, La Poste a initié un groupe de travail sur l’utilisation des logiciels libres, avec comme objectif’ l’établissement d’un référentiel des sociétés prestataires dans ce domaine et de leurs offres. La réflexion menée par La Poste doit permettre de définir les modalités de recours à des logiciels libres, dans le cadre des obligations de transparence et d’égalité de traitement auxquelles elle est tenue, lors de la passation de ses marchés. Dans un souci de sécurisation des achats de La Poste, l’utilisation des logiciels libres doit se faire au travers d’une analyse de risque, intégrant notamment l’importance des applications informatiques concernées et l’impact éventuel sur le système d’information. Il convient de souligner que le choix de Linux a un coût financier non négligeable du fait de sa mise en oeuvre et du nécessaire accompagnement par des sociétés expertes, notamment dans le domaine significatif de la maintenance. SNCF Après une réflexion engagée en 2002 dans le cadre de son « schéma directeur technique », la SNCF a validé le recours aux logicielslibres. Elle utilise déjà des technologies informatiques libres pour certains logiciels d’infrastructures et envisage d’élargir cette utilisation dans le domaine de la bureautique. EDF-GDF Des logiciels libres sont actuellement utilisés à EDF et GDF en lieu et place de produits de fournisseurs classiques surtout dans les domaines des serveurs Intranet et du calcul scientifique, les logicielsconcernés sont Unix, Apache, PHP, My-SQL. Afin d’accroître l’utilisation de ce type de logiciels, outre une veille active pour évaluer ce que font des entreprises comparables, des études sont actuellement menées pour évaluer la faisabilité de déployer des postes de travail et des serveurs de proximité. Les entreprises participent également à une association d’utilisateurs « grands comptes » visant à promouvoir l’utilisation de ces logiciels. RATP Afin de favoriser l’utilisation de produits libres, qui constitue un axe d’amélioration de sa performance économique, la RATP a inscrit Linux et les produits Apache et PHP (du monde Internet) dans son cahier des clauses techniques générales applicables aux fournitures et réalisations informatiques. D’autres préconisations de produits libres ont été décidées pour les systèmes de gestion des bases de données (MYSQL notamment). Elles seront effectives dès début 2004. Ces préconisations restent, encore aujourd’hui, de portée limitée. Trois critères essentiels guident en effet les choix de la régie pour décider de leur mise en oeuvre : maturité et pérennité des produits préconisés, la durée de vie moyenne des systèmes informatiques étant supérieure à dix ans ; exploitabilité sur des architectures performantes (temps de réponse, durée des traitements par lots, etc.) ; capacité de la RATP (et intérêt pour elle) à constituer un pôle de compétence concernant le produit libre préconisé pour en assurer le support technique.
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