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La France et l’Allemagne en pointe dans le recours à des solutions libres dans les administrations
vendredi 4 janvier 2002

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Unisys Belgique a réalisé en 2001 une étude de l’utilisation des logiciels libres dans le secteur public en Europe pour le compte de la Commission européenne.

Six pays, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suède et les institutions de la Commission sont concernés par cette étude. L’étude n’est donc pas représentative de la situation dans les 15 Etats membres.

Les logiciels libres sont employés dans tous les pays visités mais de manières clairement différentes :

-  La France et l’Allemagne sont les deux leaders innovateurs (l’Allemagne pour les réalisations concrètes et les directives, la France pour un appui croissant du gouvernement à l’utilisation des standards ouverts et des logiciels libres).

-  L’Espagne suit activement, notamment dans certains secteurs où des partisans du logiciel libre ont démontré leur efficacité, leur bon rapport qualité-prix et leur maintenabilité.

-  En Belgique, en Italie et en Suède, les réalisations existantes résultent d’efforts individuels qui ne sont pas - jusqu’à présent - activement soutenus par une politique de gouvernement.

À l’exception du secteur de l’éducation, le logiciel libre n’est pas encore employé de façon significative dans la plupart des administrations publiques des Etats membres européens : bien que les partisans du logiciel libre, qui ont ouvert la voie, soient maintenant relayés par une volonté politique, la mise en chantier de projets à grande échelle est encore rare.

Pourtant, après examen du marché, force est de constater que sur les serveurs universels comme sur le poste utilisateur de bureautique, le logiciel libre présentera demain l’alternative la plus réaliste et parfois la seule alternative technique et économique réelle aux produits propriétaires de Microsoft. Ce mouvement est conforté par l’appui croissant de nombreux géants de l’informatique (suivant par-là l’exemple d’IBM) tels que les distributeurs, mais aussi par les « PME spécialisées Linux ».

Sur le marché du service et de l’intégration, un nouveau modèle économique apparaît : des entreprises se tournant de la vente de licences vers le service. Il a été adopté aussi bien par les grandes entreprises de l’industrie informatique comme par des entreprises petites et moyennes ou des « start-ups ».

Sur le marché du serveur, le logiciel libre est déjà employé de façon massive. Il répond parfaitement - avec le meilleur rapport qualité-prix - aux besoins concernant de nombreuses fonctionnalités : serveurs Web, serveurs dédiés, base de données et serveurs ASP.

Pour le poste utilisateur et pour la bureautique, le nombre de variantes, de distributions, de projets « open source » - plus ou moins mûrs - et le manque d’interopérabilité entre les formats de documents continueront à décourager la plupart des utilisateurs et beaucoup de petites et de moyennes entreprises : ils préfèreront continuer à payer plus cher pour la simplicité et la conformité à la norme dominante du marché. Mais en même temps, des administrations et de grandes entreprises disposant de parcs importants seront de plus en plus sensibles à la réduction du coût des licences, car un effet d’échelle significatif sera possible.

Des serveurs basés sur des logiciels libres ont pu être introduits sur des réseaux locaux ou sur l’Internet progressivement et de façon transparente pour l’usager. La migration du poste de l’utilisateur est par contre une décision stratégique, « un tout ou rien » : des milliers d’utilisateurs migreront en même temps et beaucoup de documents existants devront également migrer. Avant d’atteindre ce point décisif, les suites bureautiques OSS devront améliorer leur interopérabilité au niveau des échanges de documents. Plus précisément, elles devront être compatibles avec les formats de documents basés sur un jeu de structure de données XML (adapté à l’échange de données entre les administrations).

Le rôle des autorités européennes pourrait être de fournir les ressources pour un média commun, un site Internet (une sorte de Source Forge des structures de données XML) qui devrait imposer le respect du même jeu de standards (d’une façon neutre, aussi bien pour le logiciel libre que le logiciel propriétaire) et respecter la diversité des langues et des cultures : tous les gouvernements ou les agences publiques seraient invités à contribuer en apportant leurs découvertes et leurs innovations.

Etude de l’utilisation des logiciels libres dans le secteur public en Europe (en anglais)


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