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Fronde des chercheurs : la pétition recueille 31 000 signatures en deux semaines
jeudi 29 janvier 2004

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La pétition des chercheurs recueille près de 31 000 signatures°

Deux semaines après son lancement sur Internet, la pétition intitulée "Sauvons la recherche !" a recueilli 31 000 signatures de chercheurs, d’universitaires et de doctorants. Les pétitionnaires réclament le versement "immédiat" des sommes dues par l’Etat aux organismes, une augmentation "significative" des recrutements de jeunes, ainsi que des "assises nationales de la recherche".

Sauvons la recherche !

Tout a commencé au début du mois de décembre 2003... Le budget 2004 de la recherche venait d’être voté. "Devant la situation dramatique des laboratoires, notamment en biologie, nous nous sommes dit, avec un collègue de Pasteur, que les chercheurs ne pouvaient pas continuer plus longtemps à se taire, à courber l’échine alors qu’on les conduisait à l’abattoir." A deux, ils rédigent un premier texte, qu’ils intitulent "Le silence des agneaux". Le 17 décembre, une quarantaine de biologistes se réunissent à Cochin pour en discuter. Ils passent en revue diverses formes d’action. L’idée de boycotter les commissions d’évaluation est avancée, puis repoussée. Un directeur d’unité suggère de brandir la menace d’une démission collective des directeurs de laboratoire de leurs responsabilités administratives. La proposition est reprise au vol.

Le 23 décembre, le texte définitif de la pétition est soumis à un premier cercle de responsables d’équipe ou d’unité. Le 5 janvier au matin, M. Trautmann dispose déjà d’une liste de 60 directeurs d’unité et de 90 chefs d’équipe prêts à démissionner. Le 7, la pétition est mise en ligne. La montée en puissance est fulgurante. D’abord chez les biologistes, puis dans toutes les disciplines.

Les syndicats de chercheurs, laissés sur la touche, soutiennent le mouvement du bout des lèvres et mettent en doute l’efficacité de la menace de démission. Pour reprendre la main, ils appellent à une journée nationale d’action, avec préavis de grève, pour le 29 janvier. Ce sont pourtant eux qui, depuis plus d’un an, ont préparé le terrain en multipliant appels, assemblées générales et manifestations de chercheurs, contre les suppressions de crédits et de postes.

La fronde des chercheurs a pris de court le gouvernement

Mobilisation dans les sciences humaines

Parallèlement à la pétition "Sauvons la recherche !" a été lancé, sur Internet, un appel spécifique aux sciences humaines et sociales. Intitulé "Qui veut la mort des SHS ?", ce texte, émanant de l’Association des enseignants-chercheurs en science politique (AECSP) et de l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique (ANCMSP), a déjà reçu plus d’un millier de signatures, dont celle des sociologues Luc Boltanski et Alain Touraine, des politologues Roland Cayrol et Philippe Corcuff, et de l’historien Christophe Prochasson. "Alors que la demande d’expertise en sciences humaines et sociales est en constante augmentation dans l’action publique, les SHS sont aujourd’hui les plus mal loties de la politique de recherche,déplorent les signataires. L’investissement dans la recherche et l’enseignement en sciences humaines et sociales est rentable sur une nation pour le court, le moyen et le long termes. Au-delà d’un "supplément d’âme", elles contribuent à l’intelligence collective d’un pays."

Le monde 23.01.04 : Mobilisation dans les sciences humaines

L’appel des non-chercheurs a recueilli, en quelques jours, plus de 3 000 signatures.

Leur pétition électronique, qui a recueilli quelque 20 000 signatures, est relayée par un appel de citoyens. Alors que des directeurs de laboratoire menacent de démissionner, la ministre de la recherche adresse une lettre aux scientifiques.

Ils sont magasinier ou vétérinaire, secrétaire ou marin, informaticien ou orthopédiste, juriste, infirmière, agent immobilier, directeur de théâtre, retraité, mère de famille ou demandeur d’emploi... Certains comptent parmi leurs proches, précisent-ils, un scientifique.

Les autres se sentent simplement concernés. Tous ont inscrit leur nom sur une "liste citoyenne de soutien à l’action des chercheurs". Ils se sentent solidaires, écrivent-ils, d’une lutte qui vise à "préserver la recherche fondamentale publique, garante de la vitalité intellectuelle de notre pays et de sa place dans le monde de demain".

Lancé sur Internet le 16 janvier, cet appel de non-chercheurs a recueilli, en quelques jours, plus de 3 000 signatures. Sans doute n’a-t-il pas valeur de sondage ni d’enquête d’opinion. Mais il livre au moins un enseignement : les chercheurs en colère ont réussi à alerter la société civile, bien au-delà des cercles qu’ils touchent habituellement, sur la crise des laboratoires publics. En cela, ils ont atteint leur premier objectif.

(...)

La fronde des chercheurs a pris de court le gouvernement


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